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L’ancienne danseuse qui fait suer les hockeyeurs

21 août 2019 | Edition N°2564

Depuis près de dix ans, la Combière multidiplômée Annick Dufour est en charge de la préparation physique au HC Yverdon, de la relève à la première équipe. Un rôle qui lui permet d’avoir un rapport privilégié avec les athlètes.

«Tout ce qui m’importe, c’est que mes joueurs soient en bonne santé.» Préparatrice physique au HC Yverdon, Annick Dufour n’a beau venir dispenser ses conseils qu’une fois par semaine, elle ne ménage pas sa peine quand il s’agit du bien-être des hockeyeurs yverdonnois. «Je donne environ quatre heures de condition physique hebdomadaires, aux M13 et M15 élite ainsi qu’à la première équipe, indique la Combière d’adoption, qui travaille le reste du temps dans le cabinet qu’elle a ouvert à Cheseaux-sur-Lausanne avec son mari ostéopathe-physiothérapeute. Pour le reste, je prépare des programmes et les coachs se chargent de superviser l’entraînement. Je fais aussi de la planification individuelle pour les joueurs qui souhaitent s’entraîner à côté, au fitness notamment.» Il lui arrive également de conseiller ses protégés sur le plan nutritionnel, ou encore de remplacer le soigneur de la première équipe, en cas d’absence un jour de match.

Car la grande force d’Annick Dufour réside dans sa polyvalence. Titulaire d’un Bachelor en sciences du sport et en psychologie, elle n’a en effet jamais cessé de se perfectionner. «J’ai suivi diverses formations de micronutrition, de massage ou encore, chez Swiss Olympic, pour la condition physique. Je trouve important d’avoir une vue d’ensemble, pour pouvoir conseiller les athlètes et donner de bonnes bases aux enfants.» C’est d’ailleurs en assistant à un cours Jeunesse+Sport kids, il y a près de dix ans, qu’elle rencontre Robert Paquette, alors directeur sportif du HC Yverdon. «Il m’a proposé de rejoindre le club pour m’occuper de la préparation physique des enfants. Je me suis dit qu’il s’agissait d’une super opportunité, et j’ai accepté.»

Des claquettes au hockey

Au fil des années, son travail et ses responsabilités ont progressivement évolué, jusqu’à ce qu’elle se retrouve en charge du management des entraîneurs et de la préparation physique de la première équipe, en plus des M13 et des M15 élite. «Mes débuts avec la une se sont faits assez facilement, puisque j’avais déjà travaillé avec une partie de l’effectif au sein du mouvement juniors», précise-t-elle.

Rien ne semblait pourtant la prédestiner à évoluer dans l’enceinte d’une patinoire. «J’avais assisté à des matches et joué un peu au hockey pour mon plaisir étant enfant, mais j’ai avant tout fait vingt-cinq ans de claquettes, dans le cadre de comédies musicales notamment», révèle-t-elle en rigolant. Un passé de danseuse qui semble avoir laissé des traces, puisqu’Annick Dufour réserve une place de choix au gainage et au stretching durant ses entraînements. «Certains coachs rechignaient à imposer des étirements aux hockeyeurs. Je leur ai donc exposé ma vision des choses et j’ai réalisé des panneaux didactiques détaillés pour qu’ils n’aient plus d’excuses. Et maintenant, il arrive régulièrement que les joueurs se mettent à faire du stretching spontanément!»

Un rôle de confidente

Des joueurs avec qui elle entretient un rapport privilégié. «Il y a beaucoup de respect mutuel. Les hockeyeurs se confient facilement à moi, car je ne porte pas une étiquette d’entraîneur et ils savent que ce qu’ils me disent ne sort pas de chez moi. Il m’arrive aussi de faire un peu le tampon entre eux et les coachs, ou de jouer à la maman avec les plus jeunes.» Un rôle qu’elle endosse volontiers, ayant elle-même deux enfants en bas âge. L’une de ses grossesses a d’ailleurs particulièrement marqué les esprits: «Le soir avant mon accouchement, je faisais des abdos dans l’herbe. Cinq ans plus tard, certains joueurs m’en parlent encore.»

 

 

Les couloirs et les vestiaires en guise de salle de gym

«Cela fait dix ans que je rêve que l’ancienne salle de fitness de la patinoire soit remise en état», soupire Annick Dufour. Mais, malgré ses demandes répétées auprès des présidents qui se sont succédé, les joueurs du HC Yverdon ne disposent toujours pas d’un vrai local d’entraînement.

«Lors de la saison estivale, nous pouvons utiliser la salle de la Villette. L’hiver, en revanche, quand le temps ne nous permet pas d’aller dehors, je dois donner mes leçons dans les couloirs et les vestiaires de la patinoire, soupire la préparatrice physique. Heureusement, nous sommes bien équipés au niveau du matériel. De ce côté-là, je n’ai pas à me plaindre.»

Une solution avait toutefois pu être trouvée la saison passée. «Nous avions un partenariat avec Let’s go Fitness, qui nous laissait utiliser la salle une fois par semaine. Le reste du temps, les exercices de force se font dans l’un des vestiaires où des barres de force ont été installées.»Annick Dufour ne compte cependant pas baisser les bras. «Je finirai par obtenir la remise en état de l’ancienne salle de la patinoire», prévient-elle.

Muriel Ambühl