Logo

La protection civile nord-vaudoise épate le Canton

3 avril 2020 | Edition N°2716

Yverdon-les-Bains – Rebecca Ruiz visitait hier le quartier général de la PC, créé avec les moyens du bord pour faire face à la pandémie. La conseillère d’état a été impressionnée par la collaboration mise en place.

C’est une visite un peu particulière qu’ont reçue les membres de la protection civile du Nord du canton, hier. La conseillère d’état chargée de la Santé, Rebecca Ruiz, est venue découvrir l’organisation des miliciens, dont la base principale se situe à la HEIG-VD, à Yverdon-les-Bains.

Mais ce n’est pas un «simple» abri PC que l’élue socialiste a pu parcourir. En effet, les miliciens ont pris possession des cuisines et des réfectoires de l’école d’ingénieurs, afin de bénéficier de la place nécessaire à la gestion de cette crise sans précédent. «Tout ce qui est en bois, c’est nous qui l’avons fait», relevait Sébastien Rüegg, remplaçant du commandant pour le Nord du canton (une région qui comprend notamment le Nord vaudois, le Gros-de-Vaud et la Broye). Et il y en a, des meubles en bois! Un travail de titan qui a transformé les deux étages en centre névralgique des opérations de la protection civile pour cette crise, dont plusieurs membres se sont trouvés au front. «Des miliciens ont dû aider en urgence les secteurs de soins intensifs de l’hôpital de Payerne, indique Sébastien Rüegg. Nous n’avions pas encore eu le temps de lancer les formations. ça a été une confrontation très dure avec la réalité.»

Un véritable labyrinthe

En collaboration avec le Réseau santé Nord Broye (RSNB), les miliciens s’occupent également d’assurer la mise en œuvre des dispositifs communautaires, soit tout ce qui a trait à la santé et qui ne dépend pas du monde hospitalier (EMS, soins à domicile…). Plusieurs panneaux ont permis de diviser l’espace en différentes pièces, donnant l’impression d’un véritable labyrinthe créé avec les moyens du bord.

Un quartier général ingénieux qui n’a pas laissé indifférente la conseillère d’état. «Qui a conceptualisé cet espace?», demande-t-elle. Et le remplaçant du commandant de répondre: «C’est notre équipe qui l’a réalisé. Une quinzaine de personnes ont travaillé durant une semaine pour arriver à ce résultat. Tout à coup, un astreint a une idée, il prend une scie sauteuse et fabrique l’objet dont nous avons besoin», explique-t-il en pointant du doigt un support à projecteur en bois suspendu à une hotte d’aération «Ce qui a été mis en place ici est époustouflant», note l’élue qui a déjà visité deux autres centres régionaux de dispositif communautaire.

«On voit un génie régional»

Mais pas question de faire des comparaisons. «Tout ce que je peux dire, c’est que chaque région montre un certain génie dans son organisation. Ceci dans le but de désengorger les hôpitaux. Ici, dans le Nord du canton, la collaboration entre les différents acteurs fonctionne très bien. Il faut dire qu’être ensemble facilite la tâche.» En effet, les membres de la protection civile ont accueilli certains collaborateurs du RSNB dans leur nouveau QG. «Ainsi, l’information peut circuler très rapidement, se réjouit Sébastien Rüegg. Mais la complexité du réseau était quelque chose de complètement inédit pour nous. Nous avons dû l’appréhender.» Même son de cloche du côté des membres du RSNB: «Pour nous aussi, le centre opérationnel de la protection civile était un nouveau monde, avec son propre jargon!», constate Virginie Ricciuti, coordinatrice du réseau pour la région Nord.

À la fin de la visite, la ministre vaudoise de la Santé s’estimait rassurée. «Nous pouvons compter sur ces personnes mobilisées. Malgré cette situation complètement inédite, elles font face admirablement.»

Massimo Greco