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La nature à portée de raquettes et à deux pas de l’effervescence des pistes

13 février 2015

Les Rasses – L’accompagnateur de randonnée Yves Giroud collabore avec l’office du tourisme local pour diversfier l’offre hivernale. Reportage sur ses traces.

Yves Giroud, qui présente ici quatre objets liés au massif jurassien, connaît bien le Balcon du Jura et ses forêts. © Nadine Jacquet

Yves Giroud, qui présente ici quatre objets liés au massif jurassien, connaît bien le Balcon du Jura et ses forêts.

Yves Giroud s’arrête dans la forêt, non loin des pistes de ski des Rasses, et prélève des petites branches sur deux arbres environnants. L’une d’elles, aux aiguilles blanches sur leur partie inférieure, réparties à la manière d’un peigne, qui répandent des senteurs d’agrume lorsqu’on les frotte, appartient à un sapin blanc. L’autre, aux aiguilles vertes en brosse et aux effluves de résine et de térébenthine, c’est l’épicéa ou sapin rouge. Une essence que le quadragénaire utilise dans la préparation de sirop de bourgeons de sapin, un breuvage de grand-mère efficace contre la toux, dont il sort un petit échantillon de dégustation de son sac à dos. A quelques pas de là, des empreintes s’offrent au regard, dans une couche immaculée encore conséquente bien que soumise au redoux qui sévit en ce bel après-midi ensoleillé. «Elles ne sont pas très fraîches car la neige les a déjà en partie recouvertes», observe l’adepte de montagne.

Empreintes sous la loupe

L’accompagnateur de randonnée décortique les traces d’animaux. © Nadine Jacquet

L’accompagnateur de randonnée décortique les traces d’animaux.

La présence de griffes sur certaines d’entre elles et la proximité des chalets donnent de précieuses indications sur leur propriétaire. Vraisemblablement un chien ou un renard. Nullement effrayé par la proximité des bâtisses de bois, ce petit carnivore est «un fainéant. Il suit les sentiers», précise celui qui a évolué vingt-six ans durant dans le secteur bancaire.

«Généraliste de la nature»

Yves Giroud, explique les caractéristiques des empreintes d’animaux au moyen de cartes. © Nadine Jacquet

Yves Giroud, explique les caractéristiques des empreintes d’animaux au moyen de cartes.

Aujourd’hui employé à l’Etat de Vaud, au service de la population, Yves Giroud partage ses connaissances de «généraliste de la nature» avec des groupes de tous âges dans le cadre de ses mandats d’accompagnateur de randonnée, une formation reconnue, depuis peu, par un brevet fédéral. «En lisant le descriptif des cours, j’ai eu des frissons comme rarement», relève ce passionné d’espaces sauvages.

«Je ne prétends pas être un éducateur ou un professeur, car je n’ai pas des compétences de spécialiste dans les domaines que j’aborde. Je souhaite surtout sensibiliser les gens. Si l’on est mal équipé ou si l’on surestime ses compétences physiques, la randonnée peut tuer», souligne-t-il.

Le goût est aussi mobilisé, à travers la dégustation de sirop de bourgeons de sapin, un délicieux breuvage qui fait aussi office de remède de grand-mère contre la toux. © Nadine Jacquet

Le goût est aussi mobilisé, à travers la dégustation de sirop de bourgeons de sapin, un délicieux breuvage qui fait aussi office de remède de grand-mère contre la toux.

Yves Giroud tend un sac noir et demande d’identifier quatre objets en les manipulant à l’aveugle. Un bois de chevreuil, un morceau de gentiane séchée, une pierre calcaire et un cône d’épicéa y étaient dissimulés. Autant de produits du Jura, un massif montagneux dont l’histoire a débuté il y a 250 millions d’année et que les Romains appellaient Juris, soit forêt.

Vendre du rêve en mobilisant la tête, le coeur et les bras. Proposer des animations, par exemple sous forme de dessins ou de lecture de contes. Eveiller ses hôtes aux détails de la nature qui les environne. Voici ce qui anime Yves Giroud, sans oublier les rencontres que supposent ces balades à pied ou en raquettes, été comme hiver, dans le Jura comme dans les Alpes. Des moments de ressourcement privilégiés que recherchent un nombre croissant de personnes. Et que l’Office du Tourisme d’Yverdon-les-Bains Region Jura Lac a souhaité proposer sur le Balcon du Jura, une sortie étant programmée jeudi 5 mars.

Le sapin blanc et l’épicéa sont deux des essences que l’on rencontre dans les forêts des Rasses. © Nadine Jacquet

Le sapin blanc et l’épicéa sont deux des essences que l’on rencontre dans les forêts des Rasses.

Domicilié à Clarmont, au-dessus de Morges, Yves Giroud n’en connaît pas moins très bien le Balcon du Jura, sur lequel il aime se rendre, «pour le coup d’oeil. Cet endroit surplombe le brouillard, sans qu’on ait besoin d’aller très en hauteur», commente-t-il. Le spectacle offert au sortir de la forêt confirme ses propos. Et c’est à contrecoeur que l’on déchausse les raquettes pour redescendre dans la plaine.

Ludovic Pillonel