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La valse des moissons peut débuter

9 juillet 2018 | Edition N°2284

La récolte du blé et du colza devrait démarrer cette semaine. Au Centre agricole d’Yvonand, tout est prêt pour accueillir les agriculteurs et leur chargement.

Le calme règne encore, ce vendredi 6 juillet au Centre agricole d’Yvonand. Un petit répit bienvenu pour l’équipe de cinq personnes qui travaille là. Dès que les machines auront entamé leur ballet dans les champs de blé et de colza, le centre se transformera en véritable ruche. Au plus fort des moissons, il tournera même 24heures/24: «Les grosses journées, il peut y avoir jusqu’à quatre heures d’attente pour les agriculteurs», note Xavier Doudin, nouveau gérant de la coopérative depuis le début du mois, après le départ à la retraite de Daniel Breux.

Si la météo est de la partie, les premiers chars de blé devraient arriver cette semaine. «C’est très précoce cette année, poursuit le gérant. On a eu un printemps un peu particulier, qui était relativement tardif et sombre. Mais il a fait chaud comme jamais en mai et il y a eu de gros coups de chaleur en juin: on a rattrapé tout le retard et on a réceptionné l’orge avec dix jours d’avance.» Avec un poids se situant entre 69 et 70 kilos pour 100 litres, le grain présentait d’ailleurs une très bonne qualité, cette année, la norme étant fixée à 65 kilos pour 100 litres.

Tout est prêt, au Centre agricole d’Yvonand, pour accueillir les chargements de blé et de colza. Sylvain Martin, responsable des silos, soulève les couvercles qui protègent les plus petites cellules de stockage – d’une capacité de cinq tonnes – dévoilant des puits vertigineux qui attendent d’être remplis de grains. D’ici à la mi-août, le site engrangera 7000 tonnes de blé panifiable, 1600 tonnes de colza et 500 tonnes de céréales bio, qui s’ajouteront aux 1400 tonnes d’orge déjà réceptionnées.

Du labeur et de la patience

Pour livrer leur précieuse récolte, les agriculteurs devront s’armer de patience. Une fois arrivés, ils s’encolonneront dans l’attente de pouvoir déverser le fruit de leur travail dans les trémies, ces larges grilles qui jouxtent le centre. A Yvonand, il y en a deux, de part et d’autre du bâtiment: l’une pour le blé, l’autre pour le colza.

Après avoir atterri dans la trémie, les céréales entameront alors un véritable petit gymkhana qui les verra passer par des séparateurs qui ne conserveront que le bon grain – la paille, la terre et les autres déchets finiront dans une installation de biogaz –, une balance et un séchoir si le taux d’humidité l’impose. Pour passer d’une étape à l’autre, un réseau complexe d’élévateurs et de redlers – des petites rampes horizontales – quadrille tout le centre agricole.

L’équipe du Centre agricole d’Yvonand: Jean-Marc Roulier, Dominique Noble, Xavier Doudin, Sylvain Martin et Jean-Luc Bersier. © Michel Duperrex

Et lorsque le soleil darde ses rayons au plus fort de l’été, il ne fait pas seulement transpirer les travailleurs de la terre, il donne également un sacré coup de chaud à leur récolte: «Quand le blé arrive, sa température se situe entre 30 et 32 degrés, explique Sylvain Martin. On le refroidit pour qu’il atteigne 10 à 15 degrés. Cela évite la fermentation, la perte de poids et la prolifération de nuisibles.» Au bout de la chaîne, les céréales atterriront dans l’un des silos, dans l’attente d’être commercialisées par le centre d’Yvonand, qui travaille en collaboration avec la coopérative agricole Fenaco.

Les paysans, eux, devront attendre de connaître le poids et la taxation de leur chargement avant de pouvoir quitter les lieux. Malgré l’apparente complexité du processus, tout va très vite: «Pour une livraison de quinze tonnes, il faut quinze minutes, explique le gérant. On reçoit 60 tonnes à l’heure. En moyenne, il faut compter une vingtaine de jours pour tout réceptionner. L’an dernier, on a bouclé en dix jours, c’était exceptionnel!» Et d’ajouter, dans un sourire: «On est une petite équipe mais terriblement efficace!»

Caroline Gebhard