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Le loup a sévi en décembre à Suchy

8 janvier 2014

Le prédateur qui s’est attaqué à des moutons à Corcelles-sur-Chavornay a aussi tué des brebis de l’élevage de Christian Porchet, à Suchy.

Christian Porchet se fait du souci pour l’avenir. La cohabitation avec le loup s’annonce difficile.

Christian Porchet se fait du souci pour l’avenir. La cohabitation avec le loup s’annonce difficile.

Le loup est non seulement entré dans le district Jura- Nord vaudois (La Région Nord vaudois d’hier), mais il a pénétré fortement à l’intérieur du territoire il y a un mois déjà. En effet, des moutons ont été attaqués à Corcelles-sur-Chavornay et à Suchy. Dans ces deux cas, l’implication du prédateur est avérée.

A 300 mètres du village

Eleveur à Suchy, Christian Porchet témoigne : «C’était il y a un mois. J’avais un troupeau d’une centaine de bêtes dans un parc à 300 mètres du village. Un matin, j’ai découvert qu’elles avaient été attaquées. Deux étaient irrécupérables et une autre sérieusement blessée. Mais je vais devoir l’abattre.»

A la veille de Noël, lors de la tonte, l’éleveur a constaté que d’autres bêtes avaient été touchées, mais les blessures n’étaient alors pas visibles.

Lorsqu’il est arrivé près du parc, Christian Porchet a constaté que ses bêtes étaient paniquées et regroupées : «Cela a encore duré une dizaine de jours. On voyait qu’elles n’étaient pas tranquilles.» Après cet incident, l’éleveur a averti la Conservation de la faune et des prélèvements ont été effectués à des fins d’analyse.

Seul un chien

L’éleveur de Suchy peut compter sur la collaboration d’un patou pour protéger son troupeau. Mais le jour où le loup a sévi, le chien se trouvait avec des moutons dans un autre parc.

Christian Porchet se dit inquiet pour l’avenir : «On ne va tout de même pas construire des parcs pour les éléphants. Et concernant les chiens, c’est très réglementé.» Dans son for intérieur, l’éleveur de Suchy préférerait que le loup s’en aille ailleurs : «Le problème, c’est qu’on est les uns sur les autres. Le territoire est fortement occupé. Nous sommes déjà trop au kilomètre carré.»

A Champagne aussi Suite à l’annonce de présence du loup dans notre région, un lecteur nous fait part de son témoignage : «Le mois dernier, mon épouse m’avait raconté avoir vu un loup près de la route entre Champagne et Fontaines.

Je n’y croyais pas et je pensais que cela devait être un chien… Mais maintenant, je dois croire qu’elle avait bien vu un loup !» Ce témoignage a d’autant plus de valeur que la présence du prédateur -il s’agirait du même animal qui a agi à Corcelles- sur-Chavornay et à Suchy- a été signalée sur le massif proche du Mont-Aubert.

 

Marie-Anne Crestin-Billet a vu et photographié le loup samedi dernier

«Une des plus belles rencontres de ma vie»

Malgré la qualité du document, il s’agit bien d’un loup, sans doute le même qui a été aperçu lundi de l’autre côté du village des Charbonnières.

Malgré la qualité du document, il s’agit bien d’un loup, sans doute le même qui a été aperçu lundi de l’autre côté du village des Charbonnières.

«Une des plus belles rencontres de ma vie !» Marie-Anne Crestin-Billet a non seulement été charmée par sa rencontre avec le loup, mais elle a été franchement séduite. Elle qualifie d’ailleurs ces cinq minutes d’observation de «cadeau de l’univers ». Cette rencontre inopinée avec le prédateur s’est produite samedi dernier, aux environs de 17h15, aux Charbonnières : «J’attendais le train en compagnie d’une autre personne à la gare des Charbonnières pour aller à Vallorbe. Il était posté sur la bosse en face, à gauche du tremplin de saut, à une distance que j’évalue à 200 m. La nuit tombait. On ne s’attend pas à voir un tel animal.

J’avais un doute, c’était un chien ou un loup ? Il avait clairement l’allure d’un animal sauvage, pas d’un chien. D’ailleurs, lorsque je l’ai appelé comme on aurait appelé un chien, il est parti immédiatement. Mais c’était un vrai cadeau d’avoir pu l’observer. J’avais envie de retourner le lendemain matin pour voir les traces, mais il avait neigé.»

 

En bref

Ralph Manz de KORA Vingt loups en Suisse Selon Ralph Manz, responsable du programme loup à KORA, l’organisation en charge de l’écologie des carnivores et la gestion de la faune sauvage, il y aurait vingt loups en Suisse. La première meute -une dizaine d’individus- est établie dans le massif de Calanda, près de Coire (Grisons). Deux autres loups, le mâle M 20 dans l’Entlebuch/Emmental, et la louve F 5, qui évolue dans la région comprise entre le Jaun, le lac Noir et le Simmental, vivent en Suisse depuis 2009. Les autres sont dispersés dans le pays. Le loup observé dans le Nord vaudois n’a pas encore reçu le nom de code attribué par les spécialistes.

Isidore Raposo