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Le stamm des jeunes fête son quart de siècle

2 juillet 2019 | Edition N°2530

L’Amalgame souffle ses 25 bougies cette année. Et malgré le monde qui foule ses planches et le temps qui passe, la salle de concert a su garder une part de mystère.

En vingt-cinq ans, plus de 150 000 personnes se sont trémoussées sur la piste de danse de L’Amalgame. Toutes ont pu voir cette «boîte noire», avec ses murs et son sol sombres, ainsi que la fameuse scène yverdonnoise, qui a vu défiler quelque 6 000 artistes. Car depuis son inauguration, le 27  août 1994, la salle de concert n’a pas subi beaucoup de transformations. «La scène a été refaite en 2016. Ensuite il y a eu tout un travail pour décorer le bar, en 2017, et rendre le lieu davantage modulable. Et l’année dernière, les bureaux de l’association ont migré au-dessus du cabinet du vétérinaire (ndlr: à l’entrée de Sports 5), explique le programmateur Grégoire Potin, qui précise qu’un coup de peinture doit régulièrement être mis pour que l’endroit reste en état. La salle n’est pas parfaite, mais on ne peut pas la changer complètement.»

La frontière de la scène

«Je trouve qu’elle a justement beaucoup plus de charme qu’une salle de concert traditionnelle car elle n’a pas été conçue pour accueillir de la musique mais une scierie», rappelle Grégoire Potin.

Et de cette époque-là, il reste bon nombre de vestiges. Ils sont invisibles pour le public, mais dès que l’on franchit le seuil des coulisses, le passé industriel du bâtiment refait surface. Car là où la peinture noire des murs de L’Amalgame s’arrête, commence une autre histoire.

Le sol lisse et sombre devient un tapis de carreaux en bois où s’entremêlent encore des rails. Les parois s’éclaircissent. Broyeuses, tuyaux en tout genre et machines d’antan envahissent les différentes pièces de l’arrière-scène. «Il y a même un silo qui est encore rempli de sciure», poursuit le programmateur en ouvrant une porte métallique, laissant ainsi s’échapper cette odeur particulière de bois coupé. Juste en face de ce local atypique, une autre porte entrouverte attire l’attention. C’est un second silo, mais vide cette fois-ci. La pièce prend des couleurs dramatiques, dans des tons rougeâtres, grâce aux vitraux qui ornent le haut du mur.

Ces lieux insoupçonnés, cachés derrière et au-dessus de la grande scène, sont uniquement observables lors des portes ouvertes de L’Amalgame. «Les gens s’intéressent beaucoup à ce qu’il y a dans les coulisses. On ne veut pas dévoiler l’envers du décor car c’est bien si les gens continuent à s’imaginer ce qu’il s’y cache», confie Grégoire Potin.

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Trois jours de festivités

Pour célébrer ses 25 ans, L’Amalgame a mis sur pied un riche programme. L’anniversaire aura lieu du 3 au 5 octobre avec la scène habituelle et un aménagement de la cour de Sports 5, avec de la restauration et du mapping video (projection de vidéos sur la façade). Il y aura des concerts avec notamment Chassol et Jacco Gardner, mais aussi un après-midi famille avec Metal Kids et la «boum des gamins» le samedi, suivie d’une «boum des 25 ans». Deux créations inédites seront présentées par des artistes du cru. Raphaël Wagnières fera ressentir au public les basses de la musique, alors que Maria Gallardo immortalisera la foule pour montrer l’évolution des gens durant une soirée. «On a voulu rester dans la ligne de nos belles années, avec une programmation rock, electro et psychédélique. Les têtes d’affiche ne sont pas les plus connues du grand public car notre but reste de proposer des découvertes», confie Grégoire Potin.

Christelle Maillard