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L’affaire de la viande jette l’oprobe sur les Spanghero

20 février 2013

L’affaire des plats précuisinés contenant du cheval en lieu et place du boeuf, porte un tort considérable à une marque, celle de l’une des plus belles familles du rugby français, qui est aussi passée par Yverdon-les-Bains.

Eric Gentizon (à g), organisateur du Salon Vino à Yverdon-les-Bains, en 2006, avec Eric Gentizon (à g), organisateur du Salon Vino à Yverdon-les-Bains, en 2006, avec Claude Spanghero et son épouse Mado.

Au coeur du scandale d’une tromperie alimentaire qui touche même la Suisse -de la viande de cheval a été utilisée en lieu et place de boeuf, plus chère, dans des plats précuisinés-, la société Spanghero, à Castelnaudary, dans le Midi toulousain, porte le nom de l’une des plus prestigieuses familles du rugby français. Les Spanghero n’ont plus aucune relation aves la société qui porte leur nom, mais leur nom est cité partout.

«C’est une catastrophe!», lance Laurent Spanghero, l’aîné de la fratrie, qui a fondé la société il y a un peu plus de quarante ans, avec son frère Claude, l’un des «géants» du rugby français. «Nous avons employé jusqu’à 500 personnes», explique l’ancien patron, reconverti aujourd’hui dans les plats bio.

Grandeur et déclin

Les Spanghero ont fait de la société qui porte encore leur nom un fleuron de l’économie de l’Aude, en partant d’un simple abattoir qui ne traitait que du bétail élevé dans la région et en se lançant dans la production à grande échelle du plat régional par excellence: le cassoulet.

Quatre des six frères ont évolué au plus haut niveau du rugby français et leur nom a été une véritable machine de marketing.

La société de Castelnaudary a peu à peu été confrontée à une concurrence de plus en plus vive et internationale. En 2009, les Spanghero n’ont eu d’autre solution que de céder leur société à un groupe plus important, propriétaire notamment de la marque Labeyrie (foies gras, etc.).

Homme de relations

Claude Spanghero a été le commercial le plus efficace de la fratrie. Sa stature -1,96 mètre pour 104 kilos- en a fait une des étoiles du rugby français. Il a notamment été, dans les années septante, le capitaine emblématique du grand RC Narbonne. Il a d’ailleurs été sacré meilleur joueur français de rugby à XV en 1974. Il s’est retiré de la compétition en 2000 -il avait 52 ans!- en jouant son dernier match officiel avec l’AS Bram.

Claude Spanghero a aussi été capitaine-entraîneur du SC Pamiers (Ariège) et président-entraîneur-joueur du RO Castelanaudary. Il a été sélectionné à 22 reprises avec l’équipe de France.

Depuis cette époque, Claude Spanghero a voué l’entier de son temps aux relations publiques et à la commercialisation des produits de l’entreprise familiale. Sa fille Vanessa a d’ailleurs ouvert à Paris une boutique de produits alimentaires du Languedonc-Roussillon.

C’est dans ce cadre que Claude Spanghero est venu, en compagnie de son épouse Mado, en octobre 2006 à Yverdon-les-Bains, à l’occasion du Salon Vino, organisé à l’époque dans l’enceinte de l’Ancien arsenal. Le cassoulet, produit chez Spanghero, était bien évidemment à l’honneur cette année-là.

Depuis la cession de l’entreprise familiale en 2009, Claude Spanghero et son épouse Mado commercialisent un produit orthopédique.

Liens étroits avec Yverdon

Alors que le Gouvernement français a autorisé une reprise partielle des activités de Spanghero, beaucoup d’Yverdonnois ont sans doute pensé à leurs amis de Castelnaudary. A une époque, les échanges sportifs (rugby), amicaux et culturels (fanfares) étaient fréquents. La Ville d’Yverdon-les-Bains avait même offert des cygnes à la capitale mondiale du cassoulet.

Isidore Raposo

 

Le site d’Orbe n’est pas concerné

L’entreprise Hilcona estbien connue dans la région puisqu’elle est présente à Orbe. Or, le responsable de la communication de la marque, Mark Vogelgsang, dont le siège est à Schaan, au Liechtenstein, fait savoir que le site urbigène n’est absolument pas concerné. «En effet, à Orbe, nous produisons uniquement des sandwichs et des pizzas», explique le porte-parole. De plus, Mark Vogelgsang explique que la viande des produits retirés «vient du fournisseur allemand d’Hilcona Vossko, qui livre la viande hachée de boeuf. Cette dernière est par la suite utilisée pour la production des produits Hilcona qui sont fabriqués à Schaan.»

Enfin et «afin de garantir la transparence, la confiance et le développement durable, Hilcona a décidé, pour tous les produits de la marque qui contiennent de la viande de boeuf, d’employer de la viande de boeuf suisse, qui peut être retracée clairement», précise le porte-parole. Ceci notamment du fait que les circuits d’approvisionnement nationaux sont «plus courts et plus clairs». Ce qui permettra à Hilcona d’assurer que ses produits «répondent complètement à l’attente de qualité des consommateurs, indépendamment des incertitudes actuelles sur le marché européen du boeuf.»

 

Chronologie du scandale «viande de cheval»

7 février: De la viande de cheval est découverte dans des lasagnes de la marque Findus au boeuf, fabriquées par la société française Comigel, basée à Metz. Des lasagnes bolognaises, du hachis parmentier et de la moussaka sont retirés du marché français. Le scandale anglais prend une dimension internationale.

13 février: Le résultat des analyses sur les lasagnes surgelées retirées «par précaution», la veille par Coop, confirme la présence de viande de cheval dans les produits Verdi Bolognese vendus par le grand distributeur. Ces lasagnes sont fabriquées par la société Comigel.

15 février: Les Européens, Suisse comprise, annoncent des milliers de tests ADN sur les plats préparés. Entre 10 et 150 tests sont prévus dans chaque pays. En Suisse, hormis les lasagnes de la Coop déjà retirées, l’association des chimistes cantonaux affirme qu’aucun autre cas n’a été découvert.

18 février: Des analyses confirment la présence de viande de cheval dans au moins neuf produits Hilcona. Coop, Manor, Lidl et Volg, entre autres, retirent ces produits. Il s’agit, notamment, des Hot Chili plan b 370 gr., des spaghetti alla bolognese 500 gr., du Sugo 210 et 425 gr et des cornettes à la viande hachée 370 gr.

Raphaël Muriset