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«On aurait dû être consultés en amont»

12 décembre 2018 | Edition N°2394

La population n’a pas caché son inquiétude face au projet de décharge des Echatelards, lundi soir. Et elle estime avoir été mal informée.

«Beaucoup de gens ici sont révoltés et se sentent piégés», a lancé une habitante de Fiez, lundi soir à Champagne lors d’une séance d’information publique concernant le projet de la décharge contrôlée des Echatelards à Grandson (lire encadré). Si les citoyens n’ont pas caché leur crispation, c’est qu’ils ont le sentiment d’avoir été mis devant le fait accompli. «Il me semble que c’est la population locale qui doit être informée en premier, vu que c’est un énorme projet, s’est agacé un Champagnoux. On aurait dû être consultés en amont. Là, on l’apprend au stade de la mise à l’enquête. C’est inadmissible.» Une première séance d’information sur le projet, en septembre dernier à Grandson, ainsi que diverses publications dans les médias (lire les éditions de la Région Nord vaudois des 15 novembre et 3 décembre) et dans la Feuille des avis officiels n’ont pas suffi, aux yeux des habitants de la région. A tel point qu’ils se sont déplacés de Fiez, mais aussi de Grandevent ou de Villars-Burquin pour assister à la séance organisée à l’intention des Champagnoux.

A Champagne, les inquiétudes se focalisent notamment sur les 75 poids lourds qui transiteront quotidiennement par le site. Les riverains du chemin de Palettaz, les plus proches de la future décharge, sont particulièrement sur les dents. «Si vous êtes sur votre terrasse et qu’un camion passe toutes les trois minutes, comment réagissez-vous?», a lancé l’un d’eux. Ingénieur chez Biol Conseils, la société de services en environnement qui a ficelé le dossier avec l’entreprise Cand-Landi, Nicolas Fawer a répondu que des mesures concernant les nuisances sonores et les vibrations avaient été réalisées chez un habitant. «L’autoroute générait un bruit qui couvrait celui des poids lourds, a expliqué le spécialiste. Maintenant, je ne dis pas que vous ne verrez ni n’entendrez les camions. Mais les valeurs légales ont été vérifiées.»

Autre point d’achoppement: les particules générées par l’exploitation de la décharge. «Les suivis sur d’autres sites montrent qu’à partir de 200 mètres, il n’y a plus de retombées de poussières, quels que soient les vents», a insisté Nicolas Fawer. Pour tenter de rassurer la population, l’entreprise Cand-Landi, qui exploitera le site, a d’ailleurs décidé de poser des capteurs dans les environs. Pas de quoi convaincre les habitants pour autant. Ceux-ci auraient d’ailleurs aimé connaître l’indice de satisfaction des voisins de décharges du même genre, ailleurs en Suisse. Mais on leur a répondu que de telles données n’existaient pas.

Malgré plus de quatre heures de discussion, les responsables du dossier n’ont pas réussi à calmer tous les esprits. «Vous m’avez convaincu de m’opposer de toutes mes forces à ce projet», a assuré un Champagnoux.

Caroline Gebhard