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L’auberge des soignants

18 mai 2020 | Edition N°2733

Yvonand – Le patron de l’Hôtel de Ville a donné les clés de son enseigne aux établissements hospitaliers du Nord vaudois durant le confinement. Une action appréciée, même si elle n’a pas été pleinement exploitée.

«Je n’ai passé qu’une nuit dans votre hôtel, mais je tiens à vous exprimer toute ma gratitude pour votre geste.» Ce message, envoyé par une employée des établissements hospitaliers du Nord vaudois (EHNV), fait la fierté d’Alfonso Montone. C’est que depuis le 30 mars, le patron de l’Hôtel de Ville d’Yvonand a mis à disposition du personnel soignant plusieurs chambres de son auberge. L’initiative a pris fin la semaine passée, puisque l’activité hôtelière normale de l’établissement reprend dès aujourd’hui. Les derniers hôtes ont donc quitté le site tapa-sabllia jeudi dernier.

Deux chambres à la disposition des EHNV

Concrètement, Alfonso Montone a remis les clés de deux de ses chambres à l’hôpital yverdonnois, qui pouvait en disposer à sa guise. «Après, ils se sont débrouillés entre eux», explique-t-il. Pour bien séparer cette initiative solidaire de l’activité traditionnelle de l’hôtel, aucun service n’a été mis en place.

Le directeur n’habitant pas dans le village, il a pu compter sur le soutien de Françoise Guilloud, propriétaire de l’Hôtel de la Gare situé juste en face. Celle-ci intervenait notamment lorsqu’un problème de clés survenait. Cependant, malgré le nombre élevé de frontaliers travaillant dans le domaine de la santé, peu de personnes ont passé la nuit à l’Hôtel de Ville. «Ils étaient entre quatre et six au total, et ils se relayaient dans les deux chambres, indique le patron. Je m’attendais à en accueillir plus. Mais je suis déjà heureux d’avoir pu apporter un modeste soutien durant cette crise.»

Dispositions déjà prises à l’interne

Pour Loïc Favre, responsable de la Communication aux EHNV, le nombre peu élevé de personnel soignant ayant profité de l’initiative d’Alfonso Montone s’explique notamment par les dispositions déjà prises par l’établissement hospitalier. «Les aides qui nous ont été proposées, à l’image de la proposition d’hébergement de l’Hôtel de Ville d’Yvonand, nous ont bien évidemment beaucoup touchés, déclare-t-il. Mais nous avons finalement eu peu de besoin de logements pour nos collaborateurs, ceux-ci ayant principalement été redirigés vers notre site de Saint-Loup, à Pompaples.»

Massimo Greco