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«On lui avait dit qu’elle y laisserait la vie»

18 novembre 2018 | Edition N°2377

Un homme a tué sa compagne de 31 ans, dont le corps a été retrouvé à leur domicile, vendredi. Des voisins et d’anciens amis du couple évoquent le climat de violence dans lequel évoluaient le bourreau et sa victime. Cette jeune maman laisse trois enfants derrière elle, nés de deux précédentes unions.

«Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. On ne l’avait jamais vue comme ça.» Susanne* et Henri* ont bien connu Coralie*. Mais c’était avant. Avant que cette mère de trois enfants ne rencontre Michel*, son compagnon. Vendredi, cet homme de 28 ans s’est rendu à la police, annonçant qu’il avait tué Coralie à leur domicile. C’est là, dans un appartement niché au milieu d’un bloc d’immeubles d’Yverdon-les-Bains, que les enquêteurs ont retrouvé le corps sans vie de cette femme de 31 ans.

Depuis qu’elle avait noué une relation avec Michel, il y a environ deux ans, Coralie avait changé, selon Susanne et Henri. «Elle est tombée amoureuse du mauvais garçon. Elle croyait tout ce qu’il disait et il l’avait éloignée de tout le monde. Il lui avait totalement lavé le cerveau», assure le couple, qui s’était définitivement brouillé avec la victime et son bourreau, il y a plus d’un an. «Manipulateur et très narcissique», Michel aurait entraîné Coralie sur un terrain glissant.

Selon plusieurs voisins de leur appartement, ils se disputaient régulièrement. Certains racontent même avoir aperçu la jeune femme, le visage tuméfié. «Tout le monde lui disait de quitter ce gaillard, qu’elle allait y laisser la vie», déplore une résidente du bloc. Beaucoup évoquent également les problèmes de toxicomanie de Michel. Il aurait même frappé à plusieurs portes, dans le quartier, afin de quémander de l’argent, quitte à se montrer violent. «Quand il était allumé, il ne savait plus ce qu’il faisait», témoigne une femme.

Trois orphelins

Ces problèmes pécuniaires semblent avoir été au cœur des tensions rencontrées par le couple, qui ne travaillait pas. «Les embrouilles, entre eux, tournaient toujours autour de l’argent et il en devait à tout le monde», se souviennent Susanne et Henri, qui évoquent «des disputes très violentes». Selon eux, cette maman de trois petits garçons avait peu à peu perdu pied. Ses aînés, des jumeaux qu’elle avait eu avec son ex-mari, étaient la plupart du temps chez leur papa, le meurtrier ne souhaitant pas cohabiter avec eux. Le petit dernier, né d’un autre lit, résidait quant à lui avec le couple. Mais cette vie de famille semblait difficile. Une voisine raconte avoir découvert l’enfant, un jour, errant sur le palier, à moitié habillé. Susanne et Henri assurent, pour leur part, que Michel se montrait très dur envers la fratrie.

Pour l’heure, on ignore quand, exactement, et comment s’est joué le drame. Tout au plus une personne, dont la chambre à coucher jouxte l’appartement de la victime, aurait-elle entendu deux coups brefs contre le mur, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Depuis la découverte du corps de Coralie, le quartier est plongé dans la consternation. «J’ai beaucoup pleuré», raconte une voisine. Malgré les évidents problèmes rencontrés par le couple, Susanne et Henri n’auraient jamais imaginé pareille issue. «Quand on lui parlait encore, Michel nous disait tout le temps qu’il allait la quitter et qu’il en avait marre.» Quant à Coralie, «on pensait qu’elle allait quand même s’en sortir, souffle Susanne. Elle n’avait que 31 ans… Elle aurait dû le virer depuis longtemps mais elle était trop sous son emprise…»

*prénoms d’emprunt

Caroline Gebhard