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Les scientifiques du numérique sur un piédestal

26 juillet 2018 | Edition N°2297

Le festival Numerik Games, qui se déroulera du 24 au 26 août à Y-Parc, retrouvera son ADN avec les animations phares de ses débuts, dont l’art digital, tout en faisant la part belle aux conférences.

Au fil des éditions du Numerik Games Festival, Marc Atallah, directeur de la Maison d’Ailleurs, a prouvé que le monde numérique ne se réduisait pas uniquement à une vision de geeks en train de jouer à des jeux vidéo. Et, avec l’édition 2018 de la manifestation qui se déroulera du 24 au 26 août au Parc scientifique et technologique d’Yverdon-les-Bains, il prouvera encore une fois que les enjeux liés à ce domaine sont vastes mais totalement ancrés dans l’actualité de tous les citoyens. «Un des highlights, ce sont les conférences tout public, lance Marc Atallah (en médaillon). Elles sont très importantes pour moi et d’ailleurs, cette année, je traite les conférenciers comme des performeurs à part entière puisqu’ils seront installés sur la grande scène». Pourtant, seules quatre interventions sont prévues, soit trois fois moins qu’en 2017. «Cette fois, je préfère que les gens se disent: je vais écouter deux conférences et après je m’éclate, plutôt que d’en organiser douze et que presque personne n’aille les écouter, comme l’an dernier, explique l’organisateur des Numerik Games. Le but du festival est de présenter la diversité du numérique, non seulement pour inviter le public à se divertir, mais aussi pour qu’il ait accès aux outils et les interlocuteurs pour alimenter une réflexion sur le monde dans lequel il vit. Car ce monde a subi une révolution gigantesque avec l’arrivée du numérique, mais invisible.»

Big data, le super-héros

Parmi les orateurs retenus figure Libero Zuppiroli, de Bonvillars, professeur de physique des matériaux à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) depuis 1990. «On vit dans un monde où il y a beaucoup de problèmes à résoudre, que ce soit au niveau de la santé, de la prévoyance ou encore de la formation. Et à chaque fois, on se tourne vers le big data (ndlr: l’ensemble des données numériques confiées aux géants du web, notamment à travers les objets connectés et les technologies intelligentes), comme si c’était un super-héros», explique-t-il. Bien que le Nord-Vaudois navigue entre l’humour et la pédagogie, il fonde son discours sur des faits qu’il juge alarmants. «Le recours au big data a un prix, même si on ne le voit pas ici. Par exemple, les serveurs de Google consomment autant qu’une ville de 500 000 habitants – et il faut une source d’énergie stable donc pas produite par des éoliennes ou des panneaux solaires. Et cela coûte de l’argent, puisque des centaines de milliards de dollars sont dépensés chaque année dans le secteur de la cybersécurité, au sens large. Un jour ou l’autre, il y aura des choix à faire.» Comme lui, trois autres conférenciers monteront sur la scène pour présenter, le vendredi 24 août, les métiers du jeu vidéo (18h) et les dangers d’Internet (19h30), ainsi que l’impact du numérique dans le cinéma (19h30), le samedi 25 août.

L’art numérique

Outre une immersion inédite dans le cosmos avec un casque de réalité virtuelle, des jeux vidéo conçus spécialement pour Numerik Games et donc à tester en avant-première, des ateliers pour les enfants et des animations musicales, il y aura un autre point fort cette année: le speed painting. «Je reviens avec ce qui était au cœur de Numerik Games en 2016, c’est-à-dire les peintures de fresques murales digitales», confie Marc Atallah. Quatre artistes de renommée internationale dessineront sur les façades des bâtiments d’Y-Parc. «Le soir, certains dessineront une fresque spatiale pendant que 95 musiciens joueront des classiques de films de science-fiction qui se passent dans l’espace», conclut celui qui a tout fait pour combler les attentes des quelque 7500 visiteurs attendus.

Christelle Maillard