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Les jumelages : une tradition au succès fluctuant

29 septembre 2016 | Edition N°1838

Nord vaudois – A l’heure où la Cité thermale fête, ce week-end, ses noces d’or avec Nogent-sur-Marne, les plus petites communes du cru peinent parfois à garder des liens tenaces avec l’étranger.

Fruit du jumelage avec Cabrières d’Avignon, le Marché provençal de Concise n’a pas été reconduit cette année. ©Jacquet-a

Fruit du jumelage avec Cabrières d’Avignon, le Marché provençal de Concise n’a pas été reconduit cette année.

La venue, dans le Nord vaudois, d’une délégation d’une dizaine de Nogentais marquera, en cette fin de semaine, le 50e anniversaire du mariage entre la ville du Val-de-Marne et la Cité thermale (lire encadré). Initiée, en son temps, par l’Union internationale de maires pour la compréhension franco-allemande et le rapprochement des peuples d’Europe, la démarche a débouché sur la signature, en juin 1964, d’un serment de jumelage. Ce que la Municipalité yverdonnoise considérait, à l’époque, comme un «essai limité à une année», qu’elle ne transformerait pas si les interactions entre les deux protagonistes devaient se limiter «à des réceptions officielles des édiles», a permis de tisser des liens dans de nombreux domaines. Echanges dans le milieu artistique, entre groupes de musiciens, sportifs et enfants des deux localités, participation réciproque à divers événements, mais aussi inauguration, en 1995, du quai de Nogent, dans la Cité thermale, et du Square Yverdon, en France, une année plus tard : l’histoire commune est riche et continue à s’écrire. «Depuis 2009, le club de Nogent est venu chaque année pendant un week-end, à l’exception de 2016. L’an passé, nous sommes allés làbas en nombre. Nous avons été très bien accueillis par les autorités locales», souligne, ainsi, David Perritaz, caissier de l’Aikido-Kyutai yverdonnois.

Outre Nogent-sur-Marne, Yverdon-les-Bains est jumelée à Winterthour, et a conclu une charte d’amitié avec la ville serbe de Prokuplje, Kagamino au Japon, Collesano, en Italie, et Pontarlier.

La Cité thermale a même, plus récemment, renforcé sa position dans l’univers de la science-fiction en s’unissant à Gotham City. Les autorités du chef-lieu du Nord vaudois ont alloué, cette année, un budget de 117 500 francs aux jumelages, placés depuis juillet dernier, sous la conduite du municipal Marc-André Burkhard.

Dotées de capacités financières plus réduites, les plus petites communes peinent parfois à maintenir vivants les liens tissés avec l’étranger. C’est le cas de Romainmôtier- Envy, dont le rapprochement avec Nagaoka City, au pays du Soleil levant, est depuis une dizaine d’années, en stand-by. «Cette grande ville possède un département des relations internationales. Nous recevons de temps à autre des cartes de leur part, mais peinons, de notre côté, à honorer le jumelage», admet le syndic Fabrice De Icco. Nous sommes des miliciens contraints de fixer des priorités parmi les projets à porter», tient-il à rappeler.

Un graveur fédérateur

L’élu relève, enfin, qu’à l’origine, sa commune s’était liée à Oguni, une bourgade campagnarde rattachée à Nagaoka City suite à une fusion. «Le graveur Pierre Aubert allait y chercher le papier japon qu’il utilisait. C’est ainsi que les contacts initiaux ont été établis», indique Fabrice De Icco.

Le mariage entre Baulmes et Mont-Saint-Sulpice, dans l’Yonne (F), a lui aussi quelque peu perdu de sa surperbe. Jadis annuelles, les rencontres se déroulent désormais tous les cinq ans. «Les gens vieillissent. Les échanges se faisaient toujours entre les mêmes familles. Certaines d’entre elles continuent cependant à se voir régulièrement de leur côté», commente le syndic Julien Cuérel.

Jeunes moins réceptifs

Claude Jäggi, président de la Société du jumelage Concise- Cabrières d’Avignon, attribue au changement des mentalités l’essoufflement qu’il observe dans sa commune. «Nous étions contents, dans notre jeunesse, de descendre dans cette très jolie région du Vaucluse, car nous avions moins de possibilités qu’à l’heure actuelle. Aujourd’hui, il est plus facile pour les jeunes de prendre un vol bon marché pour Barcelone», déclare le Nord-Vaudois.

Dans la commune de Corcelles- près-Concise, Philippe Humbert partage l’observation de son voisin. Il prévoit de rencontrer, en novembre, le maire de la commune bourguignonne de Saint-Martin- sous-Montaigu, afin de trouver de nouvelles idées rassembleuses et attractives pour la jeune génération. «Des joutes sportives ou une rencontre de ski au Mont d’Or font partie des pistes que j’ai en tête», précise l’élu.

Le succès rencontré par Cheyres l’an passé, dans le cadre de la fête du 15e anniversaire de son amitié avec le village cévenol de Saint-Martial, pourrait être une source d’inspiration.

«Nous avons fait remarquer à la Jeunesse qu’en nous associant à la Bénichon, elle aurait droit à un apéritif offert par la Commune, ainsi qu’à davantage de danseurs et de personnes au repas. Cela a été une opération gagnant-gagnant », explique Dominique Rosset Blanc, du comité du jumelage.

Yverdon-les-Bains – Trois jours de festivités
Cérémonie officielle demain

Après le déplacement, en mai dernier, d’une délégation yverdonnoise en terre nogentaise, des représentants de la ville située en région parisienne seront de passage de demain à dimanche dans la Cité thermale. Une cérémonie officielle aura lieu demain de 17h à 18h au quai de Nogent.

Cet événement auquel la population est conviée, donnera l’occasion d’inaugurer la plaque commémorative liée au demi-siècle du jumelage franco-suisse. Le reste du programme, qui comprendra, notamment, la visite de la déchetterie de la Strid, celle de l’abbatiale de Romainmôtier et celle, guidée, de la ville, n’est pas ouvert au public.

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Ludovic Pillonel