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Le terrain synthétique dont 
rêvent les clubs du Nord vaudois

27 novembre 2009

Dans la région, on ne manie le ballon rond que sur le gazon. Mais parfois, certaines équipes aimeraient pouvoir compter sur une surface plus résistante aux intempéries. Un voeu bientôt exaucé?

Le FC Baulmes a rencontré le FC Bavois, en février dernier, pour un match de préparation. Lieu du derby nord-vaudois? Lutry.

Le FC Baulmes a rencontré le FC Bavois, en février dernier, pour un match de préparation. Lieu du derby nord-vaudois? Lutry.

Lorsque le ciel fait des siennes et qu’il est encore -ou déjà- l’heure de jouer au football, les équipes nord-vaudoises font la moue. Car si la région compte de magnifiques surfaces de jeu, il manque à sa panoplie un terrain synthétique qui permettrait, en cas de besoin, de faire la nique aux intempéries. Ainsi, quand, en février dernier, le FC Baulmes a disputé des matches de préparation contre Bavois et Yverdon Sport, c’est du côté de Lutry et de Dorigny, à Lausanne, que les derbies nord-vaudois se sont déroulés. Dommage? En tout cas, dans la région, des voix se font entendre, tandis que des projets germent petit à petit.

Actuellement, Yverdon Féminin dispute le Winter Challenge, un championnat d’hiver qui se déroule… sur terrain synthétique. C’est à Lutry qu’aura lieu l’étape organisée par le club de la Cité thermale. «Un terrain serait le bienvenu dans la région, d’autant que nous y avons souvent de la neige, note l’entraîneur Alain Béguin. L’hiver dernier, la préparation du deuxième tour a été calamiteuse. Il était impossible de s’entraîner à Yverdon, voire même d’y courir, à cause de la glace.» Président d’Yverdon Sport, Paul-André Cornu renchérit: «Les entraîneurs ont le respect des terrains. Aussi, quand ceux-ci sont mis à mal par les conditions météorologiques, ils ne peuvent pas faire les entraînements souhaités. Un terrain synthétique dans la région permettrait d’éviter certains dégâts que l’on inflige aux pelouses.»

La situation est prise au sérieux, non seulement à Yverdon, mais aussi dans les communes de la région, lesquelles abritent des clubs de divisions inférieures. A Champvent, par exemple, le comité en place a déjà réfléchi à se doter d’un terrain synthétique, comme le confie Claude Meylan, président du FCC: «Je suis d’autant plus enthousiaste que nous gagnons quasiment à chaque fois que nous jouons sur terrain synthétique! Blague à part, c’est vrai que nous y avons pensé, mais j’estime le coût d’un tel terrain à environ un million de francs.» On conçoit aisément qu’un tel projet est difficile à faire passer pour une commune telle que Champvent et ses 360 habitants, d’autant que d’autres projets liés au terrain doivent déjà passer la rampe du Conseil, ou l’ont déjà passée, à l’image de la magnifique nouvelle buvette.

Si Orbe y pense également dans le cadre de la construction d’un Centre sportif sur les hauts de la Cité, le projet du FC Chavornay-Sports a d’ores et déjà été présenté à la Muncipalité, comme le confirme le syndic Pierre-André Leuenberger: «Le projet est intéressant, c’est vrai! Nous pensons à une refonte globale de la zone et à l’implantation d’un terrain synthétique, lequel pourrait être doté d’un parking souterrain. Le concept présenté par Guy Favre et ses trois acolytes a retenu toute notre attention, mais j’avoue que nous avons pour l’heure d’autres priorités et que le projet est en stand-by jusqu’au printemps.» Le terrain synthétique ne devrait ainsi pas être enterré sous les neiges hivernales et refaire surface une fois les beaux jours revenus! Le projet de Chavornay, estimé à environ trois millions de francs par le syndic, semble ainsi le plus avancé dans la région, mais les obstacles sont nombreux et la réalisation éventuelle («un terrain remplaçant le second actuel, en complément du terrain principal», précise Guy Favre) pas encore pour demain.

Reste que la commune décidée à investir en premier fera une excellente opération, notamment en termes de pouvoir d’attractivité. Les fleurons du football régional nord-vaudois n’auront ainsi plus à effectuer de longs déplacements pour leur préparation, mais pourront profiter, enfin, d’une installation de qualité, douze mois par année.

Et à Yverdon-les-Bains?

Pense-t-on au synthétique, du côté de la ville-centre du Nord vaudois? «Le projet existe depuis trois ans environ, explique Jean-Daniel Carrard», muncipal yverdonnois de la police et des sports. Pour lui, à l’avenir, il y aura de gros investissements à consentir au niveau du Stade Municipal. Vestiaires, buvette, éclairage, pelouses: les installations commencent à dater. «La mise en place d’un synthétique ira de pair avec les rénovations entreprises, affirme le municipal. Tout ceci est à l’étude, c’est parfaitement d’actualité.» Pourquoi le processus n’est-il pas plus avancé? «Il ne faut pas oublier que nous avons quelques points de désaccord avec le club principal de la ville, rappelle Jean-Daniel Carrard. Or, pour se lancer dans une importante restructuration du Stade, il faut avoir une vision cohérente, ainsi que des partenaires. Et à ce titre, le FC Romandie est incontournable.» Et les ponts ne sont pas rompus. «Personne n’a baissé les bras, lance le municipal. Nous nous entretenons régulièrement avec les responsables du club et nous avons reçu, il y a peu, des gens de la Swiss Football League et de l’Association cantonale vaudoise.» L’espoir de voir les relations entre la Commune et Yverdon Sport s’améliorer existe bel et bien. Et c’est tant mieux, car si un synthétique doit voir le jour à Yverdon, ce sera avant tout sur un terrain… d’entente.

Rédaction