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La résurrection de Manuel Bühler

20 avril 2015

Football – 1re ligue – Double buteur, passeur décisif, le meneur de jeu a été brillant samedi. Yverdon Sport a battu Martigny en une mi-temps d’anthologie, avant de souffrir lors de la seconde.

Manuel Bühler vient d’inscrire le 2-0 sur un coup-franc direct somptueux. © Nadine Jacquet

Manuel Bühler vient d’inscrire le 2-0 sur un coup-franc direct somptueux.

Une ouverture lumineuse pour Matias Chavarria et le 1-0, un coup-franc parfait pour doubler la mise: en deux gestes et moins d’une demi-heure de jeu, Manuel Bühler a rappelé au Stade Municipal quel meneur de jeu il était. «Il a tellement de foot, tellement de qualités…», admirait Philippe Demarque, qui lui a laissé les clés de la machine yverdonnoise, samedi dernier, contre Martigny. Il a eu bien raison: le demi de 31 ans a survolé la première mi-temps de sa classe, distillant des merveilles de ballon, calmant le jeu quand il s’agissait de le faire et ne rechignant même pas au sale boulot.

Des efforts pour revenir

Alors qu’il venait de nettoyer la lucarne du pauvre Basile Couchepin et qu’il courait vers le banc pour célébrer son but, tout revenait en mémoire: ses grandes années en Challenge League, déjà à Yverdon, quand ses coups de patte géniaux faisaient se lever le public du Stade Municipal, mais surtout son transfert de Xamax à GC alors qu’il n’avait pas 18 ans et qu’on voyait en lui la pépite du football suisse. Ennuyé plus souvent qu’à son tour par les blessures, il n’a sans doute pas fait la carrière dont il aurait pu rêver. Mais samedi, il a prouvé que, quand tout roulait, il était simplement au-dessus du lot en 1re ligue. Ça n’a pas été tout seul: «Depuis mon retour à Yverdon, j’ai fait des efforts pour retrouver mon niveau, j’ai perdu du poids», réagissait-il, voyant sans doute dans sa prestation du jour une partie des fruits de son travail.

Si Manuel Bühler a pu étinceler en première mi-temps, c’est aussi que l’équipe, dans son ensemble, tournait bien. «On savait Martigny très fort dans l’axe de la défense, donc on a cherché à passer par les ailes», signalait l’entraîneur au coup de sifflet final. Pari gagnant: avec un but chacun, Matias Chavarria et Manu Parapar ont répondu aux attentes. Le duo Momo-Gabriele -véritable poumon de l’équipe- a aussi abattu un travail impressionnant à la récupération.

Martigny a pu y croire

C’est d’ailleurs lorsque le premier a été expulsé -deux jaunes, le premier très sévère, le second mérité, mais évitable- que le match a tourné. Malgré une avance confortable, YS a souffert tout au long de la deuxième mi-temps, ne parvenant pas à retrouver un équilibre à dix. Imprécisions, passes ratées, sorties de zone bancales: les Nord- Vaudois ont permis aux Valaisans d’y croire. A l’heure de jeu, quand l’excellent Antonio Ambrosio plantait le 3-1 de manière ultra-logique, on pouvait craindre le pire. Mais au gré de quelques interventions bien senties d’un Marc Ummel impeccable, d’un certain manque de réalisme adverse et… d’un peu de chance (tête d’Ambrosio sur le poteau à la 75e), les hommes de Philippe Demarque n’ont pas lâché leur os. «Cette deuxième mi-temps a été longue, soupirait l’entraîneur. Ce qui m’ennuie, c’est que la jouerie n’y était plus.»

Pourtant, en rupture, Yverdon aurait pu classer l’affaire, mais Matias Chavarria a vu ses essais déjoués par les montants de la cage adverse (63e et 68e). Il a fallu attendre la 92e et une énième chevauchée de Manu Parapar pour que Basile Couchepin soit contraint à la faute, expulsé, et que Manuel Bühler mette un point final à l’histoire. Rien de plus normal: il était déjà l’auteur de ses plus beaux passages.

 

Yverdon Sport – Martigny-Sports 4-1 (3-0)

Buts: 20e Chavarria 1-0; 26e Bühler 2-0; 45e Parapar 3-0; 58e Ambrosio 3-1; 95e Bühler, pen. 4-1.

Yverdon: Ummel; Mayila, Mara, Margairaz, Montano (16e Dimonekene); Gabriele (73e Ciavardini), Momo; Parapar, Bühler, Chavarria; Becirovic (55e Pitronaci). Entraîneur: Philippe Demarque.

Martigny: Couchepin; Vianin, Sarni (46e Pasche), Delgado, Liand; Zambaz; R. Mehmetaj, H. Mehmetaj, Pereira, Ambrosio; Constantin. Entraîneur: Freddy Darbellay.

Stade Municipal, 300 spectateurs. Arbitrage de Simon Roth, qui avertit Momo (29e, jeu dur), Ambrosio (70e, jeu dur), H. Mehmetaj (70e, réclamations), Vianin (72e, jeu dur), Constantin (80e, antijeu) et expulse Momo (51e, 2e avertissement, jeu dur).

Lionel Pittet