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Le village Leclanché devrait garder son âme

9 septembre 2016 | Edition N°1825

Yverdon-les-Bains – L’acquisition de la société propriétaire du site par Hiag ne va, vraisemblablement, pas changer l’identité de cet endroit si caractéristique.

Le changement de propriétaire du village Leclanché ne devrait pas avoir d’impact sur ses occupants. ©Michel Duperrex

Le changement de propriétaire du village Leclanché ne devrait pas avoir d’impact sur ses occupants.

Tapez «avenue de Grandson 48 Yverdon-les-Bains» sur un moteur de recherche et vous tomberez sur des écoles de musique et de danse, une entreprise de peinture, des fiduciaires, des graphistes, un atelier de céramique et un centre de yoga, pour ne citer que ces exemples.

C’est précisément cette grande diversité d’activités qui fait la particularité du village Leclanché, façonné, à partir du milieu des années 2000, dans les bâtiments progressivement abandonnés par le fabricant de solutions de stockage d’énergie. Bonne nouvelle pour les locataires actuels : le changement de propriétaire du site, communiqué dans notre édition d’hier, ne devrait pas en chambouler le fonctionnement et la vocation. «Nous allons poursuivre la stratégie des anciens propriétaires et continuer à développer l’esprit de village ou de quartier. Les occupants, tout comme l’ensemble des intervenants sur le site, ne doivent pas s’attendre à de grands changements mais à une continuité, affirme Laurent Spindler, directeur financier de Hiag Immobilien. Ce dernier certifie qu’aucun projet de développement ne sera mis en oeuvre dans un horizon de 10 à 15 ans.

Christophe Piguet, secrétaire de Village 52 S.A., assure que l’entreprise bâloise fondée en 1876, était «le meilleur acquéreur» possible. «Ils nous ont approché et nous avons accepté leur offre, car ils ont une vision à long terme et sont soucieux de respecter l’identité de ce centre artisanal de qualité. Nous apprécions les principes de cette entreprise familiale», indique-t-il.

«L’acquisition du site d’Yverdon complète idéalement le portefeuille actuel de Hiag Immobilien et renforce sa position en Suisse romande, qui représente 10% de la valeur de nos actifs immobiliers et 12% de nos revenus locatifs. Le groupe était déjà présent à Carouge, Vernier, Lancy, Meyrin, Aigle, Saint- Maurice et Neuchâtel», relève, pour sa part, Laurent Spindler.

«Un site stratégique»

Le conseiller communal Vassilis Venizelos avait déposé, en 2009, un postulat questionnant sur l’avenir du village Leclanché, dont il tient à saluer le «dynamisme et la vitalité». Son intervention rappelait notamment que le projet d’agglomération considérait le secteur comme «un site stratégique prioritaire à développer, afin d’accueillir plus de 600 habitants et pas loin de 500 emplois». Il envisage de demander à nouveau des renseignements sur l’évolution du dossier lors d’une prochaine séance de l’organe délibérant yverdonnois.

Markus Baertschi, chef du Service de l’urbanisme et des bâtiments de la Ville signale que plusieurs changements intervenus ces dernières années sont de nature à remettre en question les options prises précédemment.

Les monuments historiques du Canton considèrent, après analyse, que la partie la plus ancienne du site, c’est-à-dire, grosso modo «tout le côté le long de la rue William- Barbey», présente un intérêt patrimonial. «Cela ne permettrait pas la transformation des locaux en appartements», commente-t-il.

D’autre part, «l’équilibre et la richesse» acquis par cette «pépinière d’activités» plaide en faveur de sa conservation. Enfin, la situation du village Leclanché, «coincé» entre la voie de chemin de fer et un axe routier fréquenté, ne se prête pas forcément à la création de logements.

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Ludovic Pillonel