Logo

Lars Schnyder pose le pied au sol

3 octobre 2019 | Edition N°2594

Le Bavoisan met fin à sa carrière après dix années consacrées au vélo et donnera de son temps à la relève.

«Les chiffres font bien les choses.» Classé 30e de la 30e édition du Grand Raid, Lars Schnyder a mis fin à sa carrière à haut niveau dans le cyclisme à la fin du mois d’août dernier au terme d’une épreuve mythique bouclée en 7h11. «Je suis vraiment content, car il peut se passer tellement de choses sur le vélo durant tout ce temps. Au final, tout s’est déroulé parfaitement, avec beaucoup de tronçons que je n’avais jamais parcourus aussi vite. J’ai pris du plaisir, profité de l’instant.» Tout pour combler le géant d’1m96.

Une décennie d’efforts

À 26 ans, après sept années dévolues à fond au cyclisme sur route, puis trois autres au VTT – la discipline dans laquelle il avait donné ses premiers coups de pédale –, le Bavoisan a décidé de consacrer l’essentiel de son temps à ses autres activités. Retourné aux études, à la Heig-VD, Lars Schnyder assume aussi la présidence du VC Orbe depuis une année, alors qu’il est depuis longtemps intendant du château de son village.

Il avait déjà hésité à poser le vélo en fin d’année dernière. Mais, tombé malade une semaine avant le Grand Raid, il n’avait pas pu défendre ses chances honorablement, et il ne voulait pas s’en aller sur une déception. «Ma saison 2018 a été compliquée. J’aurais même compris que mon équipe, Team Papival Bergamont, ne me conserve pas. Elle m’a gardé – j’en suis vraiment reconnaissant, tout comme envers tous ceux qui m’ont soutenu pour que je puisse rouler durant toutes ces années –, et j’ai pu m’élancer encore une fois sur le Grand Raid.» Avec le succès escompté et le sentiment du devoir accompli.

Le Nord-Vaudois n’est pas passé loin de pouvoir décrocher un contrat professionnel lorsqu’il évolulait sur route, notamment durant les années 2014 et 2015. Il n’a pas eu cette chance, comme beaucoup d’autres. «Je sais pertinemment que certains de mes coéquipiers d’alors, qui avaient plus de talent que moi, ne sont pas arrivés non plus à aller plus haut», tranche-t-il, avec réalisme et maturité.

Pour lui et pour la jeunesse

Son retour au VTT lui a permis de retrouver ses premières amours et de, cette fois, véritablement faire l’effort pour lui-même. Une étape de trois ans qu’il a appréciée, alors que l’heure est venue de voir autre chose et, surtout, de passer le témoin. «Je vais bien sûr continuer à rouler et m’inscrire à quelques courses moins habituelles pour le plaisir. Je vais aussi faire du guiding à vélo pour Ride Switzerland, partager tous les beaux endroits que je connais et transmettre mes connaissances», lance-t-il.

Lars Schnyder compte également donner de son temps à la relève du VC Orbe en VTT. «C’est quelque chose que je souhaite faire depuis longtemps, qui me tient à cœur. J’aimerais aussi amener ces jeunes à commencer la compétition. C’est un challenge personnel.»

Une nouvelle page s’ouvre pour le géant bavoisan, dans laquelle il trouvera plus de place pour lui, ses études et le club, dont le jeune comité fourmille d’idées à développer, comme l’amélioration du VCO Challenge lancé en début d’année. Lars Schnyder n’a pas fini de donner des coups de pédale pour avancer.

Manuel Gremion