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L’ultime grand rendez-vous avant les Jeux

19 février 2020 | Edition N°2687

Les pistards suisses partiront à la chasse aux médailles et aux billets olympiques, lors des Championnats du monde de Berlin, la semaine prochaine. Cyrille Thièry et Théry Schir, du VC Orbe, seront en première ligne.

Le rêve olympique est à portée de roues, pour Cyrille Thièry et Théry Schir. Grâce à un excellent hiver, la Suisse se trouve en très bonne position pour décrocher les différents sésames olympiques qui seront distribués au terme des Championnats du monde de Berlin, la semaine prochaine. Des joutes qui revêtent donc une double valeur. «À mes yeux, et comme je l’ai dit aux entraîneurs nationaux, sportivement, ces Mondiaux sont aussi importants que les JO», lance le premier nommé. Non, les pistards helvétiques ne se battront pas seulement pour se rendre à Tokyo, mais aussi pour l’exploit.

Cyrille Thièry devrait être aligné en poursuite par équipes sur l’anneau allemand. «Je suis tombé à l’entraînement il y a quelques semaines, et il a fallu un peu de temps pour que je me remette, reconnaît le Chavornaysan, Ce n’est pas la préparation idéale, mais ça va mieux et je serai prêt pour Berlin.»

Les poursuiteurs rêvent bien sûr d’une médaille, mais monter sur le podium sera très compliqué. «On se situe plutôt à la 5e ou 6e place de la hiérarchie, estime Cyrille Thièry. Et si tout le monde est en super forme le jour J, alors on peut espérer mieux.»

De retour quatre ans plus tard

Son coéquipier au VC Orbe, Théry Schir, sera aligné en omnium et en madison en fin de programme. Pour lui, le rendez-vous berlinois fera office de retour à des Mondiaux après une dernière expérience en 2016 (il était blessé en 2017, concentré sur la route en 2018 et non sélectionné en 2019). Comme les autres pistards suisses, il s’est entraîné à Majorque cet hiver. «Une super préparation, assure le Lausannois. À présent, il s’agit de valider notre qualification pour les JO. On est bien placés, la balle est dans notre camp.»

Il sera non seulement question d’obtenir une qualification collective au nom de la Suisse, mais aussi de marquer des points pour être sélectionné individuellement aux Jeux. Les plus expérimentés sentent une certaine confiance du staff, mais rien n’est acquis. Réaliser de bons Mondiaux est primordial.

Car l’équipe nationale compte sur une densité plus élevée que jamais. Neuf athlètes ont roulé au sein de l’équipe de poursuite en Coupe du monde. Autant dire que les entraîneurs Daniel Gisiger et Mickaël Bouget ont eu l’embarras du choix à l’heure de composer l’équipe pour Berlin. «La sélection n’a jamais été aussi difficile», confirme le premier.

L’évolution de la poursuite par équipes est impressionnante. Entre janvier 2019 et janvier 2020, le record national sur la distance de 4000 mètres a été abaissé de près de cinq secondes. «Nous avons énormément investi à différents niveaux dans l’équipe nationale de piste. C’est aujourd’hui que nous récoltons les fruits de ce travail», confie le chef du sport de compétition de Swiss Cycling, Beat Müller.

 

Besoin d’un top 8 pour une qualification olympique

La complexité du système de qualification olympique promet un grand suspense lors des Mondiaux. Comme ces joutes octroient un nombre de points sensiblement plus élevé que les épreuves continentales et les événements de Coupe du monde, seuls quelques participants olympiques sont connus avant la dernière échéance comptant pour la phase de qualification en vue des Jeux d’été à Tokyo.

D’un point de vue suisse, beaucoup dépendra des poursuiteurs. Si le quatuor se classe dans le top 8 à Berlin, il se qualifiera d’office pour les JO. Dans ce cas, la Suisse obtiendrait automatiquement un billet olympique dans la discipline du madison.

La situation chez les femmes est différente. Le projet de piste a été lancé en 2017 avec quatre cyclistes, dont la Challensoise Léna Mettraux, qui pratiquaient principalement le VTT. Malgré ce temps d’adaptation relativement court, une participation olympique de cette jeune équipe est encore à portée de main; il suffirait en effet aux Suissesses de gagner une place au classement tant en madison qu’en omnium. «Nous aurons besoin de performances exceptionnelles à Berlin pour y parvenir», déclare l’entraîneur national Scott Bugden.

Manuel Gremion