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Mettre l’affectif de côté

29 septembre 2017 | Edition N°2091

Football – Promotion league – Tous deux néo-promus, Yverdon Sport et Stade-Lausanne-Ouchy se retrouveront demain au Stade Municipal. A l’image de Brice Ngindu, nombreux sont les joueurs à avoir déjà évolué dans les deux camps.

Brice Ngindu ne devrait pas être sur le terrain au coup d’envoi, demain. ©Duvoisin-a

Brice Ngindu ne devrait pas être sur le terrain au coup d’envoi, demain.

Les joueurs passés par Stade- Lausanne-Ouchy gardent rarement un mauvais souvenir de leur séjour à Vidy. Les conditions pour s’entraîner sont idéales, le club est très bien géré, l’ambiance est réputée pour y être des plus chaleureuses et, depuis plusieurs saisons, les résultats s’enchaînent. «Le SLO possède d’excellentes individualités, prévient Brice Ngindu, passé de Samaranch au Stade Municipal durant l’été. Mais sa plus grande force, c’est bien son trio Mejri-Gomis-Laugeois au milieu. S’il parvient à trouver Sonny Kok devant, tout devient très compliqué pour l’adversaire.»

Par chance pour Yverdon Sport, le maître à jouer Andy Laugeois -«avec Samuel Gomis, ce sont les poumons de l’équipe»- s’est blessé lors de l’exploit des Lausannois face à Sion, en Coupe de Suisse (victoire 2-1). Il sera donc absent pour ces retrouvailles avec YS (coup d’envoi demain à 17h30 au Stade Municipal), lui qui avait porté le maillot nord-vaudois de 2007 à 2011. Et le demi n’est pas le seul à avoir évolué dans les deux camps. En plus de Brice Ngindu, Florian Gudit et Quentin Rushenguziminega ont également exercé sous les ordres du coach Andrea Binotto.

«Il y a une atmosphère un peu particulière dans le vestiaire ces derniers jours, admet le Congolais d’origine. En plus de notre parcours récent en commun (ndlr : les deux formations sont néo-promues en Promotion League), on se connaît tous très bien. C’est aussi le cas des deux entraîneurs, qui effectuent leurs diplômes ensemble. Les deux clubs ont de bons rapports, ce qui a peut-être aussi joué sur mon transfert.»

D’ailleurs, comment Brice Ngindu est-il arrivé dans la Cité thermale, lui qui alignait les buts dans un club où il se sentait bien ? «C’est avant tout des raisons professionnelles qui sont entrées en ligne de compte. Je serai papa d’ici la fin de l’année et les allers-retours avec Genève, où j’ai travaillé pendant cinq ans lorsque je jouais à Stade, ne me convenaient plus. Avec les déplacements que l’on doit faire le weekend en Promotion League, ça faisait trop. J’ai donc décidé de penser à demain et de chercher (ndlr : il n’a pas encore trouvé) quelque chose dans la région, ce que Stade-Lausanne ne pouvait pas me proposer. Et, en finalité, je suis arrivé à YS.»

 

Le poste de latéral, il connaît

 

Première adaptation, après quelques matches, Anthony Braizat a décidé de faire de son renfort un latéral. «Ça ne m’a pas dérangé, au contraire. Même si j’avais pris l’habitude d’évoluer sur l’aile au SLO, John Dragani m’avait déjà fait jouer comme défenseur lorsqu’il entraînait le Stade Nyonnais. Et le coach m’a bien fait comprendre qu’il comptait sur mes qualités de joueur de couloir pour que je prenne mes libertés et que je ne reste pas scotché derrière.» Au-delà de ça, l’intégration du footballeur de 28 ans s’est faite de la manière la plus simple du monde : «Je connaissais déjà la plupart de mes coéquipiers. Aurélien Chappuis, David Marazzi et Patrick Cazzaniga viennent également de Lausanne, alors on s’arrange pour faire les trajets ensemble.»

 

Il rêve d’entrer en jeu

 

Reste que, même si Brice Ngindu s’est rapidement fait une place à Yverdon et qu’il a effectué des débuts plutôt convaincants, il ne devrait pas être sur le terrain au coup d’envoi demain. «L’entraîneur est toujours très honnête avec nous concernant ce genre de choses. Les joueurs qui prétendent aux mêmes postes que moi ont tous réalisé de bonnes performances récemment, pendant que j’étais absent. C’est logique que je me retrouve sur le banc, même si j’aurais adoré pouvoir défier mes anciens coéquipiers, qui sont aussi mes amis pour la plupart. J’espère sincèrement avoir ma chance, même si ce n’est que pour quelques minutes.»

Que ce soit pour un quart d’heure ou le match entier, les Yverdonnois devront mettre l’affectif de côté s’ils entendent ne pas se faire secouer par des Lausannois dont la capacité à se sublimer dans les moments importants n’est plus à prouver. «On se serrera la main au coup de sifflet final. Car, avant ça, sur le terrain, il n’y a plus d’amitié, glisse Brice Ngindu. On a appris de nos erreurs récentes et, de toute façon, le rythme imposé par les premiers ne nous laisse pas le choix : on doit gagner !»
 

L’avant-match

Le point avec les équipes de la région

 
Promotion League
 
Yverdon Sport – Stade-Lausanne- Ouchy, samedi à 17h30 au Stade Municipal.

Les Yverdonnois restent sur une très convaincante prestation à La Chaux-de-Fonds (victoire 3-1). Peu d’occasions laissées à l’adversaire, une puissance offensive impressionnante, trois nouveaux points à la clé : bref, un match plein. Seul bémol ? YS a encaissé, encore. «On concède trop de buts, peste l’entraîneur Anthony Braizat. Quinze en neuf matches, c’est beaucoup. Face à Stade-Lausanne, il faudra garder cette réussite aux avant-postes, tout en se montrant un peu plus solide derrière. Dans tous les cas, si on ne réunit pas tous les ingrédients, on va se faire rentrer dedans. Nos adversaires n’hésiteront pas à nous punir.» Pour ce derby, seuls Lusuena (suspendu) et Gudit (blessé) manqueront à l’appel. Marque fera son retour dans l’effectif.

 

Bavois – Sion II, samedi à 17h aux Peupliers.

Une série de rencontres plutôt attrayante attend Bavois. Après avoir reçu Sion II demain, la troupe de Bekim Uka s’en ira à la Charrière affronter La Chaux-de- Fonds, avant de retrouver Stade- Lausanne-Ouchy aux Peupliers. Pour ces trois derbies romands, l’entraîneur bavoisan a tenu à mettre l’accent sur ce qui constitue sans doute le plus gros souci de son équipe : la constance. «On est sur une bonne lancée avec quatre points acquis en deux matches, lors desquels on n’a pas pris de buts. Il faut s’appuyer là-dessus, parce qu’on ne peut pas se le cacher : on peine vraiment à enchaîner. Dès qu’on a l’occasion d’aligner les résultats, un grin de sable vient toujours enrayer notre dynamique.» Dans un championnat où la moindre victoire peut propulser une équipe d’un bout à l’autre du classement, inutile de rappeler l’importance de rendre cette série de derbies prolifique. Pour la venue de Sion II, Bavois sera privé de Seipi (blessé) et Beynié (suspendu). Bovay sera de retour.

Florian Vaney