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Les clients du Trèfle ont sauvé le resto

21 février 2020 | Edition N°2689

Yverdon-les-Bains – L’établissement de la place Pestalozzi a failli fermer ses portes, cet hiver. Ce sont les habitués du lieu et les amis du patron qui ont convaincu ce dernier à continuer l’aventure.

Ne vous fiez pas à certaines publications en ligne, Le Trèfle gourmand n’est pas à vendre! Ou plutôt il ne l’est plus. En effet, une petite annonce, que l’on retrouve notamment sur le site
www.comparis.ch, a pour titre: «À Yverdon, restaurant centre-ville avec grande terrasse zone piétonne». Dans la description, sous une photo du temple, à la place Pestalozzi, l’avis indique que l’établissement possède «50 places intérieures» ainsi qu’une terrasse de plus de 100 chaises. Si le site ne dévoile pas officiellement le nom de l’établissement dont il est question, la présentation ne laisse aucun doute: il s’agit du Trèfle gourmand.

«Une période difficile»

Après de nombreux téléphones, le patron de l’institution yverdonnoise, Olivier Freymond, a fini par lâcher le morceau: c’est bien son restaurant qui est mis en vente sur le site. Il précise toutefois avoir changé d’avis. «J’ai connu une période difficile en fin d’année, confie-t-il. Alors en janvier, j’ai décidé de mettre en vente le café et j’ai fait appel à une agence de courtage. Cette dernière a mis en ligne les annonces, qui resteront sur internet jusqu’à la fin du contrat.»

Le gérant a constaté que, côté restauration, la concurrence est grande au centre-ville. Peut-être un peu trop. Dans l’optique de vendre le bien, il a licencié l’équipe de cuisiniers et n’a gardé que quelques employés pour le service. Depuis plusieurs semaines, le bistrot ne sert d’ailleurs plus de plats traditionnels, uniquement des snacks.

Mais si le patron du Trèfle gourmand est revenu sur sa décision, ce n’est pas le fruit du hasard. «Les clients m’ont motivé, révèle-t-il. La rumeur a rapidement enflé et certains habitués ont appris que je souhaitais vendre. Ils m’ont dit que ce serait dommage et qu’ils apprécient beaucoup notre équipe. Ça m’a redonné du baume au cœur.»

Olivier Freymond a donc reconsidéré sa situation et décidé de ne pas «jeter le bébé avec l’eau du bain», comme il le dit lui-même. «Tenir un établissement, c’est un métier éreintant, assure le gérant. Je voyais mes collègues de la Grenette et de la Maison Blanche lâcher leur restaurant et j’ai pensé que c’était une solution. Mais après avoir discuté avec mes amis et mon personnel, je me suis dit que j’avais un bel établissement et que je pouvais essayer de le faire évoluer plutôt que de tout abandonner.» Et d’assurer: «Le Trèfle gourmand n’est pas à vendre!» En revanche, la carte du café a été drastiquement amincie et propose désormais une sélection de salades et de paninis.

Aujourd’hui à nouveau «ultra motivé», Olivier Freymond continue à avoir de nombreux projets, à l’image des concerts qu’il avait organisés l’année passée sur sa terrasse, un concept qu’il veut reconduire cette année. Il conclut, un brin philosophe: «Il faut parfois se faire peur pour mieux repartir.»

Massimo Greco