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Les fanfares du canton se réinventent pour attirer la jeunesse

4 juin 2018 | Edition N°2259

Vallée de Joux – La 28e Fête cantonale des musiques vaudoises s’est déroulée tout au long du week-end au Sentier et au Brassus. Loin d’être ringarde, la manifestation a réuni de nombreux jeunes musiciens.

Une cinquantaine de fanfares se sont rassemblées ce week-end à la Vallée à l’occasion de la 28e édition de la Fête cantonale des musiques vaudoises, organisée par les trois sociétés musicales combières. Si de nombreuses têtes grises ont été aperçues lors de la partie officielle qui s’est déroulée hier matin au Centre sportif du Sentier, qu’en est-il de la jeune génération? A l’ère de la musique électronique, petit tour d’horizon d’une manifestation qui, même si elle demeure traditionnelle, a dû se réinventer pour attirer de jeunes musiciens.

«A la fanfare, on ne joue pas que des marches. Au contraire, le répertoire est très varié, confie Alexis Occhipinti, âgé de 18 ans. Si j’ai intégré l’Union instrumentale du Brassus, c’est parce que mes deux grands frères en faisaient partie et que je n’avais pas envie de jouer du bugle tout seul dans mon coin.» «C’est quand même plus classe de jouer à plusieurs, renchérit Florian Biaggi, 14 ans, de l’Echo des Forêts du Pont. Même si le jeune garçon reconnaît que la plupart de ses camarades d’école ne savent pas qu’il joue dans une fanfare, il apprécie de pouvoir tester une multitude d’instruments par ce biais. «C’est un bon équilibre entre le travail et la famille, affirme Sonia Aubert, 24 ans. Cette Combière d’adoption – elle joue pour la Jurassienne du Sentier – apprécie l’ambiance conviviale de la manifestation et l’esprit de camaraderie. «Certains croient que c’est un événement pour les personnes âgées, mais ce sont les jeunes qui apportent un nouveau souffle», ajoute Alexis Occhipinti.

Présidente du comité d’organisation de la Fête cantonale, sa mère Lyliam Occhipinti – elle joue de la flûte traversière au sein de l’Union instrumentale du Brassus – le reconnaît: «Nous avons dû nous adapter pour attirer des membres plus jeunes en proposant des arrangements plus modernes tels que des adaptation de comédies musicales ou des musiques de film. Mais c’est payant, parce que le public est présent.» Selon elle, si la relève est difficile à trouver, c’est parce que cela exige aussi un engagement important.

Un éveil musical en perte de vitesse

«Avec le temps, ce sont des traditions qui se perdent un peu, mais l’ambiance est géniale», reconnaît Loriane Perreton, professeure de musique et membre de la fanfare de Forel-Lavaux. Agée de 24 ans, la jeune femme joue du cornet dans la société musicale de son village depuis plus de dix ans. Venu en renfort pour soutenir cette fanfare qui compte une dizaine de musiciens de moins de 30 ans, le percussionniste genevois Corentin Barro, 22 ans, renchérit: «Aujourd’hui, les jeunes enchaînent de multiples activités et n’ont plus le temps d’intégrer une association de ce type. C’est dommage parce qu’on perd de plus en plus cette culture musicale.» Pour la présidente de la fanfare de Forel-Lavaux, Christine Hauswirth, le cap de l’adolescence est redoutable. «La plupart des jeunes participent à la fanfare parce que leurs parents sont déjà musiciens. Mais à l’adolescence, ça devient compliqué.» Toutefois, la présidente s’estime très chanceuse, car une quinzaine de jeunes gens dynamiques font partie de sa fanfare.

Valérie Beauverd