Logo

Maïs très précoce en avant-première

4 octobre 2016 | Edition N°1841

Villars-sous-Champvent – Un agriculteur et son associé de Vuarrens testent une variété élaborée, à l’origine, pour leurs collègues de Sibérie occidentale.

Alain Monnier a semé trois hectares de maïs Zéta. Il mise sur cette variété pour valoriser une parcelle qui aurait, en temps normal, servi de lieu de pâture, à moindre valeur ajoutée. ©Michel Duperrex

Alain Monnier a semé trois hectares de maïs Zéta. Il mise sur cette variété pour valoriser une parcelle qui aurait, en temps normal, servi de lieu de pâture, à moindre valeur ajoutée.

Alain Monnier affiche une mine satisfaite en contemplant son champ de maïs situé à proximité de serres dédiées aux cultures maraîchères. Les plantes, d’une hauteur inférieure à la moyenne, arborent de beaux épis d’un jaune éclatant. Autant de germes d’espoir pour l’agriculteur que certains collègues ont traité de «doux rêveur» en apprenant son implication dans un projet novateur. Le maïs cultivé à Villars-sous-Champvent a été semé le 10 juillet, soit un mois et demi à deux mois plus tard que les variétés au développement standard.

«J’envisage de le battre en novembre et de le faire sécher chez un agriculteur de Champvent. Mon challenge consiste à parvenir à commercialiser du maïs grain destiné à l’affouragement du bétail», indique-t-il. Le pionnier nord-vaudois a été pris de ce «coup de folie» en consultant, le printemps dernier, la liste des semences importées par l’entreprise HünAgro A.G., avec laquelle il collabore depuis une dizaine d’années, dans le cadre de la vente de produits agricoles. «J’ai remarqué que l’indice de précocité était très bas pour le maïs Zéta (ndlr : cela signifie qu’il arrive à maturité rapidement, en l’occurence environ un mois avant la norme). Selon le responsable des achats d’HünAgro, cette variété a été élaborée en Slovaquie à l’époque communiste, à destination de la Sibérie occidentale, où les agriculteurs disposent de nonante jours entre le semis et la récolte. Je me suis donc dit qu’il y avait quelque chose de magnifique à tenter ici», commente Alain Monnier. Si le test s’avère fructueux, il lui permettra, en effet, de valoriser une parcelle qui, sans cette tentative, aurait fait office de pâture entre une culture d’orge d’automne et une autre de betterave sucrière. L’opération pourrait être intéressante d’un point de vue financier.

Aussi à Vuarrens

Son cousin et associé Jean- Yves Blanc a, lui aussi, pris la même option à Vuarrens, à 700 mètres d’altitude. Le semis de ce maïs très précoce a été effectué le 11 juillet, après deux coupes d’herbe, sur une parcelle d’1,5 hectare qui aurait, sinon, continué à nourrir le bétail. Les fruits de la récolte réalisée dans le village du Gros-de-Vaud profiteront à une quarantaine de vaches laitières et, indirectement, aux consommateurs du Gruyère de la Fromagerie du Gros-de- Vaud, à Vuarrens.

Une présentation de ces essais variétaux sera organisée, en première suisse, jeudi à 13h à Vuarrens et à 14h30 à Villars-sous-Champvent.

Ludovic Pillonel