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«La petite reine» dans la Constitution?

9 mars 2018 | Edition N°2202

L’initiative populaire visant à promouvoir les voies cyclables, les chemins et les sentiers pédestres en Suisse n’a pas passé la rampe du National. Mais une majorité de parlementaires a voté en faveur du contre-projet du Conseil fédéral qui permettrait au vélo de faire son entrée dans la Constitution. Dans la région, la roue tourne aussi pour les cyclistes.

«La commune a une topographie idéale pour les cyclistes. Je constate que le vélo redevient de plus en plus une bonne alternative à la voiture pour les citoyens de la ville.» Benoist Guillard, président de Pro Vélo Région Yverdon-les-Bains depuis 2015, est ravi du succès croissant de la «petite reine» aussi bien à l’échelle locale que nationale. Lorsqu’il a repris la présidence de la section nord-vaudoise, il pouvait compter sur l’engagement d’environ 150 personnes. Ce chiffre a doublé en 2016 et continue de prendre de l’ampleur. Actuellement, l’association réunit 333 membres.

Il y a trois ans, la branche locale de Pro Vélo était parvenue à rassembler 759 signatures pour l’initiative populaire «Pour la promotion des voies cyclables et des chemins et sentiers pédestres». Avec l’aide de ses différentes entités régionales, Pro Vélo a réussi à convaincre 100 000 citoyens d’exiger une modification de la Constitution fédérale.

La semaine dernière, le Conseil national a opté pour le contre-projet direct proposé par le Conseil fédéral, plutôt que pour l’initiative populaire. La Confédération pourra, mais ne devra pas, coordonner la promotion du vélo. «C’est la différence principale entre les deux textes, mais l’idée de base est passée», affirme Benoist Guillard, visiblement soulagé. Les initiants ont indiqué adhérer au contre-projet qui devrait être soumis au peuple en 2019.

«Dans quelques années, un cinquième, voire un quart de la population yverdonnoise se déplacera en vélo», estime Benoist Guillard qui reste conscient qu’il sera tout de même difficile de changer les habitudes de déplacement d’une partie des citoyens.

En 2017, 51 enfants ont participé aux cours de conduite cycliste dispensés à Yvonand et à Yverdon-les-Bains par Pro Vélo. L’année dernière, l’association a même lancé des leçons individuelles destinées aux adultes pour répondre à une demande de certains habitants de la région. Vu l’essor des bicyclettes électriques, Benoist Guillard envisage aussi de proposer des cours dédiés à cette nouvelle pratique: «Elles vont plus vite, et il y a pas mal de changements par rapport aux vélos classiques.»

Mais l’augmentation du nombre de cyclistes va de pair avec des infrastructures adéquates. S’il est satisfait des efforts fournis depuis quelques années par les autorités de la Cité thermale, Benoist Guillard aimerait que les liaisons entre les différentes zones de la ville puissent se faire de manière plus sécurisée et coordonnée, et qu’il y ait aussi une plus grande cohésion dans le Nord vaudois. «La Ville met en place un système de mobilité douce qui s’intègre dans le Plan directeur cantonal», affirme, de son côté, Valérie Jaggi Wepf, municipale yverdonnoise en charge de la mobilité.

Gianluca Agosta