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L’école de gratte célèbre ses 20 ans

2 août 2018 | Edition N°2301

En deux décennies, Carlo Lo Schiavo a permis à plus de 300 élèves de se frotter à la guitare.

Une légère odeur de bois chaud. Des posters des plus fameux groupes de rock des années 1980. Des grattes et des amplis parsemés sur le sol. Aucun doute, il s’agit là de l’antre d’un guitariste. Mais pas de n’importe lequel. C’est là qu’une génération entière s’est formée à l’instrument à cordes auprès de Carlo Lo Schiavo, qui a fêté les 20 ans de son école, Yverdon-les-Bains, en compagnie de ses anciens et de ses nouveaux élèves, le 30 juin dernier. L’occasion pour lui d’évoquer le chemin parcouru, pas toujours facile.

Joueur et compositeur durant les années 1990 dans les groupes Nocturne puis K-cha-k, le musicien se décide à donner des cours dès 1996 et ouvre son école en 1998 dans la Cité thermale, avec une antenne à Poliez-Pittet. Alors contremaître-maçon, il intègre la pédagogie sur le tas. «J’ai appris à apprendre avec les élèves, mais aussi de mes expériences» de guitariste novice, relève-t-il. S’il confirme être doué pour donner de sa personne, il se rappelle toutefois qu’il a mis du temps avant de trouver son style.

Néanmoins, la vie de famille le rattrape et Carlo Lo Schiavo veut rester proche de ses enfants, nés en 2002 et en 2003. Il décide donc de lever le pied un moment au niveau des cours, mais l’envie de transmettre  revient au pas de charge. Il se tourne donc vers le centre d’enseignement professionnel de Morges, où il devient instituteur. Toutefois, cette expérience s’est terminée le mois dernier. «Pour le moral, c’était une catastrophe. Mais j’ai repris le dessus et, dès septembre, je vais me concentrer à fond sur la musique, sur mon école et sur mes élèves. Ils me le rendent bien» confie-t-il, confirmant son souhait d’être à nouveau présent sur scène.

Ces vingt ans n’ont donc pas été un long fleuve tranquille, mais le travail accompli a porté ses fruits. En effet, lors du 20e anniversaire de son école, Carlo Lo Schiavo a réuni des anciens et des nouveaux élèves dans son fameux local yverdonnois. «Des groupes se sont reformés pour jouer et mes deux premiers élèves ont fait un concert avec leur propre groupe. On a fini par une jam de dix minutes,  raconte-t-il, visiblement ému. On s’est retrouvés sans s’être perdus. Certains sont parents, d’autres docteurs. Ce sont mes copains, mes enfants!»

Guillaume Guenat