Le retour des géants dorés
8 juillet 2025 | texte : Christiane Baudraz Photo : SSL Gold CupEdition N°3973
La SSL Gold Cup prépare sa deuxième édition au large de Grandson.
Après une édition inaugurale marquante, en 2023, couronnée par la victoire historique de la Hongrie, la SSL Gold Cup (véritable Coupe du monde des nations en voile) prépare sa deuxième mouture.
Alors que 2024 a été une année de transition et de planification, les premières sessions d’entraînements viennent de démarrer au large de Grandson. Sous un soleil d’été torride, les bateaux monotypes SSL47 ont repris du service. Deux nations sont en rodage: l’Australie et l’Équateur (photo) ont ouvert le bal, peaufinant leurs manœuvres et réglages dans un format de confrontations amicales mais engagées. «Chacun doit trouver sa place. Les SSL47 sont des bateaux performants, avec une forme de navigation traditionnelle», explique Paul McKenzie, manager de l’équipe australienne.
Il a supervisé une nouvelle génération d’équipiers venus des classes de dériveurs, emmenée par un skipper de renom: Matt Wearn, double champion olympique en ILCA (Laser). «Pour nous c’est la première fois que nous naviguons ensemble. La majorité de l’équipage vient de la voile en solo, donc chacun pour soi. Là, c’est différent: nous devons aller ensemble vers un même but», commente le barreur australien.
Ce passage du solitaire au collectif est l’un des enjeux techniques majeurs dans une épreuve comme la SSL Gold Cup. Le travail sur la coordination, la communication et la synchronisation des manœuvres devient fondamental à bord de ces monotypes puissants. Et de poursuivre:«J’adore le principe du monotype. Cela enlève toutes les différences matérielles, il ne reste que le talent, la stratégie et le travail d’équipe. On passe toute la journée sur l’eau et on joue avec les différents régimes de vent. Cette semaine, on a été bien servis.» Des conditions tactiques et formatrices.
Le lac de Neuchâtel a offert un terrain d’entraînement riche en rebondissements. Si les Australiens semblent déjà bien rodés, les Équatoriens sont en phase d’apprentissage accéléré. John Birkett, de l’équipage équatorien commente: «Lors des dernières sélections, nous n’avions pas réussi à nous qualifier. Cette année, notre objectif est clair: une qualification. Nous progressons chaque jour. C’est clairement positif, l’équipe se soude. Le plan d’eau est intéressant: vents changeants, manœuvres fréquentes, beaucoup de rebondissements. C’est parfait pour apprendre vite. Si, dans le petit temps, nous sommes presque semblables, on a encore de la peine avec des vents plus soutenus. Mais nous apprenons vite.»
C’est un avant-goût d’une compétition de haut niveau. Le format de la SSL Gold Cup (une quarantaine de nations, éliminations directes, bateaux strictement identiques) impose une exigence technique maximale. L’adaptation aux conditions locales, le travail de groupe et la précision dans les manœuvres deviennent les clés de la performance. En Suisse, l’Australie affine déjà ses automatismes. L’Équateur, quant à lui, cherche encore ses marques, mais engrange une expérience précieuse. Les équipes ont jusqu’à l’automne pour se préparer à la prochaine échéance mondiale, les qualifications. Le compte à rebours est lancé. Que la meilleure équipe l’emporte!