Logo

L’hécatombe se poursuit dans le Buron

16 octobre 2015

Yverdon-les-Bains – Des centaines de petits poissons ont été retrouvés morts, mardi soir, dans le cours d’eau traversant la Cité thermale. La cause de ce carnage reste inconnue.

Le carnage a eu lieu le long de la promenade du Buron. © Nadine Jacquet

Le carnage a eu lieu le long de la promenade du Buron.

Patrick Porchet, le garde-pêche d’Yverdon-les-Bains et région, est dépité. Depuis deux ans, les cadavres de petits poissons se multiplient dans le Buron. Alerté par Police Nord vaudois, il a une nouvelle fois été le témoin d’un bien triste spectacle, mardi soir: plusieurs centaines de petits poissons blancs flottant, sans vie, à la surface du cours d’eau.

Une scène de désolation d’autant plus frustrante que tout reste à découvrir sur l’origine de la pollution ayant vraisemblablement causé le massacre. «Après des heures de recherches, en collaboration avec la Brigade du Lac, nous n’avons aucune piste, ni sur le produit, ni sur l’auteur», déplore Patrick Porchet.

Dès lors, plusieurs hypothèses sont plausibles. Le garde-pêche évoque, par exemple, «un mauvais branchement dans une maison rénovée dernièrement ou une usine», ayant potentiellement entraîné le déversement de javel ou d’un autre produit néfaste dans le Buron.

Le carnage de mardi n’est, hélas, pas sans précédent. Le ruisseau qui se jette dans le lac de Neuchâtel a, en effet, été le théâtre de trois incidents similaires depuis la période estivale. Trois autres ont été répertoriés l’été passé. «En tout, plusieurs milliers de poissons sont morts. Il faut trouver des solutions, car cela ne devrait normalement jamais arriver, s’offusque Patrick Porchet. C’est à se demander si la campagne de sensibilisation «Sous chaque grille se cache une rivière», réalisée il y a deux ans par l’Association suisse des gardes-pêche, a réellement porté ses fruits.»

Visiblement, les cadavres retrouvés dans le Buron sont, pour la plupart, ceux de petits chevesnes, une espèce de poisson d’eau douce indigène commune, mais particulièrement vulnérable aux atteintes à son environnement aquatique.

Le garde-pêche relève, toutefois, que la pollution suspectée n’a pas coûté la vie à tous les individus, qui ont pour habitude de gagner le lac pour passer l’hiver.

Ludovic Pillonel