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Le Nord vaudois voit la vie en vert

21 octobre 2019 | Edition N°2606

Elections fédérales – Le parti écologiste a réalisé un gros coup en remportant 17 sièges supplémentaires au Conseil national, selon les estimations d’hier à 20h de la RTS. Elle progresse de 8% dans le nord du canton.

L’après-midi vient de débuter à Lausanne, mais c’est déjà l’euphorie chez les Verts, qui comptabilisent plus de 5% de voix supplémentaires par rapport aux dernières élections. Et les grandes villes, traditionnellement plus favorables au parti, n’ont pas encore voté…

À 14h20, les écolos ne sont pas nombreux dans leur quartier général, situé à deux pas de la gare. Cela tombe bien, une candidate particulièrement attendue doit bientôt arriver. Accompagnée d’une délégation de Jeunes Verts, la candidate au Conseil des états Adèle Thorens Goumaz fait son apparition, sous les applaudissements de ses collègues. Il faut dire que la Lausannoise réalise un départ canon et se trouve régulièrement devant Ada Marra, son alliée socialiste. «Je suis très heureuse de voir que les préoccupations que la population a exprimées dans la rue se sont transformées en vote aujourd’hui (ndlr: hier), annonce la candidate, avant de mettre en avant le résultat des Jeunes Verts vaudois, aussi excellent que celui du parti traditionnel (lire encadré). C’est à ces jeunes que l’on doit dédier la victoire verte! C’est pour leur avenir que l’on s’engage.»

Le quatrième parti du pays

Lausanne, Adèle Thorens (au centre) entourée par les jeunes verts vaudois, dont plusieurs candidats du cru. © CArole Alkabes

Outre des résultats globalement très bons dans le canton de Vaud et dans tout le pays, les Verts ont réalisé une performance exceptionnelle dans le Nord vaudois, où ils réalisent plus de 18% des voix pour le national, contre 10% en 2015.

À Yverdon-les-Bains, Adèle Thorens Goumaz se paie même le luxe d’être la candidate au Conseil des états la plus votée. «C’est incroyable pour notre ville, s’exclame Carmen Tanner, municipale de la Cité thermale. Tout le monde a sous-estimé la vague verte, même nous!»

Mais comment expliquer ce résultat? Pour Carmen Tanner, c’est le fruit de deux phénomènes: «Premièrement, la question climatique a été mise à l’agenda politique, ce qui est nouveau. Or, qu’on le veuille ou non, nous restons le parti de référence sur ce sujet. Ensuite, il y a ce qu’on peut appeler «l’effet femmes». Dans une année très importante pour l’égalité des sexes, nous avons proposé une liste avec le même nombre de femmes et d’hommes, ce qui a été apprécié par la population», estime la municipale. Avant d’avertir ses adversaires: «On s’approche du début de la campagne pour les élections communales. Si j’étais un élu PLR ou UDC, je me ferais du souci.»

«Plus chauds que le climat»

Au fil de l’après-midi, les sympathisants verts affluent dans le stamm lausannois. Tous sont conscients de l’exploit réalisé par le parti. À 18h, les estimations nationales tant attendues de la RTS tombent. Les Verts passent à 27 sièges pour la chambre basse et deviendraient le quatrième parti du pays, devant le PDC. «On est plus chauds, plus chauds que le climat!» entonnent les Jeunes Verts, fous de joie. Il ne manque plus que le résultat officiel du canton de Vaud pour terminer la soirée en beauté. Et celui-ci ne déçoit pas les écologistes: Adèle Thorens Goumaz remporte le 1er tour des élections au Conseil des états et devient ainsi la favorite dans cette course à la chambre haute.

 


Les Jeunes Verts vaudois plébiscités

Sur les traces de leurs aînés, les Jeunes Verts vaudois (JVVD) ont réalisé une campagne exceptionnelle. Ces derniers ont même frôlé un siège au Conseil national. Dans le district du Jura-Nord vaudois, les JVVD s’imposent comme le cinquième parti, devant le PDC et les Vert’libéraux, pourtant en forte augmentation.

Il faut dire que les Nord-Vaudois étaient nombreux sur la liste, avec six membres sur 19. Parmi eux, Paul Camille Genton: «On a mis en pause nos vies et ce résultat vient primer ce travail, affirme le jeune de 25 ans. Je pense qu’on peut le dire: c’est historique.» Et avec à peine moins de 5%, la section «jeunes» pourrait viser plus haut. «Avec un tel score, je pense qu’on peut présenter une liste pour le Grand Conseil vaudois», estime Paul Camille Genton.

À noter que dans certaines communes, la liste s’est hissée à plus de 12%, devant le parti traditionnel, comme c’est le cas à Mathod, où le jeune Vert Théophile Schenker est municipal. Preuve de la force des personnalités sur lesquelles le parti a misé.  M. Go

 

 

Massimo Greco