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Les CFF confirment leur intérêt pour l’ancien site des FTR
Les anciens entrepôts des FTR avec, au-dessus, le village d’Onnens. Photo: Guillaume Pointet

Les CFF confirment leur intérêt pour l’ancien site des FTR

18 février 2021

Situés en zone industrielle, les anciens entrepôts ont tout pour accueillir les Ateliers CFF. Une alternative étudiée très sérieusement.

 

L’annonce, en début d’année, du transfert des Ateliers CFF, industrie historique d’Yverdon, a provoqué une véritable onde de choc. Les autorités de la Ville, et plus largement de la région et du Canton, se sont émues de ce projet qui devrait se réaliser à l’horizon 2030. Pour le Nord vaudois, il est hors de question de laisser partir 650 emplois. Le séisme a eu pour effet de susciter une réflexion… et de débloquer une situation. En effet, l’an dernier, bien avant que la direction des CFF n’informe le personnel des Ateliers sur ses intentions pour le futur, la direction de l’entreprise de transports avait approché la société Procimmo, un fonds de placement immobilier propriétaire de la plus grande partie des anciens entrepôts des Fabriques de tabac réunies (FTR), situés sur le territoire d’Onnens et de Bonvillars.

Lors de cette première approche, Procimmo avait simplement signalé que ses halles n’étaient pas à vendre. Mais la controverse de ce début d’année a manifestement changé la donne. «Ils sont prêts à entrer en matière», signale Alain Portner. Le syndic d’Onnens confirme qu’une réunion a bien eu lieu début février entre les différents partenaires publics et privés pour étudier l’implantation des Ateliers CFF sur un site nord-vaudois. Si, à ce stade, Procimmo observe le plus grand silence, les contacts ne sont pas démentis. Il faut dire que le site d’Onnens-Bonvillars a tout pour séduire les CFF, et c’est bien pour cette raison que l’entreprise avait approché les propriétaires l’an dernier déjà, bien avant que l’affaire ne s’ébruite.

Les CFF possèdent en effet des terrains à proximité des entrepôts, dans lesquels ils louent également des surfaces. La position, en bordure de la ligne de chemin de fer du pied du Jura, avec un raccordement ferroviaire et à bonne distance des villages, est idéale. Et puis, la procédure ne présenterait pas d’obstacle majeur. «Le site est en zone industrielle. Les CFF ont besoin de 20 hectares, et il y en a 22», constate le syndic d’Onnens.

Son collègue de Bonvillars, Frédéric Piguet, est lui aussi favorable à une telle implantation: «Garder des emplois dans la région, c’est très positif. Mon grand-père a travaillé aux Ateliers et mon père y a fait un stage avant de devenir pilote de locomotive. J’ai aussi un oncle qui y a travaillé. C’est dire que je suis attaché à cette entreprise.»

En charge des dossiers ferroviaires au Département cantonal de la mobilité et des ressources humaines (DMRH), Mehdi-Stéphane Prin confirme que les CFF étudient effectivement le transfert des Ateliers CFF sur le site d’Onnens-Bonvillars, mais il ne peut en dire plus à ce stade. Si ce n’est que la cheffe du Département et présidente du Conseil d’état Nuria Gorrite suit ce dossier de très près avec sa collègue Christelle Luisier.

Porte-parole des CFF, Jean-Philippe Schmidt confirme lui aussi qu’une étude est en cours, mais que l’hypothèse d’un transfert des Ateliers à Denges, sur le site de Lausanne-Triage, n’est pas abandonnée à ce stade. Autrement dit, les deux études sont menées en parallèle. «Je pense que nous pourrons en dire plus d’ici le printemps», conclut le porte-parole de l’entreprise de transports.

Dès l’instant où les principaux propriétaires de l’ancien site des FTR sont ouverts à la discussion, tout paraît possible. Mais ce n’est pas le moment de s’emballer, car il subiste un certain nombre d’obstacles.

Le premier est bien entendu le prix de l’opération, en tenant compte du fait qu’outre la valeur intrinsèque des terrains, les halles seraient démolies. Or un montant de 12 millions de francs a été investi récemment dans une centrale photovoltaïque. En ce qui concerne les terrains, respectivement les locaux, la plus grande partie sont en mains de Procimmo, mais le groupe Philippe Morris en a conservé une partie.

Et il reste la question épineuse des locataires. Si, pour la plus grande partie d’entre eux, il paraît facile de trouver une alternative, ce sera un peu plus compliqué pour Decathlon. En effet, la grande enseigne française d’équipements sportifs y a implanté son centre logistique pour la Suisse. C’est dire que le déménagement des Ateliers CFF sur ce site fera l’objet de négociations serrées pour, dans le meilleur des cas, aboutir à un savant cocktail permettant à tous les acteurs, locataires compris, de bénéficier d’une solution satisfaisante.

à ce stade, donc, les chances de conserver les Ateliers CFF dans la région sont bien réelles. D’autant plus que le nouveau patron de l’entreprise, Vincent Ducrot, n’a pas envie de provoquer un conflit en Suisse romande, mais simplement de permettre une révision plus efficiente et économe des rames de train, trop longtemps immobilisées actuellement pour ce type d’opération.

 

Une alternative possible à La Poissine

 

Au lendemain de l’annonce du départ probable des Ateliers CFF d’Yverdon, l’idée d’une implantation à La Poissine a été émise. Elle tombe alors que le Plan partiel d’affectation (PPA) est à l’enquête publique.

Une telle hypothèse, même si elle paraît, de prime abord, plus compliquée à concrétiser, reste valable. Le syndic de Grandson François Payot l’a d’ailleurs examinée: «On peut très bien imaginer une solution. Mais cela passe par des rocades et des échanges de terrains. De plus, l’accès ferroviaire existe.» Dans une telle hypothèse, il faudrait aussi trouver de nouveaux terrains pour des entreprises qui, à terme, ont envisagé de réunir leurs activités à La Poissine, à l’instar de Cand Landi et de Beati, dont le centre des opérations se situe au cœur des habitations, aux Tuileries-de-Grandson.

En ce qui concerne les surfaces d’assolement, s’agissant des CFF, il appartiendrait alors à la Confédération de trouver les compensations, explique Pierre Imhof, directeur général du territoire et du logement. Si, à ce stade, la solution des entrepôts voisins des FTR est privilégiée, La Poissine se présente encore comme une alternative possible.

Isidore Raposo