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Le rêve olympique déçu des Rasses

10 août 2015

Balcon du Jura – Alors qu’ils s’étaient proposés pour organiser l’épreuve de biathlon des Jeux olympiques de la jeunesse 2020, les acteurs de l’économie et du tourisme ont dû déchanter. D’autres opportunités sont envisagées.

La réputation de Sainte-Croix/Les Rasses en matière de disciplines nordiques n’est plus à faire. © Jacquet -a

La réputation de Sainte-Croix/Les Rasses en matière de disciplines nordiques n’est plus à faire.

Deux sentiments semblent habiter les représentants des milieux touristique et économique du Balcon du Jura, quant au dossier des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) 2020, attribués à Lausanne, le 31 juillet dernier. Il y a, bien sûr, la satisfaction et les félicitations au comité d’organisation pour avoir gagné la course à cet événement sportif de grande ampleur, synonyme d’importantes retombées pour la capitale et le canton. Cependant, on ressent une certaine déception et, surtout, une envie de ne pas être oublié dans le cadre cette manifestation dans laquelle la région aurait aimé jouer un rôle en vue.

«Sainte-Croix/Les Rasses a l’espace nécessaire pour mettre en oeuvre un événement de ski de fond et de biathlon d’envergure. Nous l’avons, d’ailleurs, déjà communiqué au comité d’organisation des JOJ à l’annonce de la candidature lausannoise», précise Hugues Gander, député et président du Groupement des skieurs de fond des Rasses.

Jean-Franco Paillard, le syndic de Bullet, abonde: «Nous avons un bel historique en matière de ski de fond. La Mara fonctionne très bien, le Groupement des skieurs de fond des Rasses est dynamique, et nous avons des structures en place. Les Jeux olympiques d’hiver de 1994, dont les Lausannois avaient refusé la candidature, comprenaient un projet dans notre région», rappelle-t-il.

Un projet de centre nordique

L’aubaine aurait été d’autant plus belle que la création d’un centre nordique aux Cluds à l’horizon 2020 fait partie des objectifs annoncés par la Région d’Yverdon-les-Bains pour la destination Sainte-Croix/Les Rasses. «Ce projet est nécessaire, car il permettrait de désengorger Les Rasses. En l’associant aux Jeux olympiques de la jeunesse, il revêtirait un intérêt cantonal et pourrait ne plus rendre nécessaires les mesures compensatoires liées à la Loi sur l’aménagement du territoire. Sans oublier l’apport financier dont nous bénéficierions», explique Jean-Franco Paillard. Et de préciser: «Quoiqu’il arrive, le centre nordique ira de l’avant. Même si nous ne pouvons pas organiser d’épreuve sportive, nous avons bon espoir d’obtenir le soutien du Canton dans ce projet», commente-t-il.

Reste que le syndic de Bullet indique qu’il souhaite rencontrer prochainement ses collègues sainte-crix et l’ Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV), pour étudier les possibilités de participer, d’une manière ou d’une autre, à l’aventure olympique.

Nicolas Imhof, le chef du Service de l’éducation physique et du sport de l’Etat de Vaud, salue et souligne la «proactivité et l’enthousiasme des acteurs nord-vaudois» dans le dossier des JOJ. Il indique que les sites retenus sont le résultat d’une étude de faisabilité et d’une analyse d’opportunités. «Il a longtemps été question d’octroyer les sports de glace à Lausanne et toutes les autres disciplines aux Alpes vaudoises», tient-il à préciser.

L’atout du saut à skis

Le choix d’un troisième pôle regroupant la vallée de Joux (ski de fond) et les Tuffes/Prémanon (saut à skis, biathlon et combiné nordique) est, notamment, lié à la présence d’installations de saut à skis de l’autre côté de la frontière. «L’expérience nous a montré que les candidatures englobant le moins de sites avaient le plus de chances de l’emporter», explique-t-il.

L’organisation des JOJ étant désormais acquise, est-il possible que Sainte-Croix/Les Rasses se voie attribuer le biathlon? «C’est susceptible d’évoluer mais, à ce stade, j’ai dû mal à croire que nous allons faire exploser le nombre de sites. Nous allons nous pencher sur l’organigramme dans les mois à venir. Des animations seront prévues à différents endroits», conclut Nicolas Imhof. Une perspective qui a de quoi réjouir Dominique Faesch. La directrice du tourisme régional met, en effet, en avant la volonté du Nord vaudois de participer à «cet événement d’envergure, sympathique et motivant». «Il y a tout un programme culturel lié à la candidature», relève-t-elle.

Ludovic Pillonel