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L’évacuation du Moulin poursuivie en fin de semaine

5 février 2018 | Edition N°2178

Yverdon-les-Bains – Les travaux d’évacuation des décombres et de sécurisation ont mobilisé les intervenants, sous le contrôle des pompiers. La rue Cordey reste fermée.

Toutes les parties endommagées ont été démolies. Les travaux d’évacuation des matériaux et les travaux d’extinction se poursuivent. ©Michel Duperrex

 

Le grand bâtiment du Moulin d’Yverdon présente un trou béant. Il a fallu démolir une bonne partie des murs donnant sur la rue Cordey, pour permettre l’extraction des décombres qui ne cessent de fumer.

Hier encore, une section du Service de défense incendie et secours (SDIS) du Nord vaudois œuvrait sous la direction du capitaine Pascal Livet, officier de service. Il y a une telle quantité de farine et de bois que de petits foyers subsistent. Les pompiers sont là pour les éteindre. Mais il faudra tout enlever pour régler le problème.

Pour les hommes du SDIS Nord vaudois, cette intervention est, et de loin, l’une des plus astreignantes de ces dernières décennies. En effet, depuis le déclenchement de l’alarme, jeudi dernier à 3h44 du matin, ils ont assuré une permanence quasi continue. Le chef d’intervention Christophe Masson a d’ailleurs fini son service avec une extinction… de voix.

Des mesures de sécurisation durables ont été prises dès vendredi, une fois un premier bilan tiré. Les collaborateurs du Service des énergies (SEY) d’Yverdon-les-Bains ont ainsi mis hors service toutes les alimentations électriques et de gaz.

De son côté, après une évaluation réalisée par ses experts, l’ECA a chargé une entreprise de prendre les mesures nécessaires de préservation de l’immeuble situé au sud, qui abrite l’huilerie, un appartement et des bureaux. Le toit de cet immeuble était totalement bâché dimanche après-midi.

Grâce au mur de séparation avec la partie production du moulin, le sud de la bâtisse n’a pratiquement pas souffert du feu. Par contre, l’eau a provoqué des  dégâts.

Inconsommable

Une inconnue subsistait sur l’état du blé -quelque 150 tonnes- stocké dans la tour silo. Elle a été levée samedi. Après le travail de préparation des pompiers, une entreprise spécialisée a procédé à la première extraction des grains. Ceux-ci étaient, en apparence, intacts. «A la dégustation, ils exalaient un goût de fumée. On ne peut rien en faire», relève Philippe Gonin, président du Moulin d’Yverdon, qui a effectué le test avec le conseiller national Jean-Pierre Grin, agriculteur.

Alors que le silo était totalement plein, les pompiers ont été surpris de voir que la limite supérieure des céréales avait baissé de plusieurs mètres. Cela pourrait indiquer que la température est montée très haut et qu’elle a séché les céréales. Le taux d’humidité du blé oscille aux environs de 15%.

Au bas du silo, la masse était compacte et les pompiers ont dû préparer l’ouverture pour permettre au camion-aspirateur d’entrer en action. Le travail d’extraction des céréales se poursuivra aujourd’hui.

Causes inconnues

En ce qui concerne les causes de l’incendie, il faudra attendre les conclusions de l’enquête en cours pour en savoir plus. Les installations mécaniques du moulin, situées au cœur de l’immeuble, là où le sinistre paraît s’être déclaré, étaient hors service en vue de la révision annuelle.

C’est pour cette raison que les stocks de farine ont été portés au plus haut (150 tonnes) pour continuer à assurer les livraisons pendant la phase d’entretien.

Pour ce qui est de l’avenir, le conseil d’administration de la coopérative doit se réunir dans quelques jours. Mais, manifestement, dirigeants et coopérateurs, très agréablement surpris par l’élan de soutien des consommateurs, sont déterminés à reconstruire le moulin, plus beau qu’avant.

Isidore Raposo