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L’étrange monde du Laboratorium

22 octobre 2014

Programmée, vendredi dernier, dans le cadre de la semaine spéciale jeune public au Théâtre Benno Besson, la pièce Le Laboratorium, a fait frémir les têtes blondes, sur fond d’expériences scientifiques et de tentative d’évasion.

Le Laboratorium était joué vendredi dernier à Benno Besson. DR

Le Laboratorium était joué vendredi dernier à Benno Besson.

Quelques étagères poussiéreuses au sommet desquelles, plongés dans le formol baignent d’étranges créatures chantantes, souffleuses de contexte, à l’instar des choeurs dans les pièces de la Grèce antique. Quelques fioles encore et, plus loin, une cage de verre, prison de deux rats parlant, mais, surtout, rêvant de la grande évasion. Histoire de ne pas finir comme leurs nombreux congénères: disséqués, au nom de la science, sur la grande table qui meuble le centre du laboratoire.

Des rongeurs sacrifiés sous les lames du professeur Illman, savant fou, et de son assistant aux dents aussi rares que le sont ses neurones, l’horrible Crameur. Le tout sous le «regard» attendri, parfois irrité, de la maman du professeur dont il ne reste, en attendant de trouver le remède contre la mort, que le cerveau conservé sous une cloche de verre.

En manque d’adrénaline

C’est vrai, le décor -très bon par ailleurs- de la pièce Le Laboratorium, de la Compagnie Succursale 101, mise en scène par Angélique Friant, a, de prime abord, tout de l’ambiance du film d’horreur pour adolescent boutonneux en manque d’adrénaline. Mais c’est bien connu, il ne faut pas se fier aux apparences, puisque ce spectacle, programmé la semaine dernière au Théâtre Benno Besson, se veut avant tout un spectacle jeune public.

Et les dizaines de têtes blondes présentes au théâtre, vendredi dernier, pour assister à la représentation, programmée dans le cadre de la semaine spéciale jeune public organisée conjointement par les deux théâtres de la ville d’Yverdon-les-Bains, ne s’y sont pas trompées. Enfin, pas toutes. Car s’il y a, ma foi, peu à redire, tant sur la qualité de la scénographie -peut-être un peu sombre sur la longueur- que sur le jeu des deux acteurs de ce Laboratorium, on peut toutefois fois se poser la question de son accessibilité aux plus jeunes, dont certains, à n’en point douter, on dû passer une nuit suivante mouvementée. Ceci et une fin qui aurait, peut-être, mérité de faire son apparition de manière moins abrupte.

Mais dans l’ensemble, cette pièce restera comme un bon moment de théâtre, pour autant que l’on n’ait plus besoin d’un doudou pour dormir.

Raphaël Muriset