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Neuf plaintes déposées par cinq femmes

4 avril 2017 | Edition N°1969

Yverdon-les-Bains – Depuis hier, un homme est entendu par le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois pour avoir, notamment, enlevé l’un de ses enfants et contraint deux de ses ex-compagnes à des actes sexuels.

Le prévenu s’est rendu à l’audience pieds et poings liés, car il séjourne actuellement à la prison de La Chaux-de-Fonds. ©Michel Duperrex

Le prévenu s’est rendu à l’audience pieds et poings liés, car il séjourne actuellement à la prison de La Chaux-de-Fonds.

L’ affaire que le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois doit instruire, d’hier à aujourd’hui, est complexe. Sur le banc de l’accusation, le Ministère public et cinq femmes, dont trois ex-compagnes du prévenu représentées par des avocats. Ces cinq plaignantes ont porté plainte, à neuf reprises au total, pour différents événements qui se sont déroulés entre 2013 et 2016.

Face à ce panel, le prévenu, d’origine française, et son avocat. Le premier nommé est entendu sur une quinzaine de chefs d’accusation différents : dommage à la propriété, injures, menaces, tentatives de contrainte, contraintes sexuelle, infractions à la Loi sur la circulation routière, lésions corporelles, calomnie, utilisation abusive d’une installation de télécommunication, séquestration, viol, enlèvement de mineur, etc.

 

Enlèvement d’enfants

Alors qu’il n’avait qu’un droit de visite d’une heure trente, trois fois par semaine, il a emmené sa fille à Pontarlier. «Mon avocat, le consulat français en Suisse et la Police du nord de la France, tous m’ont conseillé de prendre ma fille pour faire trancher un nouveau droit de visite par la justice française, raconte le prévenu. Je voulais aussi faire ressentir à sa mère la souffrance que l’on ressent en l’absence de son enfant», conclut-il tout en témoignant son regret.

Autre chef d’accusation, des contraintes sexuelles sur deux de ses ex-compagnes. Et la première d’entre elles n’était alors âgée que de 20 ans au moment des faits. Leur relation a démarré sur un site de rencontre et n’a duré que deux semaines. Mais la jeune fille se souvient de cette période de 2014 et du prévenu, âgé de 26 ans à l’époque. Car il l’aurait, selon elle, contrainte à deux rapports sexuels non protégé. Par la suite, le prévenu lui aurait fait croire qu’elle portait son enfant et qu’au cas où elle avorterait, il la ferait interner dans un hôpital psychiatrique ou, pire, qu’il l’a tuerait. «J’étais naïve», explique la jeune femme, qui a témoigné en l’absence du prévenu. Puis, lors d’une dispute, alors qu’il voulait l’emmener à l’hôpital pour vérifier qu’elle n’avait pas couché avec d’autres hommes, il a saisi le portable de la jeune femme et l’a jeté par la fenêtre du véhicule. «Je suis prêt à la rembourser, je ne suis pas à ça près», commente le prévenu en s’excusant de son geste, qu’il admet, contrairement aux autres. «Maintenant, quand je sors, j’ai peur des hommes dans la rue», précise la plaignante.

«C’est de la manigance ! Mes enfants, c’est toute ma vie», a lancé le prévenu en contestant les dires de la seconde plaignante, de Vallorbe, expliquer que le bruit que faisait son fils en tétant le sein pouvait déclencher chez lui des épisodes de violences verbales. La Vallorbière a déposé pas moins de quatre plaintes contre le prévenu. Celle-ci lui reproche, entre autre, deux viols, le fait de l’avoir empoignée au cou trois fois, de l’avoir attrapée par les cheveux, tirée par le bras et bousculée alors qu’elle était enceinte.

La cause est toujours en cours d’instruction. Suites de l’affaire demain dans La Région Nord vaudois.

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Christelle Maillard