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Le Prix Panathlon récompense la cheffe de l’orchestre Acrogym

20 janvier 2012

Gymnastique  –   Chorégraphe du groupe nord-vaudois qui a enflammé la World Gymnaestrada l’été dernier, Myriam Bertholet-Laala a été distinguée par le club-service yverdonnois. Une belle reconnaissance pour un travail de quatre ans, qui a abouti sur un spectacle réglé comme du papier à musique.

De gauche à droite, Daniel Jaccard, Myriam Bertholet-Laala, Denis Roux et Michel Jaton.

Seuls les auteurs de talent savent «pourquoi». Pourquoi cette note, ce silence. Pourquoi cette virgule, cette tirade, pourquoi ce suspense. La plupart des gens ne peuvent qu’apprécier le résultat final, s’extasier devant l’harmonie qui se dégage d’une oeuvre réussie. En choisissant, mardi dernier, de décerner le Prix Panathlon à Myriam Bertholet-Laala (33 ans), le club-service yverdonnois a récompensé celle qui, lorsque 3500 personnes applaudissait le groupe nord-vaudois Acrogym lors de la World Gymnaestrada, savait «pourquoi». Pourquoi ce mouvement, pourquoi à ce moment précis, pourquoi elle, et pas lui.

Après une présentation de la lauréate assurée par Daniel Jaccard, les membres du Panathlon-Club d’Yverdon ont eu l’occasion de voir -ou de revoir- le spectacle qu’elle a chorégraphié pour la grande manifestation lausannoise de l’été. Et d’imaginer l’ampleur du travail que sa création a nécessité. Quant à Myriam Bertholet-Laala, elle avoue avoir été gagnée par l’émotion devant les images, les bons souvenirs des quatre ans qui ont précédé les quelques représentations lui revenant en mémoire.

Aucune improvisation

«C’est incroyable de voir tous ces gymnastes effectuer sans broncher ce qu’on a imaginé seul, devant sa feuille, à 4 heures du matin», glisse-t-elle, avec le sourire qui ne semble jamais quitter son visage. Vertige du compositeur qui voit son oeuvre passer de la théorie à la pratique, de son esprit à une représentation publique. La place laissée à l’improvisation? «Aucune, tranche-t-elle. Tout est écrit, construit, appris.» Tout est réglé comme du papier à musique, tout s’articule selon les plans de la cheffe d’orchestre.

Pour autant, Myriam Bertholet-Laala insiste sur le fait qu’elle n’a été qu’un des maillons de la chaîne Acrogym. L’aventure a été rendue possible par un comité, onze moniteurs et, bien sûr, de nombreux gymnastes. 140 au départ, sélectionnés pour faire partie du groupe, 130 dans la production finale. Cela donne une idée de l’ambition du projet. «Nous avons revendiqué un bloc complet, soit de douze à quinze minutes de performance, complète Daniel Jaccard, qui présidait Acrogym. Normalement, chaque groupe présente trois ou quatre minutes de production, et plusieurs s’associent pour un bloc.» De quoi imaginer la tâche titanesque à laquelle se sont astreint les Nord-Vaudois, à commencer par la chorégraphe. Et dire que l’aventure a démarré sur une boutade. «Nous étions en train de manger une glace en arrivant à Bâle, pour la Fête fédérale de gymnastique, en 2007. J’ai dit que ça me plairait bien de monter une production pour Gymnaestrada. Et on m’a prise au sérieux.»

Cirque du Soleil

Quand on lui demande d’où lui vient son goût pour la chorégraphie, un plaisir depuis dix ans, elle hausse les épaules. «Tout ce que je sais, c’est qu’à partir d’une musique, je peux monter une production, glisse-t-elle. Bien sûr, j’aime la gymnastique, je suis monitrice depuis longtemps, et j’aime aussi les spectacles, comme ceux du Cirque du Soleil, par exemple, qui sont d’un niveau impressionnant, auquel on ne peut pas se comparer.»

D’ailleurs, que peut-on chorégraphier, après avoir monté une production de plus de douze minutes pour Gymnaestrada? «J’ai repris le groupe des actifs-actives des Amis-Gymnastes d’Yverdon, pour essayer d’aller chercher un titre de champion suisse, mais c’est très convoité, ce sera difficile.» Et le Cirque du Soleil? Myriam Bertholet-Laala, mariée et maman de deux enfants, rigole. «Si j’étais célibataire sans enfant, cela pourrait m’attirer, mais j’aime trop ma vie telle qu’elle est ici.»

 

Changement de président à la tête du Panathlon-Club d’Yverdon

Lors de l’assemblée générale qui a précédé la remise du Prix Panathlon, le club-service yverdonnois a changé de président. Michel Jaton (à gauche sur la photo) a passé le relais à Bertrand Carrard, d’Yvonand. Jusqu’ici, ce dernier occupait le poste de vice-président. Par ailleurs, les deux hommes ont en commun le fait de venir du handball. Le Panathlon-Club d’Yverdon est assurément entre de bonnes mains!

Lionel Pittet