Logo

La HEIG-VD en avance avec les WC inclusifs

17 février 2020

Yverdon-les-Bains – Alors que le Canton réfléchit à inclure des toilettes non genrées dans ses prochains gymnases, la Haute école d’ingénierie et de gestion a déjà validé un projet qui va dans ce sens.

La Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD) se positionne en pionnière de l’égalité des genres. Alors que l’état de Vaud va étudier, selon 20 minutes, la possibilité d’installer des WC neutres dans ses prochains gymnases, l’établissement basé à Yverdon-les-Bains annonce la création de toilettes inclusives dès cette année. C’est une des premières hautes écoles à le proposer.

«Nous n’avons pas reçu de demandes spécifiques de la part de nos collaborateurs ni de nos étudiants, relève Laurence Firoben, responsable du département égalité des chances et diversité de la haute école. Mais nous essayons tout de même d’agir en précurseurs, pour promouvoir l’égalité.» De cette volonté est né un espace de discussion au sein de l’institution. «C’est grâce au travail effectué dans ce cadre, en traitant notamment les questions de genre, que l’on a pu aboutir au projet de latrines inclusives. On a noté un manque et on a cherché à le combler», détaille-t-elle. Le projet a déjà été validé par la direction de la haute école.

Concrètement, les WC pour handicapés seront bientôt des espaces neutres, accessibles à tous. Il s’agit là de la solution la plus rapide à mettre en place pour l’équipe de Laurence Firoben. «Mais rien n’est figé, précise la responsable. Nous allons nous réunir prochainement et si nous estimons qu’il est préférable de retirer tous les pictogrammes de nos WC, alors nous opterons pour cette solution.» Quel que soit le modèle choisi, les toilettes inclusives de la HEIG-VD seront mises en place en 2020.

Une démarche saluée par les autorités

«Ce qu’il faut mettre en avant, c’est que le projet a été directement porté par la communauté de la haute école, souligne Julien Schekter, porte-parole du Département cantonal de la formation, de la jeunesse et de la culture. De cette manière, les solutions sont plus facilement acceptées par les personnes qui peuplent l’établissement. On voit donc d’un œil très favorable cette démarche. Il faut cependant respecter la sensibilité de chacun.»

L’état de Vaud intervient-il dans la validation de ce type de projets? «Pas en ce qui concerne les hautes écoles, indique Julien Schekter. Il n’y a pas d’incitation proactive de la part du Canton. Les établissements peuvent gérer ces projets de manière autonome.»

L’initiative est aussi saluée par les autorités yverdonnoises, même si aucun projet similaire n’est attendu au sein de l’école obligatoire. «Au niveau des bâtiments scolaires de la ville, il n’y a rien de prévu pour l’instant, indique Jean-Claude Ruchet, municipal chargé du service de la jeunesse et de la cohésion sociale. Mais il s’agit d’une question à laquelle nous sommes sensibles et nous devons mener une réflexion à ce sujet avec le Canton, car c’est lui qui gère les écoles. Je tiens cependant à saluer la démarche de la HEIG-VD, qui est très positive.»

Contactés, le Gymnase d’Yverdon et le Centre professionnel du Nord vaudois n’ont, pour l’instant, pas répondu à nos questions.

Massimo Greco