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La Patrouille 2012 devait être la 12e de Jean-Luc Amstutz

2 mai 2012

Ski-alpinisme – La Patrouille des Glaciers annulée, le sportif de La Mothe devra attendre deux ans avant d’augmenter son capital participations. Il a pris la nouvelle avec philosophie, fort de son amour pour la montagne.

Fondeur, coureur à pied, alpiniste, guide de montagne et bien d’autres: Jean-Luc Amstutz est ce qu’on peut appeler un sportif complet!

Jean-Luc Amstutz devait s’élancer de Zermatt à minuit précise, dans la nuit de mercredi à jeudi, pour sa douzième Patrouille des Glaciers, épaulé par Serge Schnegg et Blaise Brocard. Ce n’est que quelques instants avant le départ que les patrouilleurs ont appris l’interruption de l’épreuve. Les équipes parties plus tôt faisaient demi-tour. La force du foehn et la visibilité trop réduite ont contraint les organisateurs à mettre un terme à la légendaire «course militaire ouverte aux civils». L’événement n’avait plus été stoppé depuis 1944! Un coup sur le moral de tous ces sportifs entraînés, impatients de participer au mythe. «Oui, j’étais déçu. Mais à entendre et voir les personnes là-bas, j’étais un des moins affectés», constate le Nord-Vaudois.

A 58 ans, fort de ses onze «PdG», cet Urbigène désormais établi à La Mothe en a vu d’autres… En sportif inépuisable et curieux qu’il est, il n’axe pas «tout» sur la Patrouille des Glaciers. «Et j’aime bien quand l’être humain est remis en place par la nature», glisse le guide de montagne.

Comme il le dit lui-même, «celle-là compte pour beurre» et son compteur reste ainsi bloqué à onze, jusqu’à la prochaine, dans deux ans, où il sera de la partie, forcément. Depuis 1984 et la réintroduction de la PdG, il a participé à presque toutes les éditions. «Il m’est arrivé de ne pas la faire, car j’étais en panne de coéquipiers! Il est plus facile de trouver du monde pour aller boire un verre», image-t-il. Mais pourquoi en avoir fait autant? «J’aime cette ambiance», rétorque-t-il, tout simplement.

La technique de la sorcière

Jean-Luc Amstutz a la chance d’avoir pu connaître l’évolution du ski-alpinisme («on parlait de ski de printemps à l’époque») et du matériel en la vivant de l’intérieur. Il se souvient des Trophées du Muveran disputés alors avec de véritables skis de fond. «Et à la Patrouille, le règlement nous obligeait à avoir des carres, alors on avait des skis de télémark très étroits pour gagner du poids. On descendait droit en bas, en employant la technique de la sorcière, avec les bâtons entre les jambes! On prenait des monstres gamelles et, parfois, on cassait les skis, mais on avait des bouts de rechange!»

Lorsqu’il a participé à sa première Patrouille, il se souvient que le défi paraissait immense: «Faire ça en une étape, c’était l’inconnue!» A l’époque, au départ de ces épreuves par équipes, on trouvait surtout des fondeurs, qui rallongeaient ainsi leur saison. Aujourd’hui, si la discipline a évolué et s’est démocratisée, pour les plus férus parmi les anciens, ces aventuriers dont fait partie Jean-Luc Amstutz, la passion est intacte.

Manuel Gremion