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Les gorges de Covatannaz, haut-lieu du canyoning

4 août 2016 | Edition N°1799

Vuiteboeuf – Sport méconnu, le canyoning fait désormais partie de l’offre sportive de la région. Votre journal l’a testé pour vous. Reportage dans les méandres de l’Arnon.

A mi-parcours, un pendule a été installé. Suspendu à une corde, surplombant les gorges à une quinzaine de mètres de hauteur, la «balançoire» garantit des sensations fortes. ©Michel Duperrex, Simon Gabioud

A mi-parcours, un pendule a été installé. Suspendu à une corde, surplombant les gorges à une quinzaine de mètres de hauteur, la «balançoire» garantit des sensations fortes.

Vuiteboeuf, 8h30. Après les présentations usuelles, notre guide du jour, Jean-Marc Krattiger, s’empresse de nous «briefer » sur le déroulement de la matinée. A mesure que les mots «saut», «cascade», «vide» sortent de sa bouche, mes yeux s’écarquillent, trahissant l’appréhension qui m’envahit, sous le regard narquois de notre photographe. «Ne vous inquiétez pas, c’est un parcours d’initiation au canyoning», lâche le guide, avant de nous inviter à nous mettre en route.

 

Des toboggans naturels offrent une alternative plaisante aux nombreux sauts. ©Michel Duperrex, Simon Gabioud

Des toboggans naturels offrent une alternative plaisante aux nombreux sauts.

Première étape, l’équipement. Combinaison néoprène, chaussures de marche, baudrier et casque d’escalade ; les couches se succèdent, l’impression d’oppression aussi. Une fois équipés, nous traversons le village et empruntons le sentier pédestre qui, rapidement, surplombe les gorges de Covatannaz, où se faufile l’Arnon. Une grosse vingtaine de minutes de marche plus tard, nous quittons le sentier pour nous rapprocher du bord de la rivière. Clair et limpide, le paysage de carte postale du paisible cours d’eau paraît bien loin de la description d’une Arnon «sauvage» décrite plus tôt. «Soyez patients, ça viendra bien assez vite», lâche, le sourire en coin, Jean-Marc Krattiger.

Avant de plonger dans l’eau, une vérification du matériel est nécessaire. ©Michel Duperrex, Simon Gabioud

Avant de plonger dans l’eau, une vérification du matériel est nécessaire.

Vient alors le moment à la fois attendu et redouté : la mise à l’eau. Progressivement, l’eau, dont la température ne dépasse pas les huit degrés, s’infiltre dans la combinaison. «Ça réveille, pas vrai ?» Les frissons parcourant mon corps, j’hoche la tête. Suivant le cours de la rivière, on se met en route. Les premiers mètres sont sans difficulté notoire. «L’avantage de ce canyon est que le degré de difficulté va croissant», souligne notre guide. Très vite, ses propos sont confirmés. L’Arnon, auparavant si docile, défile sous nos pieds, avant de se déverser dans une première vasque. «Prêt pour le grand saut ?» Après quelques consignes de sécurité, je m’exécute. Frissons garantis. Au propre comme au figuré.

Suspendu à 15 mètres du sol

A pied ou à la nage, tous les moyens sont bons pour suivre le cours de l’Arnon. ©Michel Duperrex, Simon Gabioud

A pied ou à la nage, tous les moyens sont bons pour suivre le cours de l’Arnon.

Les cascades s’enchaînent. Les sauts dans des vasques plus ou moins profondes, aussi. De-ci de-là, les toboggans dans les glissières dessinées par le cheminement millénaire de l’eau remplacent les sauts dans le vide. Le vide, justement, il en est question lorsque mi-parcours, le guide installe un pendule de fortune, à une quinzaine de mètres du sol. Balancé de part et d’autre, surplombant le bras de la rivière tumultueuse, on a l’impression de jouer, quelques secondes durant, les Indiana Jones des torrents. De grandes aventures dans les replis des gorges de Covatannaz et les veines de l’Arnon dessinées par les siècles. L’ivresse nous emporte : «Waouh !»

Le canyoning, un sport «fun» méconnu

Certaines cavités, sous les chutes d’eau, peuvent également être visitées. ©Michel Duperrex, Simon Gabioud

Certaines cavités, sous les chutes d’eau, peuvent également être visitées.

Souvent confondu avec le rafting, le canynoning est un condensé de randonnée pédestre, d’escalade, d’alpinisme et de sport en eaux vives. Il consiste à progresser dans le lit d’un cours d’eau en marchant, sautant ou nageant dans des gorges, des ravins étroits, des cascades de hauteur variée ou, encore, des toboggans naturels. «C’est aussi un formidable moyen de sensibilisation à la beauté de l’environnement qui nous entoure», relate Jean-Marc Krattiger.

Le dernier saut (6 mètres) offre une ultime montée d’adrénaline. ©Michel Duperrex, Simon Gabioud

Le dernier saut (6 mètres) offre une ultime montée d’adrénaline.

Si les cantons du Valais et du Tessin constituent les haut-lieux de la pratique de ce sport en Suisse, le Nord vaudois n’en est pas moins une région à fort potentiel : «Vuiteboeuf pourrait même devenir l’un des pôles du canyoning, lâche le guide de montagne. De par leur proximité avec le village et le nombre de leurs vasques et de toboggans, les gorges de Covatanne offrent un terrain de jeu très intéressant pour la pratique du canyoning.»

Guideconcept, la carte de l’expérience

©Michel Duperrex, Simon GabioudTous deux détenteurs d’un brevet de guide de montagne, Jean-Marc Krattiger (photo) et Guillaume Rubin ont allié leurs compétences et leur solide expérience pour créer Guideconcept. Soucieux de diversifier leur offre, ces deux passionnés de sport ont souhaité développer la pratique du canyoning dans le Nord vaudois, cette année. Pour de plus amples informations sur le parcours, les tarifs et les disponibilités : www.guideconcept.ch.

 

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Simon Gabioud