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La Municipalité se retrouve au pied du mur

2 février 2018 | Edition N°2177

Yverdon-les-Bains – L’Exécutif a dû se plier à la demande tardive du SIPAL, qui exige la conservation d’un vieux mur historique jouxtant le restaurant de La Grenette.

A la suite des travaux qui ont été entrepris pour rénover le bâtiment de La Grenette, situé à la rue du Four, à Yverdon-les-Bains, l’un des anciens murs extérieurs qui jouxte l’édifice -il appartient à la Commune- provoque quelques contrariétés au sein de la Municipalité.

Après des fouilles archéologiques tardives, le SIPAL a interdit la destruction de ce mur. © Michel Duperrex

Après des fouilles archéologiques tardives, le SIPAL a interdit la destruction de ce mur. © Michel Duperrex

«Nous avons convoqué le SIPAL (ndlr: le Service immeuble, patrimoine et logistique du Canton de Vaud), le 31 octobre dernier, mais nous n’avons reçu aucune réponse de leur part, confie Gloria Capt, municipale en charge du Service de l’urbanisme et des bâtiments, qui envisageait la destruction de ce mur.

C’est seulement quelques semaines après le lancement des opérations que le SIPAL s’est manifesté, «en menaçant de bloquer le chantier si la Commune poursuivait les travaux de rénovation», indique la municipale. En effet, après plusieurs investigations archéologiques, les experts ont constaté qu’il s’agissait d’un mur historique et qu’il était, par conséquent, protégé.

Un mur du XIIIe siècle

Contacté, Philippe Pont, chef du SIPAL, tient à préciser que son service entretient d’excellentes relations avec la Commune d’Yverdon-les-Bains. «Notre responsable de projet a dû procéder aux vérifications usuelles en raison de la qualité du patrimoine en question. Il s’agit d’un mur de la première enceinte de la ville, qui date du milieu du XIIIe siècle. Ces vérifications prennent du temps, mais réponse avait été apportée», explique le chef de service.

Selon lui, le mur historique concerné n’avait pas été indiqué en tant que tel dans le dossier présenté pour l’enquête publique, sous l’angle de l’archéologie. «L’immeuble qui jouxte le mur doit être stabilisé par des moyens techniques qui lui sont propres, poursuit-il. En aucun cas, il ne peut servir de mur de soutènement.»

La Commune n’ayant pas d’autre choix, elle devra se plier aux exigences du service cantonal. Ce contretemps n’a aucune conséquence sur l’avance des travaux, selon la Municipalité. Mais elle devra tout de même consacrer plusieurs dizaines de milliers de francs à la conservation de cet élément archéologique.

Valérie Beauverd