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Le sable, son terrain de jeu préféré

7 août 2018 | Edition N°2304

L’ancien champion de beach-volley Martin Laciga était l’une des têtes d’affiche des deux tournois internationaux organisé à Yverdon-les-Bains le week-end dernier.

Sur un terrain de beach-volley, où le filet est dressé à 2,43 m du sol, Martin Laciga, sa puissante carrure et son presque-double mètre (1m95) en imposent. Mais lorsque la hauteur du filet passe à 1,70 m, que son outil de travail devient une raquette et que la discipline se nomme beach tennis, le Fribourgeois a véritablement de quoi effrayer ses adversaires. Samedi, celui qui a presque tout gagné au côté de son frère Paul durant sa carrière de beach-volleyeur s’est d’ailleurs hissé en demi-finales du premier des deux tournois internationaux organisés par le Beach Tennis Nord vaudois à la plage d’Yverdon-les-Bains.

Seulement le plaisir

Dire que le cadet de la fratrie est à l’aise dans le sable s’apparente donc à un doux euphémisme. «Mais les choses ont complètement changé aujourd’hui, coupe le triple champion d’Europe de beach-volley. La compétition, c’est fini. J’aime encore participer à ce genre de tournois plus modestes, disputer des matches contre des partenaires d’entraînement. Mais uniquement dans une approche sport-plaisir.»

Il faut dire qu’à 43 ans, Martin Laciga n’a plus le corps de ses premiers exploits. C’est d’ailleurs une blessure récurrente à un genou qui l’avait poussé vers la sortie, au début de la décennie. «L’âge commençait aussi à peser lorsque je me suis retiré. Et puis, l’exemple de mon frère m’avait servi d’avertissement. Lui a vraiment poussé la machine à son maximum. Aujourd’hui, il en paie le prix.»

Un sport moins traumatisant

Depuis, celui qui a pris part aux Jeux olympiques à trois reprises s’est orienté vers d’autres sports. «Je fais ce que je n’ai pas eu l’occasion de faire pendant vingt ans», sourit-il. S’il a continué à faire bénéficier les jeunes, ainsi qu’une paire de beach-volleyeurs autrichien, de son expertise pendant une période, Martin Laciga a préféré prendre un peu de distance avec la discipline de ses plus grands succès. L’occasion de se rapprocher un peu de son cousin relativement éloigné. «L’avantage du beach tennis, c’est qu’on subit nettement moins de chocs, étant donné qu’on est rarement amené à sauter. S’il y a des similitudes entre les deux sports? Je dirais qu’on s’y retrouve beaucoup au niveau du placement et des déplacements.»

Toujours actif dans le développement du sport en Suisse, l’habitant de Chiètres explosion du beach tennis à l’échelle internationale. «J’ai l’impression de revivre la situation qu’avait connu le beach-volley jusqu’au début des années 90. Il n’existe aucun soutien pour porter ce sport et lui permettre de se développer. Il y a de très bons joueurs, certains sont professionnels, mais ce n’est pas suffisant. A présent, le beach tennis a besoin d’un rapprochement avec, au choix, la fédération internationale de volleyball ou celle de tennis. C’est ainsi que le beach-volley avait pu prendre son envol, proposer des primes intéressantes lors des tournois et faire son apparition aux JO de 1996. Sans ça, la discipline est vouée à rester une affaire de niche.» Dommage, lorsque l’on observe la volonté de certains passionnés…

 

La hiérarchie a été respectée

 

Pas de surprises sous le cagnard d’Yverdon-les-Bains. Tant samedi que dimanche, les têtes de série no 1 – l’Italien Alessandro Branchini et le Tessinois Yves Fornasier – n’ont laissé que peu d’espoir à la concurrence, remportant facilement toutes les rencontres, à l’exception de la finale du second tournoi disputée en trois sets. Chez les femmes, les sœurs Nadia et Sarah Leuenberger, de Morat, ont également fait qu’une bouchée de leurs adversaires. Les favorites se sont aisément imposées les deux jours. Après leur demi-finale du samedi, Martin Laciga et l’Allemand Marc Morgenroth ont, eux, été éliminés au tour précédent le lendemain.

Florian Vaney