Logo

L’Antidote festival aurait-il trouvé la formule magique du succès ?

7 août 2017 | Edition N°2053

Yverdon-les-Bains – Avec près de 3000 festivaliers venus à La Marive le week-end dernier, la troisième édition de l’événement musical a dépassé l’espérance des organisateurs.

Avec, notamment, ses guitares, son harmonica et sa cornemuse, le groupe de rockeurs bretons Soldat Louis a fait vibrer le public yverdonnois, vendredi soir. ©Carole Alkabes

Avec, notamment, ses guitares, son harmonica et sa cornemuse, le groupe de rockeurs bretons Soldat Louis a fait vibrer le public yverdonnois, vendredi soir.

La troisième fois, c’était la bonne ! Après avoir essuyé deux premières années difficiles, notamment en raison de la pluie, l’Antidote festival s’est achevé sur une note positive. Plus de 3000 personnes ont fait le déplacement à La Marive, entre vendredi et samedi. Ironie du sort, il n’a pas plu une seule goutte ce weekend, alors que les organisateurs avaient décidé, pour la première fois, de mettre la scène des concerts à l’intérieur. Ce premier bilan réjouit Jérôme Dubrit, président de l’association Fest’Y’Rives qui organise l’événement : «Que ce soit au niveau du public ou de l’organisation, nous sommes extrêmement satisfaits de cette édition.»

 

Deux têtes d’affiche françaises

 

Le groupe Superbus, ici la chanteuse Jennifer Ayache, a enflammé la scène de La Marive. ©Carole Alkabes

Le groupe Superbus, ici la chanteuse Jennifer Ayache, a enflammé la scène de La Marive.

Comme le festival n’a pas eu lieu l’an dernier, la programmation devait être au top pour réconcilier le public nord-vaudois avec la manifestation. En plus des huit concerts d’artistes suisses de talent, deux groupes français étaient mis à l’honneur : Soldat Louis (voir ci-dessous) et Superbus. Et c’est le premier qui a attiré le plus de monde, avec près de 900 entrées le vendredi, contre 800 pour samedi.

Que ce soit durant l’une ou l’autre des soirées, l’atmosphère était survoltée. Des Nord-Vaudois de tous âges sont venus chanter et danser avec les artistes dans une ambiance bon enfant.

Soldat Louis a, d’ailleurs, profité de son passage pour dévoiler, en avant-première, une chanson inédite issue de son prochain album, qui sortira en octobre prochain.

 

De toute la Suisse romande

 

Jérôme Chapuis (Ramdam), vice-champion Suisse de VTT trial, a démontré ses talents de sportif devant et au-dessus des spectateurs. Emotions garanties ! ©Carole Alkabes

Jérôme Chapuis (Ramdam), vice-champion Suisse de VTT trial, a démontré ses talents de sportif devant et au-dessus des spectateurs. Emotions garanties !

D’après les premiers chiffres, près de 500 tickets de concert ont été vendus chaque soir. «Cela dépasse même ce que nous avions prévu, poursuit-il. Ce qui est intéressant, c’est que la plupart des prélocations ont été enregistrées par des personnes qui n’habitent pas à Yverdon-les-Bains, voire même pas dans le Nord vaudois, puisque certains festivaliers sont venus depuis Genève, Sion ou encore le Jura.»

Bien que l’événement ait rencontré un vif succès auprès du public, les organisateurs préfèrent ne pas se réjouir trop vite. «Tant que les comptes n’ont pas été pas bouclés, il est trop tôt pour dire si c’était une bonne édition», confie Jérôme Dubrit. Pour rappel, les deux premières éditions s’étaient clôturées par un déficit de près de 65 000 francs. Après de nombreux efforts et de multiples négociations avec ses partenaires, le comité organisateur avait réussi à assainir la situation et s’était donné une année pour préparer la troisième édition. Le retour de la manifestation était donc très attendu, mais son avenir dépend des bénéfices de ce week-end. «Mais si le résultat des finances est positif, il y a de très très très fortes chances que l’on fasse une quatrième édition l’année prochaine», confie le président de Fest’Y’Rives.

 

Animations, buvettes et foodtrucks en plein air

 

L’Antidote festival, ce n’est pas uniquement des concerts payants. Chaque jour, entre les représentations sur la scène de La Marive, le public a pu admirer la grâce des danseuses de l’école de pole dance Pole-Emotion. Une petite pause de poésie a été amenée par la Compagnie Makadam, avec sa performance de cirque tout en souplesse et dotée d’une pointe d’humour. Dès la nuit tombée, un spectacle de feu a émerveillé les visiteurs. Certains ont certainement ressenti quelques frissons lors de la démonstration de vélo trial de Ramdam.

 

En quelques chiffres

 

125 000 En francs, soit le budget alloué pour la troisième édition de l’Antidote festival. A noter que c’est près de 55 000 francs de moins qu’en 2015.

3000 Comme le nombre approximatif de l’ensemble des festivaliers qui sont venus à Yverdon-les- Bains vendredi et samedi.

1000 Billets, environ, ont été vendus sur les deux jours de la manifestation.

900 C’est l’estimation du nombre de personnes présentes le premier soir, lors du concert de Soldat Louis.

800 Personnes environ se sont retrouvées devant la scène de La Marive, samedi soir, pour écouter le groupe français Superbus.

 

Soldat Louis a embarqué le public sur son navire

 

Gary Wicknam (à g.), alias Renaud Detressan, et Soldat Louis, de son vrai nom Serge Danet. ©Carole Alkabes

Gary Wicknam (à g.), alias Renaud Detressan, et Soldat Louis, de son vrai nom Serge Danet.

L’Antidote festival a ouvert les feux, vendredi soir, avec en tête d’affiche, le groupe de rockeurs au cœur de pirate Soldat Louis. Durant deux heures, cette bande de Bretons a mis une incroyable ambiance à La Marive. Après seulement quelques morceaux, le public a été emporté loin de la scène yverdonnoise pour naviguer avec les matelots dans l’âme. De ligne en ligne, la salle toute entière s’est mise à tanguer au rythme des musiciens. Rencontre avec le chanteur de Soldat Louis, Serge Danet, et son acolyte auteur et compositeur Gary Wicknam, de son vrai nom Renaud Detressan. Avec leur équipage français, ils ont échangé leur bateau pour un bus de tournée et parcourent l’Europe et le Canada depuis plus de 29 ans.

 

Vous parlez beaucoup des marins dans vos chansons, d’où vous viennent ces idées ?

Renaud Detressan (RD): Nous venons d’une ville portuaire qui s’appelle Lorient, en Bretagne, et c’est vrai que durant toute notre enfance, nous avons été bercés par les histoires autour de la mer. Je suis fils de pêcheur, j’ai été docker durant une année et j’ai lu beaucoup de romans sur ce thème aussi, donc je connais assez bien le sujet. Je m’inspire de la vie de mon enfance et de mes amis pour écrire les textes des chansons.

Serge Danet (SD): Notre musique, c’est un petit peu notre façon de naviguer sur l’océan, quand bien même nous vivons la plupart du temps dans notre bus, sur la route.

 

Avez-vous déjà manœuvré avec un bateau ?

SD : Oui, j’ai un voilier de 7,5 m de long. J’aime le prendre pour aller m’éclater en mer, mais c’est assez rare que j’en aie le temps.

 

Faute de naviguer, vous parcourez les routes pour donner des concerts, est-ce que ces voyages vous inspirent ?

RD : Oui, notre prochain album, c’est d’ailleurs une sorte de récapitulatif de nos tournées. Et il y a même deux phrases sur les Suisses dans une des chansons, qui s’appelle «30 ans déjà». Je pense que le public d’ici va vite les repérer.

 

Quel lien entretenez-vous avec le public nord-vaudois ou suisse ?

SD : Ah, c’est une vielle histoire. Notre premier concert, c’était en 1988, à Leysin. Et depuis, on reconnaît certaines têtes qui nous suivent. Ce qui est génial, c’est qu’il y en a qui reviennent après avec leurs enfants et ils leur apprennent les paroles. Le public fait partie de la vie de Soldat Louis, et inversement.

 

Qu’est-ce que ça vous fait de venir à Yverdon-les-Bains ?

SD : C’est un vrai plaisir. C’est vraiment génial quand on voit le public reprendre en cœur nos chansons. Vivre de sa passion, c’est quelque chose de magnifique.

Enregistrer

Christelle Maillard