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L’e-sport naît dans la Cité thermale

5 juillet 2019 | Edition N°2533

Encadrement, locaux, matériel: fraîchement créée, la structure Yverdon E-Sports met les bouchées doubles pour développer la discipline dans la région.

Les représentants d’Yverdon E-Sports sont allés se présenter au Service des sports de la Ville. «C’était juste pour prévenir qu’on avait créé notre structure. Pas que les autorités soient surprises si elles commencent à voir notre nom à gauche et à droite», sourit Julien Dubi, convaincu que le projet d’un club de jeux vidéo va prendre et se développer.

Lui? Le secrétaire de l’association Festigeek, d’une part, et le patron de l’entreprise NJ Informatique, de l’autre. Les liens entre les deux entités et la structure e-sportive sont étroits. Sans refaire toute la genèse du projet, Festigeek a permis sa création, tandis que NJ Informatique met à disposition ses locaux et son matériel. Un soutien indispensable pour permettre à YES, le diminutif d’Yvedon E-Sports, de décoller.

Un décollage qui a d’ailleurs été plutôt fulgurant. «Il y avait une vraie demande de la part des joueurs. Lorsque l’idée de créer une structure est arrivée sur la table, beaucoup se sont manifestés pour rejoindre nos équipes», se réjouit Pierre-Alain Curty, président de Festigeek. Parce que jouer seul chez soi face à des adversaires aléatoires ou avec des coéquipiers contre des formations rodées n’a pas grand-chose à voir. Et que, jusqu’à cette année, aucune structure n’existait dans le Nord vaudois pour accueillir les gamers désireux de toucher à la compétition.

Une vingtaine de joueurs, déjà

Résultat, les rangs des divers équipes yverdonnoises se remplissent peu à peu. «On les crée en fonction de la demande, explique Adib Széplaki, joueur et capitaine d’une équipe d’Overwatch (ndlr: un jeu de tir à la troisième personne, qui met aux prises deux groupes de six joueurs). Typiquement, sur ce jeu, on a assez de monde pour  composer deux équipes.» Et Julien Dubi de reprendre: «Plus on compte de joueurs et plus on pourra leur permettre de se retrouver avec des coéquipiers et dans des ligues de leur niveau. C’est essentiel à nos yeux. Se faire rouler dessus en match n’est drôle pour personne. Au même titre, être largement supérieur aux ennemis n’a pas d’intérêt non plus.»

Pour l’heure, ils sont une vingtaine à s’entraîner sur des jeux aussi diversifiés que League of Legends, Counter Stike ou Apex Legends. Ce que leur apporte la structure Yverdon E-Sports? En plus d’un environnement stimulant, des locaux pour se retrouver, du matériel de qualité (une nécessité pour jouer en ligne) et des coaches pour apporter un regard critique sur leurs performances. «À l’avenir, si certaines de nos équipes souhaitent s’inscrire à des tournois, on aimerait pouvoir les aider financièrement», appuie Pierre-Alain Curty. «Organiser ce qu’on appelle des bootcamps, soit des sorties lors desquelles on renforce l’esprit d’équipe en participant à diverses activités, fait également partie des choses qu’on aimerait mettre en place.»

Vocation sociale

Bien au-delà d’un club, YES veut  surtout s’imposer comme une entité à vocation sociale. Pas question de tout lâcher du jour au lendemain pour tenter de percer dans l’e-sport ou de passer dix-huit heures par jour devant son écran. «On connaît le risque avec les jeux vidéo, assure Pierre-Alain Curty. Dans un sport traditionnel, vouloir s’entraîner implique forcément un déplacement. Aller au terrain, aller à la salle… Avec l’e-sport, il n’y a pas cette barrière. Il faut être prudent. Pour nous, c’est très clair: le jeu ne passe jamais avant la vie professionnelle ou scolaire.» À YES, les clichés n’ont pas leur place.

 

 

 

3e du championnat suisse d’Overwatch

L’équipe d’Yverdon E-Sport la plus en vue est active sur le jeu Overwatch. Pour sa première saison, elle a terminé 3e parmi les seize formations de la division open de la SESL (le deuxième niveau du championnat suisse). «Ça laisse présager une belle évolution pour la suite, jubilent de concert Julien Dubi et Adib Széplaki. La plupart des équipes du groupe évoluent ensemble depuis une année et demie. Nous, ça fait tout juste six mois!» Pour continuer à évoluer, le club devra nécessairement dénicher des sponsors. L’appel est lancé.

Florian Vaney