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Le sondage coopératif est prolongé
Le quartier des Pugessies est une réalisation exemplaire et un modèle à suivre. © Michel Duperrex

Le sondage coopératif est prolongé

11 janvier 2021

Le comité de la coopérative La Maison d’ici a décidé de se donner plus de temps pour évaluer les besoins.

Quels sont les besoins en matière de logement coopératif dans l’agglomération yverdonnoise? Pour mieux les évaluer, le comité de La Maison d’ici, une coopérative yverdonnoise, a décidé de sonder la population.

L’opération, lancée au cœur de l’automne, devait se dérouler jusqu’en décembre. Mais le comité a décidé de la prolonger au moins jusqu’à la mi-janvier. En effet, l’association n’est pas pressée par le temps, car ce sondage poursuit plusieurs buts. D’une part évaluer les besoins en fonction des préoccupations de la population, et d’autre part soumettre les demandes aux acteurs politiques engagés dans les élections communales de mars prochain. Or ces acteurs ne seront définitivement connus qu’au moment du dépôt de listes, le 18 janvier.

Membre du comité de la coopérative, Clément Crevoisier explique: «Plusieurs dizaines de personnes ont déjà répondu à notre questionnaire. Le but est d’augmenter ce nombre et, pour cela, il faut donner du temps. Même si nous avons l’intention d’interpeller les partis en lice pour les élections communales, nous n’en sommes tout de même pas à un jour près.»

Le questionnaire, disponible sur le site de la coopérative, peut être rempli en ligne ou imprimé et renvoyé à la Maison d’ici. Les questions laissent une large marge d’appréciation et, pour certaines, il est possible de choisir jusqu’à trois réponses. Il s’agit, dans un premier temps, de déterminer le niveau de satisfaction par rapport à la situation du logement, aussi bien en ville que dans l’agglomération.

Dans la deuxième partie, le questionnaire vise à obtenir des réponses plus précises, tout en évitant d’enfermer le sentiment dans une seule réponse. Et, bien évidemment, les personnes répondant au questionnaire sont interpellées sur leur intérêt à participer à un projet de coopérative. Car le comité de l’association, qui «a fait ses preuves» en défendant son dossier dans l’appel d’offres lancé par la Ville d’Yverdon-les-Bains pour la ferme des Cygnes – celui-ci a été remporté par un promoteur privé –, rêve bien évidemment de construire un projet. Et pour y parvenir, il lui faut recruter des personnes prêtes à s’engager dans une expérience de ce type.

Sur le front des coopératives, les projets réalisés ces dernières années sont rares. On en dénombre deux au crédit de la Coopérative du logement ouvrier, l’une des plus anciennes de la ville, et l’immeuble construit à la rue Roger-de-Guimps (11 logements) par la Fondation yverdonnoise pour le logement. Celle-ci a également obtenu quelques logements dans le cadre du grand projet réalisé à l’angle de l’avenue Haldimand et de la rue de l’Industrie. On relèvera que durant le premier décan du troisième millénaire, la Ville a soutenu et favorisé la création d’une bonne centaine de logements par des coopératives.

Et pourtant Yverdon-les-Bains a été une ville citée en exemple partout en Europe lors de la construction du quartier des Pugessies (à l’angle formé par les rues du Valentin et du Midi). Une réalisation qui a réuni plusieurs dizaines de familles et qui, du point de vue du concept architectural, est exemplaire. Et l’on peut dire que plusieurs décennies après sa réalisation, le quartier a bien vieilli. La Ville a l’intention de favoriser un projet de ce type dans le plan de quartier Gare-Lac, mais tant que de nouveaux locaux pour le Service des Énergies et celui des Travaux et de l’Environnement n’auront pas été construits – en principe aux Isles –, la situation est bloquée.

Le problème, à Yverdon-les-Bains, réside dans la rareté des terrains (voir encadré). Et pourtant, dans l’après-guerre, la capitale du Nord vaudois a réalisé très nombreux logements coopératifs, notamment aux Prés-du-Lac (Clair-Logis et Coin-de-Terre). Cette dynamique s’est un peu essoufflée lorsque les promoteurs privés sont arrivés sur le marché.

Et puis les fonds de pension sont devenus de gros investisseurs-constructeurs, à l’exemple de Retraites Populaires, qui gère, entre autres, la Caisse pension de l’État de Vaud (CPEV). Ces investisseurs institutionnels mettent sur le marché des appartements à loyer modéré qui, en termes de prix, sont assez proches de ceux réalisés par les coopératives.

 

A la recherche d’un terrain à construire

 

L’association la Maison d’ici lance un appel aux propriétaires de terrains à construire, en leur proposant de réaliser un projet de logement sur la base d’un droit de superficie (DDP). Ce dispositif, outre une redevance, permet au propriétaire de conserver son patrimoine, tout en favorisant la réalisation d’un projet. Le comité de la Maison d’ici vante sur son site les avantages d’un tel partenaire, relevant, entre autres, que les personnes qui s’engagent dans un projet coopératif sont généralement des habitants sympathiques et respectueux, ainsi qu’à l’écoute de leur voisinage.

 

Toutes les informations sur www.lamaisondici.ch

Isidore Raposo