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Le monde imaginaire de Mélissa Pollien

10 décembre 2012

Mélissa Pollien, quatorze ans, était en séance de dédicace à la Librairie Payot. Rencontre avec une auteur hors du commun, les pieds bien sur terre, mais un talent indéniable.

Mélissa Pollien commence à être habituée aux séances de dédicaces, elle qui a déjà vendu plus de 400 exemplaires du «Royaume de Langrovika».

Nom de l’auteur: Mélissa Pollien. Domicile: Villars-le-Terroir. Age: quatorze ans. Activité quotidienne: élève de 9e année au Collège des Trois-Sapins, à Echallens. Nom de son premier ouvrage: «Le Royaume de Langrovika». Ventes au 10 décembre 2012: entre 400 et 500 exemplaires.

Si bien des auteurs attendent quelques années avant d’être publiés (et sans même parler de vendre des ouvrages au-delà du cercle familial…), Mélissa Pollien, elle, n’a pas eu à attendre, et accueille son succès avec une immense humilité, une éducation parfaite et un recul que l’on ne trouve pas forcément chez tout le monde. «Franchement, je n’arrive pas à y croire! Me dire que des gens achètent mon ouvrage, le lisent, en parlent… Déjà, qu’on en achète un seul, je trouvais cela magnifique. Alors 400!» Comment donc cette collégienne, certes douée en français, en est-elle arrivée à se faire publier par une maison parisienne?

Une histoire née d’un jeu

«Tout est parti d’un pari avec mon frère, qui est un peu plus âgé que moi. J’avais dix ans à l’époque et il m’avait mis au défi: nous devions chacun écrire une histoire et celui qui aurait écrit la meilleure aurait gagné!», sourit-elle aujourd’hui. L’anecdote aurait pu en rester au stade d’un jeu entre frère et soeur de Villars-le-Terroir, si Mélissa Pollien n’avait pas ressorti cette histoire de ses tiroirs deux ans plus tard. A l’âge de douze ans, donc, elle a décidé d’étoffer son récit et de le montrer à sa professeur de français, Mme Hilty. «Elle a tout de suite conseillé à mes parents de le proposer à une maison d’édition, en nous donnant une adresse. Pour nous, c’était totalement nouveau, nous n’étions pas du tout au courant de ce qu’il fallait faire dans le monde de la littérature, ni comment…» Mélissa envoie donc la première version de son «Royaume de Langrovika» («Pourquoi ce nom? Je l’ai trouvé tout de suite, il est venu comme ça, instantanément!») à des éditeurs… et reçoit un jour une lettre en retour! «C’est mon frère qui me l’a tendue, je ne vous dis pas dans quel état j’étais! Lorsque je l’ai ouverte, c’était les Editions Elzévir, à Paris, qui étaient d’accord!»

Autre moment d’émotion, un peu plus tard, à l’heure de découvrir, pour la première fois, le livre en lui-même: «Ma maman avait caché le carton dans ma chambre. Quand je l’ai trouvé et que j’ai eu le livre dans les mains…» Il appartient désormais à ses lecteurs d’éprouver la même sensation.

 

La suite déjà en préparation

«Le Royaume de Langrovika» est un endroit imaginaire, que Mélissa est la seule à avoir pu faire vivre. Trois soeurs sont envoyées dans le monde merveilleux de Narthamarda, après avoir découvert le grimoire de Langrovika chez leur vieil oncle André. Trois jeunes filles bien de chez nous sont donc projetées dans un monde imaginaire, où les attendent des elfes, des dragons, des oiseaux magiques, des licornes, des êtres malféiques… et où la reine a été enlevée! S’ensuivent donc 210 pages d’aventures, qui ont séduit les Editions Elzévir, mais aussi les médias suisses. La télévision suisse romande RTS est ainsi venue tourner un sujet sur la jeune fille, lequel sera bientôt diffusé sur ses ondes. «Le Royaume de Langrovika» est plutôt destiné à un public d’adolescents, à l’image de la série des «Harry Potter», que Mélissa ne cache pas avoir apprécié.

«Mon éditeur ne m’a mis aucune pression, mais je suis déjà en train de préparer le deuxième tome. Dans l’idéal, j’aimerais en écrire trois.» Mélissa Pollien ne semble pas être décidée à s’arrêter en si bon chemin, mais le moteur de sa passion n’est pas à trouver dans la gloire: «Lorsque je n’aurai plus de plaisir à écrire, j’arrêterai, mais là, ce n’est pas encore le cas.» Ecrire, encore et toujours, à la main, sur l’ordinateur… et même sur son natel: «Lorsque j’ai une bonne idée pendant un cours, je l’écris sur mon natel», sourit-elle, un brin canaille. Ce n’est pas sa professeur de français qui lui fera une remarque…

Timothée Guillemin