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Les EPO ambitionnent de s’agrandir

20 mars 2018 | Edition N°2209

Orbe – Le Conseil d’Etat a décidé de construire un établissement pénitentiaire de 410 places sur le site urbigène. Un projet jugé indispensable pour concrétiser la politique cantonale en la matière et répondre au problème de surpopulation carcérale.

Quand la conseillère d’Etat Béatrice Métraux prend en main un dossier, c’est au propre comme au figuré. Et autant dire que celui des prisons est plutôt épineux, même pour la politicienne des Verts. Pourtant, elle a démontré hier être une femme de terrain, en présentant le futur complexe pénitentiaire des Etablissements de la plaine de l’Orbe (EPO) sur le site urbigène. Baptisé Prison des Grands-Marais, le projet offrira environ 210 places de détention d’ici à 2025, si tout se déroule correctement. Dans un second temps, l’infrastructure sera agrandie, en fonction des besoins, afin d’y ajouter 200 places supplémentaires.

Le projet global des Grands-Marais coûtera 290 millions de francs. © Michel Duperrex

Le projet global des Grands-Marais coûtera 290 millions de francs. © Michel Duperrex

La première étape – estimée à plus de 180 millions de francs par Philippe Pont, chef du Service cantonal immeubles, patrimoine et logistique – a été validée par le Conseil d’Etat. Un crédit d’étude lié à cette phase initiale va bientôt être présenté et permettra d’établir les détails de la construction. «Pour l’instant, nous ne pouvons qu’en esquisser les contours», a lancé Béatrice Métraux, avant de joindre le geste à la parole en dessinant le schéma du complexe des Grands-Marais.

Concrètement, la première construction s’articulera autour d’un bâtiment central et de trois dents de peigne, auxquelles d’autres viendront s’ajouter lors de la seconde phase. «Ce projet est conforme au plan directeur cantonal. Il a été reconnu d’intérêt public et le besoin de places supplémentaires est avéré, a confié l’élue. Il nous permettra de doter le canton d’une structure pénitentiaire avec une sécurité maximale, tout en offrant un cadre et une prise en charge optimale des détenus et du personnel.»

Pour ce faire, une réflexion est menée avec les cantons de Zurich et de Berne, afin d’établir un nouveau concept de prise en charge au plus proche des besoins, évolutif, avec notamment des espaces pour les détenus seniors et ceux souffrant de troubles psychiques. «Comme une bonne partie des détenus ont des lacunes dans leur formation de base, mais pas d’avenir en Suisse, nous devons aussi faire évoluer nos méthodes de réinsertion avec des ateliers plus modernes et proches du marché du travail auquel ils se destinent», a ajouté Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire vaudois.


L’enquête continue

Autre sujet brûlant concernant les EPO: le cas du directeur Olivier Rogivue, qui a été «libéré de ses obligations» en décembre dernier, à la suite des plaintes émises par des détenus qui demandaient notamment son renvoi, en soulignant un manque de communication au sein des EPO. Une enquête administrative a été ouverte à son encontre par l’ancien juge François Meylan. «Beaucoup d’entretiens ont déjà eu lieu, mais nous ne nous attendons pas à un résultat avant la fin avril», précise Béatrice Métraux.


Chauffage à distance

Le projet d’installation d’un chauffage à distance aux EPO, estimé à 18 millions de francs, va bon train. Le chantier, entamé en novembre dernier comme indiqué dans nos colonnes, devrait être terminé d’ici au mois de septembre et le bâtiment inauguré en fin d’année. Il alimentera aussi le nouveau complexe pénitentiaire des Grand-Marais. «Nous avons profité de revoir également les canalisations du site», précise Philippe Pont.

Christelle Maillard