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Le Grand Hôtel attend une bouée

2 juillet 2012

Au terme d’un exercice 2011 désastreux sur le plan financier, le bateau amiral de l’hôtellerie yverdonnoise a plus que jamais besoin d’un investisseur fiable et solide.

Olivier Kernen, président de Grand Hôtel des Bains S.A., avec Nadine et Peter Traber, respectivement directrice marketing et directeur.

Le thermalisme yverdonnois a besoin d’une bouffée d’air frais, et d’un investisseur prêt à s’engager sur le long terme. Après le Centre thermal (La Région Nord vaudois de lundi dernier), le Grand Hôtel des Bains a présenté vendredi dernier son bilan 2012 aux actionnaires. Un bilan sans surprise puisque le principal -la Ville d’Yverdon-les-Bains détient près des deux tiers du capital- est, depuis de long mois, parfaitement au courant de la situation.

La Ville, a révélé Olivier Kernen, président du conseil d’administration de Grand Hôtel des Bains S.A., a été appelée à intervenir l’automne dernier auprès de la banque pour que l’établissement puisse affronter une crise de liquidités.

Le soleil et la pluie

L’année 2011 a en effet été contrastée avec un premier semestre bon, dans la ligne du redémarrage des affaires enregistré en 2010. Mais dès l’été, la chute a été vertigineuse, avec une baisse de la fréquentation de quelque 30%. Sur l’ensemble de l’exercice, la diminution du nombre des nuitées se situe au-dessus de 15%. Directeur du Grand Hôtel des Bains, Peter Traber relève que le temps de réaction, dans le cadre du respect des normes contractuelles, a fait que la réduction du nombre de postes de travail (huit) n’a pu opérer ses effets immédiatement.

La cascade

Un malheur n’arrivant jamais seul, les équipes de football qui appréciaient la qualité de l’établissement l’ont boudé, lui préférant l’Autriche. Un choix influencé aussi par le franc fort. Autre élément négatif, la coupure de la circulation sur l’axe avene des Bains-route de Lausanne, en raison de la réfection du pont de Pomy. La clientèle de passage, qui tombe «par hasard» sur le Grand Hôtel peu après la sortie de l’autoroute, n’a pas eu cette opportunité.

A l’heure de commenter les chiffres, Peter Traber, directeur, déplore bien évidemment le résultat d’un exercice qui se traduit par une perte de 593 000 francs, contre 51 000 francs en 2010, le chiffre d’affaires affichant 5,6 millions de francs, contre 6,7 millions en 2010 (-15,9%).

Le résultat d’exploitation, avant intérêts et amortissements, se chiffre 388 905 francs, en recul de 59,4% par rapport à l’exercice précédent. Le bilan enfin affiche 19,8 millions de francs (20,4 millions en 2010).

 

«Wellness» nécessaire

A l’heure où le Grand Hôtel des Bains aurait besoin d’être relancé, l’absence de centre de «wellness» se fait cruellement sentir. Ce projet, lancé il y a plusieurs années, s’est englué dans les méandres de la procédure. Aujourd’hui, il est prêt, mais il faut cinq millions de francs pour le construire. L’établissement n’a pas vraiment le choix. Quelque 700 000 francs ont été dépensés dans des études. Si elles n’aboutissaient pas, il faudrait alors rembourser ce montant accordé par le Canton au titre de la Loi sur l’aide au développement économique (LADE). Autant dire qu’il vaut mieux aller de l’avant.

 

La Ville appelée à mettre la main au portefeuille

Dépenser pour un mieux

Actionnaire principal du Cité des Bains S.A. (Centre thermal) et de Grand Hôtel des Bains S.A., la Ville d’Yverdon-les-Bains est aujourd’hui confrontée à des choix. Douloureux pour ceux qui, aujourd’hui encore, pensent que le thermalisme, fer de lance du tourisme, doit rester en mains communales.

On ne le répétera jamais assez, la Ville ne pourra faire face aux dizaines de millions d’investissements qui l’attendent, sans trouver des partenariats là où c’est possible. A l’évidence, le thermalisme est un des domaines possibles d’ouverture. Mais quel partenaire sera disposé à investir des dizaines de millions de francs (20 à 30 pour le seul Centre thermal) sans en avoir la maîtrise?

Dans l’immédiat, la Ville devra, avec un certain degré d’urgence, dépenser quelque 5 millions de francs dans les installations techniques des Bains.

Au Grand Hôtel aussi, il faudra assumer les coûts de travaux d’entretien indispensables. Pour offrir à la «mariée» les atouts qui la rendront séduisante aux yeux des investisseurs prêts à lui assurer une vie de reine.

 

Isidore Raposo