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Le rêve canadien de Simon Le Coultre

28 décembre 2016 | Edition N°1901

Hockey – De retour au pays pour les Fêtes, le défenseur combier de 17 ans se livre sur sa nouvelle vie en Amérique du Nord et son épopée dans la meilleure ligue juniors du monde. Moments choisis.

Une semaine à la vallée de Joux, puis retour au Canada. Le quotidien de Simon Le Coultre est chargé ! ©Michel Duperrex

Une semaine à la vallée de Joux, puis retour au Canada. Le quotidien de Simon Le Coultre est chargé ! ©Michel Duperrex

Sourire en coin, casquette vissée sur la tête et sweat-shirt sur les épaules, Simon Le Coultre n’a pas changé. Décontracté, il déambule dans les travées de la patinoire du Sentier. A croire qu’il n’est jamais parti. Seuls ses yeux brillants et ses cernes naissantes trahissent le voyage long courrier de la veille. «Je viens tout juste d’atterrir, lâche le Combier de 17 ans. Hier (ndlr : l’entrevue a eu lieu la semaine passée), il faisait -31 degrés. Je n’ai pas l’impression que c’est la même saison ici.» Il faut dire que là où il vit, sur les côtes atlantiques canadiennes du Nouveau- Brunswick, l’hiver est déjà bien installé.

Drafté par le club des Wildcats de Moncton, à l’est de la province du Québec, l’ancien défenseur de Lausanne a fait ses bagages, l’été dernier, pour tenter l’expérience nord-américaine.

Un rêve éveillé. Son rêve à lui. Cette saison, il fait partie des quelques rares Suisses à avoir tapé dans l’œil des recruteurs de la Ligue de hockey juniors majeur du Québec (LHJMQ), la plus relevée et la plus prestigieuse des divisions juniors au monde.

Simon Le Coultre n’a pas tardé à s’acclimater à une nation qui vit au rythme du hockey sur glace. Et c’est peu dire. «On m’avait dit que ce sport était roi là-bas, narre le Nord-Vaudois. C’est bien plus que ça, c’est une véritable religion.» Une religion qu’il pratique pour le moins de manière assidue : «On joue en moyenne trois fois par semaine, des fois même à la suite. Il nous arrive de faire 17 heures de bus pour aller disputer une rencontre.»

De Sherbrooke à Shawinigan en passant par Québec et Gatineau, 18 équipes forment la LHJMQ, véritable incubateur à stars de hockey de demain. «Le niveau est extrêmement rapide et relevé, souligne le gaucher. Les enceintes sont gigantesques, les surfaces de glace sont les mêmes qu’en NHL. On joue devant 6000 ou 7000 spectateurs. C’est absolument incomparable au hockey juniors pratiqué en Suisse.» A côté de ses -nombreuses heures de glace, celui qui envisage de débuter une formation d’assistant en comptabilité suit également des cours d’anglais le matin : «On s’entraîne tous les après-midi. J’essaie donc de rentabiliser au mieux mes journées.»

Lanterne rouge au classement, les Wildcats de Moncton réalisent une saison en demi-teinte. Mais n’allez pas y voir une corrélation avec les prestations de Simon Le Coultre. Avec 32 matches joués depuis le début de la saison -il n’en a manqué qu’un-, l’arrière a gagné l a confiance de son entraîneur et peut se targuer de statistiques correctes. «Je suis content de moi», lâche-t-il.

Mais avec huit points au compteur, le défenseur offensif fait moins trembler les filets que par le passé. «Il faut dire que le style de jeu n’est pas le même qu’en Suisse, tranche le n°22. Les patinoires sont plus petites, il y a moins d’espace à la ligne bleue pour armer des tirs.»

Les formations juniors nord-américaines ne pouvant compter que deux joueurs étrangers dans leur rang, le Combier fait partie de la grosse trentaine de mercenaires à évoluer dans la LHJMQ. Parmi eux, quatre Suisses, dont le Haut-Valaisan Nico Hischier, qui pourrait faire ses premiers pas en NHL dès la saison prochaine. Un rêve que caresse évidemment aussi l’ancien joueur du HC Vallée de Joux, même s’il se laisse du temps pour le réaliser : «Je peux théoriquement évoluer encore trois ans en ligue juniors. J’espère taper dans l’oeil d’un recruteur et me faire drafter par un club d’ici-là. On verra, mais je pense avoir mes chances de percer.»

En attendant, Simon Le Coultre compte bien profiter de ses courtes vacances pour prendre du temps pour lui, à la Vallée, loin de l’effervescence nord-américaine. L’occasion, aussi, de passer Noël avec ses proches, avant de retourner au Canada. «Je n’aurai pas le temps de fêter la nouvelle année ici», sourit le Combier. Il est déjà reparti hier, s’est entraîné l’après-midi, avant de jouer, déjà, aujourd’hui. L’exemple, s’il en fallait un, de la place du hockey au Canada et dans le cœur de Simon Le Coultre.