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La privatisation du thermalisme engagée

1 octobre 2012

A la veille des débats, sans doute animés, que tiendra le Conseil communal jeudi prochain, la Municipalité d’Yverdon-les-Bains annonce une révolution.

Olivier Kernen, administrateur délégué de Cité des Bains S.A., qui dirige de fait le Centre thermal, Peter et Nadine Traber, directeur, respectivement responsable marketing du Grand Hôtel des Bains, attendent les décisions capitales pour l’avenir du thermalisme yverdonnois.

«La privatisation n’est plus un sujet tabou!» Syndic d’Yverdon-les-Bains, Daniel von Siebenthal admet qu’il faut mettre les bouchées doubles et que le temps n’est plus à la nostalgie si la Ville d’Yverdon-les-Bains, actionnaire principal, veut sauver le Centre thermal (Cité des Bains S.A.) et le Grand Hôtel des Bains. Les deux sociétés anonymes sont dans une situation financière très délicate et nécessitent un assainissement urgent. Par ailleurs, les immeubles et installations ont besoin d’importantes rénovations.

Dans le cas du Centre thermal, une première estimation chiffrait l’investissement nécessaire à 25 millions de francs. Le Grand Hôtel des Bains a lui aussi besoin d’un montant conséquent pour une remise à jour et la création d’un «spa-wellness», qui, à lui seul, nécessite un minimum de 5 millions de francs.

De nouvelles têtes

Ainsi, à la veille de débats du Conseil communal qui promettent d’être animés, la Municipalité a annoncé vendredi qu’elle avait écrit aux administrateurs des deux sociétés pour engager une nouvelle dynamique. Cela se traduira par le départ de tous les administrateurs en place.

«Il est ressorti des discussions que nous avons eues qu’il faut des spécialistes du thermalisme et de l’hôtellerie. Il leur appartiendra de nous proposer des solutions», explique le syndic Daniel von Siebenthal.

Pratiquement, le renouvellement des conseils d’administration de Cité des Bains S.A. et Grand Hôtel des Bains S.A. devrait être opéré en novembre, à l’occasion d’assemblées extraordinaires des deux sociétés. La Ville étant majoritaire, cette opération ne devrait pas poser de problème. La Ville a également lancé un appel d’offres pour un mandat d’appui. Cette opération a pour but d’obtenir de spécialistes indépendants une évaluation de la situation.

Une vieille idée

Dans les pistes à explorer, ces spécialistes devront évaluer celle d’une gestion commune du Grand Hôtel des Bains et du Centre thermal, et si, dans cette optique, la rentabilité de l’ensemble pourrait être améliorée. Cette idée n’est pas nouvelle. Elle avait été émise il y a de très nombreuses années, mais le principal actionnaire avait toujours refusé d’entrer en matière.

Il y a urgence

Les décisions de la Municipalité précédent donc les débats du Conseil communal qui se prononcera, jeudi soir, sur une demande de crédit de 4,8 millions de francs. Ce montant permettra de financer un mimimun de travaux, en particulier au Centre thermal, et d’assurer les liquidités jusque dans le courant de l’année prochaine, le temps de trouver une solution définitive pour assurer l’avenir du thermalisme yverdonnois.

Si la nouvelle vision municipale ne devrait pas poser de problème majeur à la droite -il n’est pas inutile de rappeler que l’ancien conseiller communal et vice-président d’Hôtellerie Romande Pierre-André Michoud avait proposé de vendre le Grand Hôtel à un moment où la branche se portait encore bien-, il en ira autrement à gauche. Les nostalgiques pourront se consoler avec un droit de superficie qui, dans l’absolu, permet à la Ville de préserver ses intérêts.

En août dernier, la municipale socialiste Nathalie Saugy, exprimant l’une des sensibilités de la gauche, expliquait à la TSR qu’elle souhaitait que ces objets restent dans le patrimoine communal. La décision est aussi un véritable tourment pour l’ancien syndic -aujourd’hui président de Grand Hôtel des Bains S.A. et administrateur délégué de Cité des Bains S.A.- Olivier Kernen.

Ce dernier, à tout le moins du point de vue opérationnel, de même que le directeur du Grand Hôtel Peter Traber, devraient rester en place jusqu’à ce que les experts aient rendu leur verdict.

Isidore Raposo