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L’urgence climatique ici et maintenant

23 juillet 2019 | Edition N°2545

Onnens – Précurseur en matière de respect de l’environnement, Jorgen Hempel plaide pour les petits gestes aux grands effets.

Lorsqu’il est question d’urgence climatique, on songe immédiatement à la Suédoise Greta Thunberg, véritable porte-drapeau de la cause au niveau mondial. Elle a en effet réussi à mobiliser les foules, en particulier les jeunes. Mais les personnes qui se soucient de l’avenir de la planète au quotidien ne participent pas forcément aux grandes démonstrations.

Habitant Onnens, Jorgen Hempel, est préoccupé par l’évolution climatique depuis des décennies. En effet, cet octogénaire d’origine danoise construit depuis longtemps des maisons en utilisant des techniques anciennes et des matériaux recyclables, notamment le chanvre et la chaux.

Les petits ruisseaux…

Lorsque le Conseil communal d’Yverdon-les-Bains a adopté, en mai dernier, une motion interpartis demandant à la Municipalité de présenter un plan d’urgence climatique communal, Jorgen Hempel a proposé, en vain, ses services pour aider les autorités dans la démarche de réflexion et la préparation de propositions.

Pour ce citoyen, les conférences mondiales sur le climat font beaucoup parler d’elles, «mais elles ne sont pas suivies de démarches concrètes», déplore-t-il: «Depuis les accords de Kyoto, il y a quinze ans, il ne s’est rien passé, parce que des mesures iraient à l’encontre d’intérêts économiques majeurs. Si on ne fait rien, le monde va peut-être survivre, mais l’homme disparaîtra», assure-t-il.

Un manuel

Ce constat d’impuissance ne décourage pas Jorgen Hempel. Il estime en effet que les petits gestes quotidiens peuvent, s’ils sont accomplis par le plus grand nombre, avoir des effets très positifs.

Il s’est ainsi attelé la rédaction d’un hand book, dans lequel il énumère des stratégies de préservation de l’environnement à la portée de tous. Ce petit manuel devrait sortir de presse dans le courant de l’automne.

En attendant, Jorgen Hempel énumère des mesures qui peuvent avoir un effet immédiat: «Je propose que pendant six mois on réduise la vitesse maximale à 100 km/h sur les autoroutes, et à 60 km/h sur le réseau secondaire. Ces mesures simples contribueraient à réduire la consommation de carburant de 25 à 35%. Autre avantage, on enregistrerait moins d’accidents.»

Alerte par la couleur

Dans le domaine de la consommation de produits alimentaires, le citoyen d’Onnens préconise de simples étiquettes de couleur: «Des fraises produites en Afrique du Sud porteraient une étiquette noire. Avec la couleur, vous parlez à la conscience des gens. Car peu d’entre eux prennent le temps de lire les indications de provenance qui figurent en général en petits caractères. Et si un produit vient d’Yverdon-les-Bains, on lui donne une étiquette blanche.»

Jorgen Hempel dénonce aussi l’administration galopante, les multiples règles et normes qui compliquent les choses et renchérissent la vie, notamment dans le domaine de la construction. «On pourrait se passer du 90% de ces mesures, souvent très marginales ou ridicules. D’ailleurs, les autorités composées de miliciens n’y comprennent plus rien. Et on ne peut pas les blâmer. On devrait commencer par épurer la législation!»

Optimiste, cet écologiste avant l’heure trouve normal que les jeunes manifestent. Il espère que la pression de la rue finira par remettre en question le fonctionnement trop administratif d’une société qui privilégie des intérêts économiques le plus souvent cachés.

Isidore Raposo