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«Mes deux meilleures saisons»

6 octobre 2016 | Edition N°1843

Cyclisme – Danilo Wyss a tiré la prise du présent exercice, la semaine dernière. L’Urbigène dresse un bilan positif, malgré deux vives déceptions.

Changement de tenue : après le travail à la vallée de Joux, Danilo Wyss est passé par Orbe, auprès de ses proches et amis, lundi, pour préparer le repas de soutien du 12 novembre prochain. ©Michel Duperrex

Changement de tenue : après le travail à la vallée de Joux, Danilo Wyss est passé par Orbe, auprès de ses proches et amis, lundi, pour préparer le repas de soutien du 12 novembre prochain.

Privé de Grande Boucle et d’anneaux olympiques, Danilo Wyss est allé chercher son bonheur ailleurs. Tout a tourné rond à la Vuelta, notamment. Sur les routes d’Espagne, où il a accroché une 2e place d’étape et a largement contribué au succès de BMC au classement par équipes, l’Urbigène a prouvé que, une année après avoir obtenu le titre national au coeur d’un exercice 2015 d’exception, il était toujours au top de sa forme. «Je sors de mes deux meilleures saisons», affirme, sans le moindre doute, celui qui est prêt à rouler encore bien quelques années. «J’ai de la peine à me dire que j’approche de la fin de ma carrière, lance le cycliste aux 31 printemps. Tant que j’ai du plaisir, je vais continuer.»

Le clap de fin de saison

Danilo Wyss a posé le pied la semaine dernière. Il ressent une petite douleur au genou droite et, prudent, il a préféré renoncer à son ultime course au programme (en Italie), afin de ne pas forcer. «Je pense avoir fait un mauvais geste à la maison. A priori, après de rapides examens, ce n’est rien de grave. Mais c’est bien que ce soit la fin de la saison», précise-t-il. Depuis quelques jours, il a repris le chemin des bureaux d’Audemars Piguet, au Brassus, où il a l’habitude de travailler durant l’hiver. Son bobo et son job ne l’empêchent pas de continuer de s’entraîner encore «tranquillement, durant quelques jours», avant d’avoir droit à de vraies vacances. La préparation foncière pour 2017 commencera, elle, courant novembre.

Le bilan

En jetant un oeil par-dessus son épaule, le Staviacois d’adoption est satisfait de ses performances de ces dix derniers mois. «Dans l’ensemble, c’est bien. Même si j’avais les jambes pour gagner et que la victoire s’est jouée sur le plan tactique, une 2e place d’étape sur un grand tour, c’est quelque chose que je n’avais encore jamais réalisé ! C’était une première et ça me donne envie de faire mieux», lance celui qui a également décroché un 2e rang en Provence, en février. Pourtant, son bilan est terni par une grande déception. Celle de ne pas avoir participé au Tour de France, événement sur lequel il avait calqué son programme. «Ne pas y être allé était d’autant plus difficile à accepter que j’étais en pleine forme à cette période. Certainement plus que d’autres, estime-t-il. Je n’ai pas obtenu de véritable explication, mais il faut se souvenir que la sélection est très compliquée au sein de BMC. Pour preuve, des hommes comme Philippe Gilbert et Samuel Sánchez n’ont pas été retenus non plus.» Dans l’enchaînement, il n’a également pas été du voyage olympique à Rio de Janeiro. «Du moment où je ne participais pas au Tour de France, j’avais peu de chances d’être sélectionné. Ceux qui ont été les meilleurs aux Jeux sont ceux qui avaient roulé dans l’Hexagone.» D’ailleurs, son coéquipier chez BMC, le Belge Greg Van Avermaet, a été sacré au Brésil. La Suisse avait plutôt misé sur des grimpeurs, qui n’ont finalement pas réussi à se mêler à la lutte pour la victoire finale, sur un parcours pourtant bosselé.

La réponse

Le programme de l’ex-junior du FC Orbe -il était latéral avant de quitter le football pour se consacrer totalement au vélo-, s’est retrouvé chamboulé. Danilo Wyss ne souhaitait pas rester sur une telle déception et il a fini fort la saison. Sur la Vuelta, d’abord. «J’ai montré que j’étais en forme, prêt à travailler pour les miens. J’étais là, dans les derniers, lors du chrono par équipes. J’ai emmené Jempy Drucker pour les sprints et j’ai pu aller me battre, en fin de tour, pour sauver la première place de BMC au général», énumère l’infatigable équipier. Des performances à la hauteur de celle réalisée, ensuite, aux Championnats d’Europe, à Plumelec, en France. Il y a fini 12e et meilleur Suisse. Il ne participera pas, par contre, à la course en ligne des Championnats du monde, prévue le dimanche 16 octobre à Doha. Il avait estimé, avant même sa blessure, qu’il valait mieux faire l’impasse : «J’ai commencé ma saison en janvier. Mi-octobre, ça faisait trop loin pour garder la forme.» Ce d’autant plus que le parcours très plat ne lui laissait que peu de possibilités de s’exprimer.

L’avenir

La nouvelle est tombée en fin de semaine dernière. La marque horlogère suisse Tag Heuer viendra, en tant que cosponsor, en renfort de BMC. Les détails et les conséquences de l’opération seront communiqués ce samedi, la veille du contre-la-montre des Mondiaux sur route. Pour le moment, Danilo Wyss n’en sait pas plus sur les tenants et aboutissants. «Mais j’ai le sentiment que c’est une bonne nouvelle pour la suite», lâche-t-il. Pour sa part, il est toujours sous contrat avec la formation américano-suisse. «La saison est tout juste finie, je ne connais pas encore mon programme pour l’année à venir. Mais, bien sûr, j’aimerais bien essayer d’aller au Tour de France pour épauler Richie Porte qui, je pense, pourra y faire de très bonnes choses. C’est l’esprit fixé sur l’avenir que Danilo Wyss, le cycliste, aborde ces prochaines semaines, ces prochains mois, ces prochaines années. Les déceptions de l’été appartiennent définitivement au passé. «J’ai la chance de pratiquer un sport dans lequel il y a beaucoup d’événements qui comptent. Il n’y a pas que les JO. Je n’ai pas quatre ans à attendre», conclut-il. C’est l’avantage d’une (grande) boucle..

Une soirée pour une noble cause

La traditionnelle «Soirée de Danilo», organisée par son fans club, se tiendra dans un mois. La fête en l’honneur du cycliste (repas et animations sont au programme) se déroulera précisément le samedi 12 novembre, à la salle de la Prillaz d’Estavayer-le- Lac, commune où il est établi. Comme le veut la coutume, le bénéfices de l’événement seront reversés à des sportifs ou des causes. Cette année, le club de triathlon staviacois et l’association Zoé4life, qui vient en aide aux enfants atteints du cancer en Suisse, recevront un soutien bienvenu. «C’est la première fois que l’on choisit une association de bienfaisance», souligne, réjoui, Danilo Wyss.

Infos et inscriptions : www.danilowyss.ch

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Manuel Gremion