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Le dernier été de Maguy à La Casba

13 août 2014

Après deux ans d’attente, Marguerite Jaccard a trouvé des acheteurs. Elle vendra le mythique refuge de Sainte-Croix cet automne.

Depuis 2001, Maguy s’occupe du refuge La Casba, avec son inséparable Sandy, pour servir promeneurs et skieurs.

Depuis 2001, Maguy s’occupe du refuge La Casba, avec son inséparable Sandy, pour servir promeneurs et skieurs.

C’est à quelques minutes de marche des Avattes, caché aux pieds des sapins, que se trouve le mythique refuge de Sainte-Croix La Casba. Avertie de l’arrivée des promeneurs par les aboiements de Sandy, un labrador de 7 ans, Marguerite Jaccard, plus connue sous le nom de Maguy, sort de sa cuisine pour accueillir chaleureusement les visiteurs.

La Sainte-Crix de 67 ans passe actuellement son dernier été dans le refuge situé à plus de 1400 mètres d’altitude. En vente depuis deux ans, elle a finalement trouvé des repreneurs pour La Casba.

«Le contrat sera signé cet automne, mais les futurs propriétaires ont déjà fait une promesse de d’achat-vente et ont payé un acompte», explique Maguy. C’est un couple de Savigny qui devrait reprendre, d’ici le 1er décembre, la gérance du célèbre chalet, où se réchauffent les passants depuis 1902.

«Une page va se tourner»

Maguy fait de délicieuses tartes.

Maguy fait de délicieuses tartes.

«Je serais là jusqu’à fin novembre », assure la propriétaire, qui pourra ensuite profiter de sa retraite.

Elle appréhende tout de même le moment de remettre les clés et ne parvient pas à parler de ce qu’elle fera sans son refuge. Depuis 2001, Maguy fait jusqu’à dix-huit délicieuses tartes par jour, sert des fondues, de la soupe aux pois, des röstis et partage de bons moments avec les promeneurs et les skieurs, qu’ils soient de passage ou des habitués des lieux. «Il m’arrive de stresser dans ma cuisine, mais il n’y a pas un jour où je n’ai pas envie de venir travailler», confie-t-elle. Le travail n’est pourtant pas facile : c’est elle qui monte tous les stocks de nourriture et de boissons jusqu’au refuge. Pour transporter ses dizaines de kilos de fromage, de patates et de vin, elle utilise sa voiture 4×4 en été et le ratrak durant l’hiver. «Il m’est arrivé de perdre des paquets de fondue sur le chemin enneigé, se souvient- elle en rigolant. C’est toute une histoire La Casba, une page va se tourner.»

Depuis 2001, le refuge a été rénové avec soin. Le plancher a été refait, tout comme la toiture et les salles. L’eau chaude a été installée dans la cuisine, ainsi que l’électricité. «Et la plus belle chose que j’ai installé ici, c’est le lave-vaisselle professionnel », précise-t-elle.

Des promeneurs français font une pause sur la terrasse de La Casba.

Des promeneurs français font une pause sur la terrasse de La Casba.

Alors que les ampoules électriques éclairent la cuisine et la cave, ce sont toujours des lampes à gaz qui illuminent les salles à manger, alors que le petit fourneau à bois chauffe le lieu. Malgré les rénovations, le charme du refuge persiste. Des projets pour La Casba, Maguy en a encore des tas. «Je ne pourrai malheureusement pas tout faire», indique-t-elle avec regret.

En attendant la période de la chasse et le début de sa retraite, Maguy accueille les promeneurs, qui, malgré le mauvais temps, profitent de la nature et s’arrêtent, le temps d’un repas, d’un thé ou d’un apéritif dans le refuge historique qu’est La Casba.

Muriel Aubert