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Les grands marionnettistes maliens sont arrivés!
Baulmes, 11 septembre 2020. Festival Yelen. © Michel Duperrex

Les grands marionnettistes maliens sont arrivés!

11 septembre 2020 | Edition N°2785

Baulmes – L’organisatrice du festival Yelen a poussé un cri de soulagement en voyant débarquer, jeudi soir, les artistes qu’elle attendait avec impatience. Ceux-ci n’ont pas dormi durant quatre jours et ont dû affronter mille et une difficultés pour arriver au pied Balcon du Jura.

“Quand je les ai vus, j’ai fondu en larmes!” Pour la Baulméranne Mireille Keïta, c’était un miracle de voir les marionnettistes franchir les portes de l’aéroport de Genève, jeudi soir. L’organisatrice du festival Yelen, qui prône la mixité entre cultures, n’y croyait plus. Depuis une semaine, elle suivait les déboires d’une poignée d’artistes qui n’arrivaient pas à obtenir leur visa pour rejoindre le Nord vaudois où ils étaient attendus. “On n’a même pas osé dire aux autres ce que l’on allait faire. On est parties en prétextant qu’on allait faire des courses”, rigole encore Jessica Garcia, la secrétaire de l’association Farafina qui chapeaute l’événement.

Si la quatrième édition du festival Yelen a pu démarrer jeudi avec un tas d’animations, comme des chameaux, des ateliers et de la musique, il manquait toutefois les fameux marionnettistes. Pendant que la manifestation se préparait sérieusement, ces derniers passaient d’une galère à une autre.

Leur périple a commencé au Mali, lorsqu’ils n’ont pas pu récupérer les visas délivrés par la Suisse. Ils ont donc été envoyés au Sénégal pour les récupérer. Mais la route était semée d’embûches puisque rien que pour passer la frontière, c’était toute une histoire vu que le Mali venait de subir un coup d’état. “On a dû traverser un fleuve, partir en courant au milieu de la nuit à cause de la police, puis traverser des champs plein de boue et d’épines, avant de dormir dans une espèce de cage avec des animaux, raconte Ladji Barry. En plus, il pleuvait!” Après être arrivés péniblement à Dakar, de nouveaux problèmes ont surgi. L’administration leur bloquait encore une fois le passage. Finalement, après quelques coups de téléphones des instances officielles suisses, les marionnettistes ont récupéré leur visa. C’est là qu’une course contre la montre a démarré: “Ils devaient absolument arriver à temps au train pour prendre l’avion pour la Suisse car le prochain était lundi, soit après la fin du festival”, explique Mireille Keïta. Les artistes ont donc embarqué pour un trajet de deux jours – avec une panne de voiture au passage – avant de faire un passage éclair chez eux pour faire leur valise. Et hop, direction l’aéroport du Burkina Faso.

“On était fâchés, mais on s’est ressaisis, car on voulait vraiment apporter notre soutien au festival Yelen”, rapporte encore Fidel Sossou, qui attend de présenter son art à Baulmes depuis trois ans. Après avoir passé quatre jours sans dormir, les Maliens sont arrivés au pied du Balcon du Jura heureux comme des papes. “Ils ont mangé et sont allés se coucher. On pensait qu’on n’allait pas les voir avant vendredi soir mais non à 8h ils étaient au taquet, s’étonne Mireille Keïta. Ils voulaient tellement voir l’énergie que le festival dégage qu’ils se sont levés et ont tout de suite pris leurs marionnettes. C’était impressionnant!”

Photo: Michel Duperrex

 

Christelle Maillard