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Le nouveau visage de Playboy a charmé deux Nord-Vaudois

12 février 2018 | Edition N°2183

Yverdon-les-Bains – Sainte-Croix -  David Musetti s’est associé au jet-setteur David Swaelens-Kane pour lancer une édition suisse du magazine de charme Playboy. Un homme plein d’ambition qui a convaincu Philippe Roger de devenir son homme de réseau, et Julie Janus, la cheffe des «bunnies».

A première vue, on pourrait croire que David Musetti est un commercial à la mode, avec son sourire, ses jeans bleus, sa fine écharpe et son veston satiné. A un détail près: une petite broche dorée, discrètement accrochée sur le rebord de son blazer. Un petit bijou en forme de tête de lapin qui symbolise, pourtant, tout un empire: celui de la marque américaine Playboy.

Un empire que ce diplômé de la Haute Ecole de commerce (HEC) de Genève a bien envie de reconstruire ici, dans le canton de Vaud. Pour concrétiser cette ambition, il est devenu actionnaire du nouveau magazine de charme francophone Playboy (lire encadré gris), ainsi que du bimestriel du même genre Photo Magazine -les deux entités sont réunies sous le nom de la société vaudoise Diamond Editions. Et il s’est entouré de plusieurs personnes de la région pour développer ses activités. Parmi ces dernières figurent le Sainte-Crix Philippe Roger et l’Yverdonnoise Julie Janus (lire interview en page 5). «Rien n’est impossible tant que l’on réunit de bonnes compétences, commente l’économiste genevois qui a participé à la restructuration du réseau postal entre villes et campagnes. Je veux travailler avec des gens locaux, car je sais d’où je viens.»

Une philosophie de vie

Rien ne prédestinait Philippe Roger à se lancer dans l’aventure de Playboy. Cet technicien ambulancier sainte-crix et père de famille partageait, sans le savoir, la philosophie de Playboy. «J’ai rencontré David Musetti par le biais d’une amie, il y a environ deux ans, et on s’est trouvé une vision commune: l’envie de fédérer les gens de tous les rangs sociaux autour du même amour envers les femmes», raconte-t-il. Et c’est ainsi, que le Nord-Vaudois est devenu «l’homme de réseau» de David Musetti.

Philippe Roger (à dr.) a rejoint l’équipe de Playboy, codirigée par l’entrepreneur lausannois David Musetti (à g.), afin de véhiculer l’art de vivre de la marque américaine en Suisse et en France.

Philippe Roger (à dr.) a rejoint l’équipe de Playboy, codirigée par l’entrepreneur lausannois David Musetti (à g.), afin de véhiculer l’art de vivre de la marque américaine en Suisse et en France. ©Carole Alkabes

«Playboy, ce n’est pas qu’un magazine de femmes nues, c’est aussi un art de vivre, dont le but est de sublimer la femme et ses courbes par la mode, le design, la musique et la culture. C’est une philosophie qui prône la liberté d’expression, l’anticonformisme et l’hédonisme, confie le l’entrepreneur genevois, aussi père de famille. Et chez Playboy, on est tous égaux, peu importe la couleur de notre peau ou notre attirance sexuelle.»

Un aspect qui parle au Sainte-Crix: «Je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de personnes talentueuses qui n’étaient jamais mises en avant à cause de leur rang social ou de leur mauvaise situation, et je trouve cela vraiment dommage. Alors tant que je peux contribuer à effacer ces barrières, sans tomber dans le vulgaire, je le ferai.»

«Philippe m’apporte parfois des idées farfelues, auxquelles je ne prête pas attention toute de suite. Et après réflexion, je me dis que finalement, il a raison», ajoute David Musetti, qui compte beaucoup sur le Nord-Vaudois pour développer son business.

Pas peur du regard des autres? «Peu de gens me font peur. Et c’est notre rôle de convaincre le public que Playboy, c’est bien plus que le cliché que tout le monde s’imagine», conclut Philippe Roger.

Le nouveau Playboy avec une touche suisse

L’homme d’affaires de 44 ans s’est associé, fin 2016, au célèbre duo de jet-setteurs David Swaelens-Kane et sa compagne, Monika Bacardi, pour lancer la première édition suisse du magazine de charme Playboy. «La différence, c’est que, désormais, des contenus romands sont ajoutés à la version française, lancée en 2016, précise David Musetti. Par exemple, dans le prochain numéro, nous avons un shooting avec la mannequin lausannoise Natàlia Pereira, au Château d’Allaman.»

Cette nouvelle édition est devenue le bimestriel officiel pour tous les pays francophones, y compris le Québec. «Et bientôt en Angleterre et en Australie, renchérit celui qui possède également un bureau de trader à New York et un salon de coiffure à Lausanne. Playboy est vendu à près de 180 000 exemplaires, dont environ 30 000 en Suisse.» Les numéros, monnayés à 11,40 francs, mettent à nu des femmes, mais pas n’importe comment: «On a fait un lifting du magazine et misé sur des images artistiques, loin de la pornographie, précise David Musetti. On y a aussi intégré des anciens articles de Playboy, comme celui de Donald Trump, qui affirmait ne pas vouloir devenir président.»

Mais il y a aussi des publicités et quelques interviews signés de la plume de David Musetti. «Nous avons une trentaine d’employés en France et en Belgique, explique-t-il. En Suisse, nous travaillons, pour l’heure, que sur mandat.»

Le Château d’Allaman, la future Playboy Mansion?

Selon les dires de David Musetti, il ne manque plus que dix millions de francs environ à l’édition francophone de Playboy pour acquérir le Château d’Allaman. Il sera rebaptisé «le Château de la paix», si la transaction se concrétise. ©DR

Selon les dires de David Musetti, il ne manque plus que dix millions de francs environ à l’édition francophone de Playboy pour acquérir le Château d’Allaman. Il sera rebaptisé «le Château de la paix», si la transaction se concrétise. ©DR

Dire que David Musetti voit grand, ce n’est qu’un euphémisme. En effet, outre le lancement d’une édition suisse de Playboy, l’expert en finances a un autre projet encore bien plus fou: recréer le fameux manoir Playboy. «Un ami m’a emmené devant le Château d’Allaman et il m’a dit: ferme les yeux et pense à Hugh Hefner (ndlr: le fondateur du magazine Playboy), se rappelle-t-il. Et quand j’ai les ai ouverts, j’ai tout de suite su qu’il fallait qu’on reprenne cet endroit magnifique pour y recréer la Playboy Mansion.»

Le bâtiment historique, remis à neuf par son actuel propriétaire Markus Jerger, est en vente depuis plusieurs années pour un peu plus de 30 millions de francs. «Il faut qu’on se dépêche pour éviter que l’édifice ne soit mis aux enchères et que des investisseurs étrangers le rachètent, poursuit l’homme d’affaires. On a fait les 3/4 du travail, maintenant il faut que les promesses d’investissements se concrétisent.»

David Musetti prévoit d’y organiser des événements VIP. «Cela n’aura rien à voir avec une maison close. On veut que le Château devienne une plateforme qui réunit des gens issus du monde des affaires, du sport, de l’art et de la culture, pour évoquer des projets et les réaliser dans un temps record. On ne veut pas de blabla, que du concret, affirme-t-il. Ce sera un havre de paix au milieu de l’Europe, un lieu incontournable.»

«C’est pire d’être hôtesse au Salon de l’auto que bunny»

L’Yverdonnoise de 25 ans Julie Janus a rencontré David Musetti, il y a deux ans, lorsqu’elle était hôtesse pour un événement qu’il organisait. Dès que l’entrepreneur s’est lancé dans l’affaire de Playboy, elle l’a suivi, en devenant l’une des premières bunnies, comme on dit dans le jargon de la marque pour décrire les hôtesses. Aujourd’hui, elle est devenue l’assistante de direction et la cheffe des bunnies suisses. Rencontre.

En plus de sa casquette de secrétaire juridique, l’Yverdonnoise Julie Janus est devenue la coordinatrice et la cheffe des bunnies de Playboy.

En plus de sa casquette de secrétaire juridique, l’Yverdonnoise Julie Janus est devenue la coordinatrice et la cheffe des bunnies de Playboy. ©Michel Duperrex

Comment avez-vous réagi lorsqu’on vous a proposé de devenir une bunny pour Playboy?

Au début, je n’étais pas rassurée parce que je pensais que cela voulait dire Playmate (ndlr: les femmes qui posent nues dans le magazine). Et quand j’ai compris que cela voulait dire hôtesse dans des boîtes de nuit, j’ai eu peur des mains baladeuses des hommes.

Mais vous avez quand même accepté le travail?

Oui et j’ai vu qu’on était très bien surveillées. Et mon expérience me permet, aujourd’hui, de rassurer les candidates, qui ont des craintes.

Est-ce difficile de recruter des bunnies?  

Il y a souvent deux problèmes: soit les filles mesurent moins d’1,7 m, soit elles voient un problème avec leur petit copain. Et après, il y avait des filles qui convenaient, mais qui ne correspondaient pas aux exigences de David Musetti.

Et qu’en dit votre conjoint?

Je lui ai expliqué et il me fait confiance et me soutient.

N’avez-vous pas peur des jugements de vos proches?

Je ne vois pas où est le problème, on ne fait que distribuer des goodies (ndlr: objets à l’image de la marque) et animer des soirées en tout bien tout honneur. Ceux qui critiquent sont souvent ceux qui ne connaissent pas, car c’est pire d’être hôtesse au Salon de l’auto que d’être bunny pour Playboy.

Avez-vous posé des limites?

Pas vraiment, mais je ne voudrais pas faire de strip-tease ou être juste là pour être regardée, sans rien faire ni distribuer de goodies.

Christelle Maillard